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La reconnaissance faciale utilisée dès ce printemps dans des aéroports canadiens

03/03/2017 06:40 EST | Actualisé 03/03/2017 06:41 EST
Anadolu Agency via Getty Images
TORONTO, CANADA - AUGUST 8, 2016 : Passengers in line await updates from Delta airline employees at Pearson International airport, in Toronto, Canada on August 8, 2016. Passengers were left stranded, some for several hours, after a computer issue left the American air carrier's flights grounded across the globe. (Photo by Giordano Ciampini/Anadolu Agency/Getty Images)

Le système de reconnaissance faciale sera mis en place dans les principaux aéroports canadiens à partir de ce printemps. Il fait partie du programme de contrôle des voyageurs élaboré par l'Agence des services frontaliers du Canada, selon ce qu'a appris CBC.

Cette technologie sera utilisée dans de nouvelles bornes libre-service.

Dans un communiqué, l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) précise que « ces bornes amélioreront la sécurité aux frontières et contribueront à réduire les temps d'attente dans les aéroports les plus fréquentés du Canada ».

À terme, elles finiront par remplacer les bornes actuellement disponibles, qui offrent une technologie plus limitée.

Dans un premier temps, les nouvelles bornes seront installées à l'aéroport international d'Ottawa ce printemps, selon des sources de CBC. L'ASFC affirme que le déploiement se poursuivra en 2018 dans d'autres aéroports.

Le programme du contrôle frontalier automatisé est dans les cartons depuis au moins 2015, et prévoit offrir « un traitement automatisé des risques des voyageurs », peut-on lire dans un appel d'offres de l'ASFC.

Le système de reconnaissance faciale semble être similaire à celui mis en place dans un projet du département de la Sécurité intérieure des États-Unis. Il sert à comparer le visage d'un voyageur à l'image enregistrée sur son passeport électronique.

Dans ce cas, les images ne sont pas conservées à moins qu'elles ne correspondent pas.

Au Canada, cependant, on sait peu de choses sur la façon dont les nouvelles bornes vont fonctionner.

L'ASFC a refusé de répondre à des questions précises sur le programme du contrôle frontalier automatisé, déclarant que « d'autres détails seront dévoilés avant le lancement officiel ».

Une annonce devrait être faite « dans les prochaines semaines ».

Déploiement des bornes

Les aéroports internationaux de Toronto, de Québec et d'Ottawa se préparent à installer les nouvelles bornes. Des documents publics indiquent qu'ils ont lancé des appels d'offres.

Pour sa part, l'aéroport international de Vancouver développera ses propres bornes automatisées.

Une entreprise portugaise, Vision-Box, installera 130 bornes à l'aéroport international Pearson de Toronto.

Dans une entrevue accordée à CBC, Vision-Box donne un aperçu de la façon dont le nouveau programme va fonctionner.

« En ce qui concerne l'ASFC, il s'agit essentiellement de la biométrie », a déclaré Jean-François Lennon, vice-président des ventes et du développement des affaires à Vision-Box.

L'entreprise travaille depuis près de deux ans avec l'ASFC en recherche et développement et prévoit installer ses bornes à l'aéroport Pearson en mai.

Selon M. Lennon, la mise en place du programme se décline en deux phases : la reconnaissance faciale et l'enregistrement des empreintes digitales.

Les bornes permettront la reconnaissance de l'iris pour ceux qui voyagent dans le cadre du programme NEXUS.

Même si l'ASFC n'a pas voulu parler des technologies de biométrie utilisées, une source familière avec le dossier des bornes automatisées a confirmé que la reconnaissance faciale fera partie de la première phase.

La personne ne pouvait cependant pas confirmer si l'enregistrement des empreintes digitales fera partie de la deuxième phase.

Les représentants des aéroports de Toronto, de Québec, d'Ottawa et de Vancouver ont transmis toutes les questions sur le programme du contrôle frontalier automatisé à l'ASFC.

De son côté, la porte-parole de l'Administration aéroportuaire de Vancouver, Tess Messmer, a simplement affirmé que la technologie Borderxpress, qui est déjà utilisée dans certains aéroports du pays, répond aux exigences canadiennes.

L'impact sur la vie privée

Les spécialistes de la protection de la vie privée suivront attentivement la mise en place de ce programme pour s'assurer que la reconnaissance faciale sera utilisée comme prévu.

Un avocat de la Clinique d'intérêt public et de politique d'Internet du Canada, Tamir Israël, craint que cette technologie, une fois mise en place, puisse être utilisée dans d'autres contextes.

«Historiquement, lorsque nous avons la capacité technique, nous ne sommes pas très bons pour en limiter notre utilisation.» - Tamir Israël

M. Israël affirme par exemple qu'en 2011, la Société d'assurance automobile de la Colombie-Britannique (ICBC) a offert à la police de Vancouver de lui donner accès à sa base de données de photos de permis de conduire, de façon à utiliser le logiciel de reconnaissance faciale pour identifier les personnes qui ont participé à l'émeute de la Coupe Stanley.

Bien que la police de Vancouver n'ait pas accepté l'offre de l'ICBC, le commissaire à l'information et à la protection de la vie privée de la Colombie-Britannique a statué que ces renseignements ne pouvaient être fournis librement par un organisme public sans ordonnance d'un tribunal.

Remplacer des agents

Plusieurs personnes s'attendent également à ce que les bornes diminuent le nombre d'entrevues avec les agents frontaliers lors d'un contrôle, puisque ce travail pourrait être confié aux nouvelles machines.

Pour sa part, le président du Syndicat des douanes et de l'immigration, Jean-Pierre Fortin, craint que les nouvelles machines ne soient aussi efficaces pour contrôler les voyageurs que les agents. Le syndicat représente 10 000 agents de première ligne.

Lors d'une rencontre avec la présidente de l'ASFC, Linda Lizotte-MacPherson, en août dernier, M. Fortin a « soulevé les préoccupations de sécurité de nos membres à l'égard de la mise en œuvre de nouvelles technologies », qui comprend les nouvelles bornes.

Selon M. Fortin, « il y a un tas de choses pour lesquelles nous [les agents] sommes formés, qu'une machine ne peut pas faire ».

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