DIVERTISSEMENT

«Twin Solitude»: le savoureux album de Leif Vollebekk

01/03/2017 10:34 EST | Actualisé 02/03/2017 05:38 EST

Il est superbe le nouvel album de Leif Vollebekk, intitulé Twin Solitude. À la fois contemplatif et terre-à-terre, c’est un petit bijou brillamment fabriqué de piano, de batterie, de violons. La voix folk-ish onirique du trentenaire enveloppe le tout. Rencontre avec l’auteur-compositeur-interprète dans l’antre de son label montréalais, Secret City Records.   

Est-ce une musique d’aube ou d’aurore (voir l’image de la pochette) qui anime la dizaine de morceaux sur Twin Solitude ? Qu’est-ce qui fait que l’on respire si bien entre les lignes de piano et de guitares ? Comment décrire cette sensibilité qui nous fait voyager autrement en Amérique, d’une scène à l’autre, d’une rencontre à l’autre ?

Leif Vollebekk est né en Norvège, mais a grandi à Ottawa. Il habite Montréal depuis des années. Au cours de sa relative jeune carrière, il a offert trois longs jeux : Inland (2010), North Americana (2013) et le tout nouveau Twin Solitude (24 février 2017).  Quand nous l’avions rencontré, il y a plus de trois ans, il avait dit aimer beaucoup Sigur Rós, Neil Young, les Beach Boys, Leonard Cohen ou encore Bob Dylan. Il semble que depuis les débuts, sa musique en est d’ailleurs inspirée. Sur le précédent album North Americana, le folk prenait pas mal de place. Il y avait même des traces de country. En fait, les influences étaient si fortes sur ce disque qu’elles égrainaient en quelque sorte l’authenticité de son auteur. Avec Twin Solitude, les influences à la Ryan Adams et à la Bob Dylan sautent bien moins aux yeux. Et c’est tant mieux.

Aux dires du principal intéressé, il s’est passé beaucoup depuis la parution du précédent disque, il y a quatre ans : certes, il a partagé ses anciens morceaux sur la route, mais il aussi profondément réfléchi à son travail. À la fin de la tournée entourant North Americana, il n’arrivait plus à incarner pleinement ses chansons, selon lui. Comme si elles n’étaient plus tout à fait écrites pour la personne qu’il était devenue. Pourtant, sa musique avait été généralement bien accueillie. L’artiste se cherchait un son ou une identité, comme on dit.   

leif vollebekk

Seattle

C’est lors d’un séjour sur la côte ouest américaine, qu’est véritablement né Twin Solitude.  «Tout a commencé avec une visite à Seattle, raconte Vollebekk. Elle a inspiré la chanson Vancouver Time, quelques mois plus tard. Cette pièce est sortie d’un trait, en un après-midi. Jusqu’à ce moment, j’avais des parties de chansons folk, mais rien de fini. Je travaillais vraiment fort. Sans trop savoir comment, le reste du disque est venu de manière très spontanée. […] J’ai peut-être laissé tomber des barrières… Quand j’écrivais des morceaux, avant, j’avais du mal à les finir. Parfois, je n’arrivais même pas à les comprendre. Cette fois-ci, je suis peut-être allé au bout…»

Leif Vollebekk a enregistré son album au studio Breakglass, à Montréal. Il connaît bien l’endroit pour y avoir notamment fait son premier long jeu. «J’ai travaillé avec l’ingénieur Dave (David Smith), qui a semblé bien comprendre les sonorités que je recherchais. Quand j’ai sorti mon EP de covers (intitulé Borrowed Time, ce mini-album sorti en 2013 renferme des versions réinventées de pièces de Neil Young, Sigur Rós ou encore The Killers) j’ai réalisé ce que j’aimais au niveau du piano et de la batterie. J’ai compris en même temps que je recherchais des arrangements assez épurés. Sans trop pouvoir expliquer, quelque chose avait changé…»

Comment ? Twin Solitude est moins années 1960. Moins roots américain également. C’est assez feutré et plus près de notre décennie en ce qui concerne le genre de folk (All Night Sedans, . Bref, c’est davantage de la musique qui appartient à Vollebekk et moins à ses modèles. Il y aussi quelques propositions, comme Into The Ether, qui mélangent les genres.

Outre Vollebekk, on entend sur l’album quelques musiciens connus tels le batteur Olivier Fairfield (Timber Timbre) et la harpiste Sarah Pagé (The Barr Brothers). Mentionnons que le duo de cordes appelé Chargaux - formé de musiciennes qui habitent Brooklyn - a participé à Twin Solitude. Ces filles ont notamment collaboré à l’album Good Kid, M.A.A.D City de Kendrick Lamar, sorti en 2012.

Sur scène, le chanteur partagera notamment ses nouvelles pièces au cours d’un spectacle-lancement offert au cabaret La Tulipe, dans le cadre de Montréal en lumière, le 2 mars. Le jeune Ludovic Alarie (il est bon) assurera la première partie. Vollebekk offrira aussi un concert au Cercle de Québec, le 13 avril.

Ensuite, il s’envolera pour l’Europe afin de participer à une trentaine de spectacles qui seront livrés dans diverses villes. En avril, il reviendra au Québec pour quelques dates avant de visiter plusieurs villes en Amérique du Nord.

 

De la belle solitude.

Twin Solitude

Leif Vollebekk
Secret City Records
Disponible maintenant