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Le patron de la SQ plaide pour l'élargissement du mandat du BEI

01/03/2017 02:00 EST | Actualisé 01/03/2017 02:00 EST
Radio-Canada.ca

Le directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), Martin Prud'homme, souhaite que le mandat du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) - qui intervient lorsqu'un corps policier est impliqué dans la mort d'un citoyen - soit élargi afin d'inclure certaines affaires relevant des enquêtes internes des services de police.

Le patron de la SQ estime qu'un transfert de responsabilité d'enquêtes internes du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), comme celui décidé mardi dans la foulée d'allégations d'ex-hauts gradés, devrait éventuellement incomber au BEI. « Pour aujourd’hui, je pense qu’il n’y avait pas d’autres solutions, mais pour l’avenir, il y en a d’autres solutions », a-t-il déclaré en entrevue à la radio de Radio-Canada.

« Je crois qu’un jour le BEI devrait avoir le nombre suffisant pour le faire, a-t-il poursuivi. Ils ont d’excellents employés, mais probablement pas en nombre suffisant. »

Dans l'actuel dossier des enquêtes internes du SPVM, M. Prud’homme croit que le groupe mixte d’enquêteurs mis sur pied par Québec saura faire preuve d’impartialité. M. Prud’homme et l’ancien enquêteur de la SQ François Doré estiment que la présence du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), du commissaire à la déontologie policière ainsi que de la directrice du BEI, l’avocate Madeleine Giauque, assureront l’impartialité de l’enquête.

Les deux hommes soulignent l’importance de la présence de Mme Giauque, qu’ils ont tous deux en haute estime. « C’est un peu comme si on avait confié au BEI la direction de ce qu'il y a à faire », a commenté M. Doré en entrevue à ICI RDI. « On connaît la réputation de Me Giauque – qui a dirigé des groupes d’enquêtes, qui sait comment ça fonctionne, qui sait quoi faire – ça ramène beaucoup d’impartialité. »

« Madeleine Giauque a une grande expérience du crime organisé, ajoute M. Prud’homme. C’est une personne qui a une grande intégrité, reconnue dans le milieu policier. »

L'importance de l'expertise de la SQ

Tout en souhaitant de nouveaux moyens pour le BEI dans l'avenir, Martin Prud’homme croit qu'à l'heure actuelle, son corps policier est le seul qui pouvait prendre cette responsabilité.

« Je demeure convaincu qu’on doit mener l’enquête. On parle de crime organisé, de délateurs, d’informateurs, de trafic de drogue. Ce n’est pas tout le monde qui peut faire ça, explique M. Prud’homme. Ça demande de l’expertise policière. »

Alors que François Doré n’hésite pas à qualifier la situation du SPVM de mise sous tutelle, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, refuse d’aller aussi loin. Il convient toutefois que la situation est grave et qu’elle commande des « des mesures sérieuses ».

« Ce que l’on fait présentement est sans précédent, d’inclure un grand nombre de corps policiers et la directrice du BEI dans l’organisation qui va vérifier la situation », a-t-il dit en marge d’une activité publique.

M. Couillard a dit faire confiance à son ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, pour gérer la situation, mais ce dernier n'a pas, de son côté, réitéré sa confiance envers le directeur du SPVM.

Mardi, Philippe Pichet a demandé le transfert de tous ses dossiers d'enquêtes internes et spéciales du SPVM au groupe mixte d'enquêteurs. Au total, 22 enquêtes internes en cours sont remises à l'équipe spéciale formée de policiers de la Sûreté du Québec (SQ), de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ainsi que de policiers municipaux de Gatineau, Longueuil et Québec. Les dossiers déjà devant les tribunaux sont exclus du transfert annoncé par le SPVM.

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