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Pier-Luc Funk: plusieurs couleurs sur sa palette

27/02/2017 07:52 EST | Actualisé 27/02/2017 07:55 EST

L’expression «avoir plusieurs couleurs sur sa palette» revient souvent dans les propos de Pier-Luc Funk. À 22 ans, le comédien se bâtit un parcours qui fait probablement l’envie de plusieurs de ses collègues, non seulement car il travaille beaucoup, mais aussi parce que les rôles qu’on lui confie sont diversifiés, pour ne pas dire carrément aux antipodes les uns des autres. Un fantasme que caressent beaucoup d’acteurs.

pier luc funk

Il joue l’amoureux dans Le chalet, l’ami un peu niais dans MED, le désaxé dans Mémoires vives. Il a été le souffre-douleur d’Antoine Bertrand et le clown capable de toutes les pitreries dans SNL Québec et Le nouveau show, il saisit la balle et les répliques au bond lors des matchs de la Ligue nationale d’improvisation (LNI), il a animé l’événement Juste pour ados de Juste pour rire l’été dernier et fait partie, dans la même période, de la pièce de « théâtre spontané» Zitto où, avec d’autres partenaires, il devait se contenter de mimer et bruiter des scènes loufoques.

Au grand écran, on l’a vu dans Embrasse-moi comme tu m’aimes, Les démons, Le journal d’Aurélie Laflamme, 1987 et Un été sans point ni coup sûr, où il a fait ses débuts sous la direction de Francis Leclerc, à l’âge tendre de 12 ans.

Sa nouvelle notoriété lui permet même, aujourd’hui, d’être porte-parole des Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ), qui battent leur plein dans la métropole jusqu’à samedi. Dans la publicité officielle du festival, Funk allie sérieux et ironie en proposant «du bon stock» au public, à la façon d’un revendeur de drogues dures. Mais ses suggestions à lui concernent plutôt le drame, l’humour, le suspense et l’aventure des courts et longs-métrages à découvrir aux RVCQ.

«J’ai grandi avec Tactik, explique Pier-Luc Funk, évoquant l’ancienne quotidienne jeunesse de Télé-Québec, où il interprétait un jeune féru de soccer. J’ai longtemps eu peur qu’on m’étiquette, qu’on ne me voie que dans le rôle de Samuel, qu’on ne m’imagine pas faire autre chose que des émissions jeunesse. Puis, j’ai eu la chance de faire SNL Québec et de montrer que je pouvais être drôle. Mais c’est devenu un autre danger : qu’on pense que je ne voulais jouer que du comique, que je ne souhaitais plus avoir de rôles dramatiques. C’est bizarre, comment les gens réagissent, en se disant souvent qu’un comédien ne veut pas faire tel ou tel type de personnage, alors que lui ne demande rien et ne prend que ce qu’il a devant lui.»

«Moi, mon but, c’est de tout faire, ajoute le jeune homme. Avoir toutes les couleurs sur ma palette de peinture. Je veux toucher à tout. Faire des folies à VRAK ou kidnapper un enfant dans Mémoires vives! Quand je crée un personnage, je ne veux même pas que le prochain rôle à jouer s’en approche ;  je veux aller complètement ailleurs, m’en éloigner. Étonner les gens avec une autre facette de ma personnalité. Je vais continuer, travailler fort et ne jamais arrêter!»

Pas une «vedette»

«Enfant de la télé», Pier-Luc Funk a traversé l’adolescence sur les plateaux de tournage, d’abord celui d’Un été sans point ni coup sûr, puis celui de Tactik. Il prévoyait tenter l’expérience d’une école de théâtre lorsque, au bout de quatre ans, Tactik a cédé l’antenne à Subito texto, à la fin 2013. Mais l’audition pour SNL Québec a modifié ses plans.

«Je ne voulais pas passer à côté de ça, souligne Funk. Je me suis dit que le destin déciderait, que si je n’étais pas choisi pour SNL, j’irais à l’école. Mais la vie a décidé que j’avais SNL, et ça n’a jamais arrêté depuis. Maintenant, je n’ai pas le goût d’arrêter de faire ce que j’aime dans la vie, pour aller étudier dans une école… pour réapprendre à faire ce que j’aime dans la vie. Mais je suis vraiment ouvert, je veux apprendre. Je veux tout essayer, goûter à tout.»

L’école de l’humour, y a-t-il songé? Après tout, le garçon a donné autant dans la comédie que dans le drame, avec succès chaque fois.

«L’école de théâtre m’intéresse plus que l’école de l’humour, car j’ai beaucoup d’amis qui y sont allés. En humour, on travaille uniquement sur soi, on nous précise et nous polit en tant que diamant, alors que, dans une école de théâtre, on nous incite à repousser nos limites.»

Inspiré par des Claude Legault et des Benoît Brière, des James Franco et des Jared Leto qui, comme lui, s’éclatent dans tous les styles, Pier-Luc Funk est, désormais, lui-même un modèle pour quantité de gamins qui rêvent de suivre ses traces. Une réalité qu’il prend au sérieux, même s’il n’accorde pas beaucoup d’importance au prestige que lui amène son statut de personnalité publique.

«Les jeunes ne doivent pas oublier qu’après KARV l’anti-gala ou Juste pour ados, on rentre dans notre salon et on écoute Netflix, illustre-t-il, sourire en coin aux lèvres. Je n’aime pas le mot «vedette». Quand les jeunes me disent qu’ils veulent être des vedettes, je leur demande ce qu’ils veulent faire exactement. Être une vedette, ce n’est pas un métier! Fais ce que tu aimes dans la vie, et si tu es populaire, tant mieux. Si tu ne l’es pas, tant pis…»

Pour plus d’informations sur les Rendez-vous du cinéma québécois, qui se tiennent jusqu’au 4 mars, on consulte le site web officiel (www.rvcq.com).