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Appel à lever les obstacles à la lutte contre l'itinérance

27/02/2017 01:50 EST | Actualisé 27/02/2017 01:50 EST
Radio-Canada.ca

Trois ans après l'adoption d'un plan de lutte contre l'itinérance, le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) réclame des investissements supplémentaires pour mettre en place des mécanismes qui favorisent l'insertion sociale et la lutte contre la pauvreté.

En entrevue à Radio-Canada, le coordonnateur du RAPSIM, Pierre Gaudreault, a admis que la mise en place d'un plan de lutte contre l’itinérance a permis « une meilleure mobilisation des différents ministères à la grandeur du Québec pour développer des services ».

Il s’inquiète toutefois de l’adoption par le gouvernement Couillard du projet de loi 70 qui prévoit d’importantes pénalités financières aux premiers demandeurs d’aide sociale jugés aptes au travail.

En vertu de cette nouvelle réglementation, le chèque mensuel de base de ces prestataires passera de 623 $ à 399 $.

« Il doit y avoir des programmes d’insertion sociale qui favorisent l’implication, le bénévolat et dans certains cas, le retour au travail parce qu’il y en a qui sont capables. L’approche punitive du gouvernement, on l’a décriée comme les partis de l’opposition, comme bien des acteurs. » - Pierre Gaudreault, coordonnateur du RAPSIM

« Un montant aussi dérisoire augmente les voies d’entrée en itinérance et réduit les voies de sortie », soutient pour sa part Micheline Cyr, directrice de l’Auberge Madeleine qui vient en aide aux femmes en situation d'itinérance. Elle soutient que l’accès à un revenu minimal est indispensable pour favoriser la stabilité en logement.

À quelques semaines du dépôt du prochain budget, le RAPSIM interpelle le gouvernement pour qu’il revienne sur sa décision. « Il n’y a pas de mal à reconnaître qu’on a eu tort », souligne Pierre Gaudreault.

Plus de logements sociaux

Pour le RAPSIM, la lutte à la pauvreté passe aussi par des mesures structurelles, comme l’investissement dans le logement social et une fiscalité qui permet une meilleure redistribution des richesses.

Après l’adoption d’une politique d’itinérance, le nombre d’unités de logements sociaux est passé de 3000 à 1500 unités en développement par année dans la province de 2014 à 2015 pour toutes les populations (personnes âgées, familles, etc.)

« Il faut réinvestir davantage dans l’économie, le bien commun, la santé des gens et dans le développement du logement pour prévenir et réduire l’itinérance », affirme Pierre Gaudreault.

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