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Trois-Rivières: les fissures se multiplient sur le pont Laviolette

27/02/2017 02:00 EST | Actualisé 27/02/2017 02:01 EST
Ministère des transports

Les fissures se multiplient à un rythme préoccupant sur le pont Laviolette qui relie Trois-Rivières à Bécancour. En quatre ans, les fissures ont plus que triplé. Non seulement les entretoises, des éléments de la charpente métallique situés sous le tablier, sont de plus en plus fissurées, mais il y a aussi une progression significative de la longueur des brèches.

Un texte de Maude Montembeault

En juin 2016, un comité formé de 14 cadres et ingénieurs chevronnés concluait que des travaux de réparation des entretoises devaient commencer dès 2017.

Les spécialistes ont recommandé que des essais de chargement soient d'abord réalisés en 2016 afin que les réparations aient lieu en 2017.

Fissures sur le Pont Laviolette

2012: 42

2016: 150

Source: ministère des Transports du Québec (MTQ)


Toujours en juin, la direction des ressources humaines du ministère indiquait au président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) qu’il y avait « un enjeu de sécurité de la population majeur en ce qui a trait au pont Laviolette; les travaux minimaux à réaliser immédiatement concernent, tel que discuté, quatre nuits de travaux pour quatre ingénieurs. Rien de plus. Ceci pour permettre les travaux de réfection essentiels à réaliser l’an prochain ».

Malgré les inquiétudes soulevées, les tests de charge préalables aux travaux de réparation ne sont pas encore complétés.

Le porte-parole du ministère des Transports (MTQ) indique qu’une première série de tests a été réalisée.

Une autre le sera au mois de mai et il est possible que seuls deux des quatre essais soient nécessaires. Ces tests visent à trouver la solution pour stopper la fissuration.

Une fois les données colligées, le ministère pourra élaborer les plans et devis, publier l'appel d'offres, sélectionner un entrepreneur et conclure le contrat de réparation.

Le porte-parole du ministère, Jean Lamarche, indique que le meilleur scénario prévoit que les travaux commencent en 2018.

Des services essentiels

Le gouvernement a eu recours au Tribunal administratif du travail en juillet 2016 pour qu'il établisse les travaux comme étant un service essentiel. Il semble qu'il y avait urgence d'agir, mais des moyens de pression des ingénieurs du ministère empêchaient d'entreprendre les travaux.

Depuis le printemps 2016, les ingénieurs du ministère des Transports sont sans contrat de travail. Ils ont notamment fait une grève des heures supplémentaires. Ils ont refusé de travailler les soirs et les fins de semaine. Or, les essais de chargement devaient avoir lieu le soir pour éviter de perturber la circulation.

Le Ministère des Transports du Québec a eu gain de cause dans cette affaire en août.

«On devrait demander à M. Lessard, est-ce que la population est en sécurité?»
— Marc-André Martin, président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec

Il ajoute qu'un seul essai sur quatre a été fait, ce qu’il trouve très inquiétant.

Dans le jugement de l'été dernier, le gouvernement admettait que la santé et la sécurité de la population n'étaient pas en cause pour l'instant, mais qu'elles le seraient si rien n'était fait immédiatement.

On peut aussi lire dans le document qu’une éventuelle fermeture du pont pour réaliser des réparations provoquerait des problèmes majeurs dans la région. On y ajoute que les conséquences pour le milieu économique seraient considérables.

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