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L'aide sera cruciale malgré la fin des combats en Irak, se fait dire le Canada

27/02/2017 08:53 EST | Actualisé 27/02/2017 08:53 EST
Zohra Bensemra / Reuters
A displaced Iraqi man who fled his home carries a relative as he walks through the desert while Iraqi forces battle with Islamic State militants, in western Mosul, Iraq February 27, 2017. REUTERS/Zohra Bensemra

Les cris d'un bébé se font entendre, alors que des dizaines de personnes attendent pour voir un médecin ou une infirmière dans une clinique figurant certainement parmi les plus achalandées du Moyen-Orient, au coeur d'un camp de réfugiés abritant 18 000 hommes, femmes et enfants déplacés.

L'avenir de la clinique est aussi incertain que celui de sa clientèle.

L'établissement est l'un des multiples projets auxquels contribue le Canada en Irak dans le cadre de ses efforts pour aider les civils touchés par la guerre contre Daech (le groupe armé État islamique) - une aide absolument nécessaire, selon les intervenants de première ligne.

"Il est très important pour les gens ici d'avoir cette clinique et les services sur place. Et il est vraiment bien que le gouvernement canadien (...) aide la clinique, car il s'agit d'une aide considérable pour les gens (déplacés)", a confié par l'entremise d'un interprète Azad Murad, une infirmière de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies.

Mais bien que les efforts du Canada soient les bienvenus, l'ONU et d'autres organisations d'aide affirment que la communauté internationale doit en faire davantage - dès maintenant et pour l'avenir.

"L'une des choses qui inquiètent la communauté humanitaire est qu'une fois (Daech) parti d'ici dans les quelques prochains mois, le monde tournera le dos", a soutenu la coordonnatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak, Lisa Grande.

"Ils vont regarder la Syrie, le Yémen et d'autres endroits en crise. Mais nous savons que la crise humanitaire en Irak ne sera pas terminée lorsque les combats auront cessé", a-t-elle fait valoir.

Une aide canadienne de 840 M $

Le gouvernement canadien a promis l'an dernier de fournir 840 millions $ sur trois ans en aide humanitaire pour l'Irak, la Syrie, la Jordanie et le Liban, dans le cadre de son intervention remaniée contre Daech.

Lundi, la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, a révélé les plus récents détails, annonçant que 52 millions $ seraient envoyés à diverses organisations non gouvernementales (ONG) travaillant avec les réfugiés en Irak.

Les fonds seront voués à trois secteurs clés: les soins de santé, l'eau propre à la consommation et les installations sanitaires, ainsi que l'aide psychologique aux gens touchés par le conflit, particulièrement les femmes et les enfants.

Une autre somme de 187,5 millions $ sera destinée à des projets similaires en Syrie, en Jordanie et au Liban.

Prenant la parole depuis Erbil, en Irak, après avoir parcouru le camp de réfugiés Ashti, Mme Bibeau a dit avoir été à même de constater à quel point les Irakiens peinent à gérer les traumatismes liés à la guerre.

C'est pourquoi le Canada met l'accent sur l'aide psychologique, a-t-elle indiqué.

La ministre a souligné que le Canada avait pris un engagement particulier en promettant de l'argent sur une période de trois ans, une stratégie visant à accorder la confiance nécessaire à ses partenaires des Nations unies et des ONG pour mener leurs programmes à plus long terme.

Tout de même, Mme Bibeau n'a pas voulu s'engager à faire de l'Irak un "pays ciblé" pour l'aide canadienne - terme utilisé par Affaires mondiales Canada -, disant que le gouvernement révisait son programme d'aide.

"La révision consiste entre autres à reconsidérer où le Canada apporte son aide. L'idée des pays ciblés et des pays partenaires est sur la table actuellement", a-t-elle affirmé.

"Assurément, le Moyen-Orient est un secteur fragile et une région fragile, et cela figure dans mon mandat, de recentrer l'aide internationale pour les plus vulnérables et les États fragiles", a poursuivi la ministre.

Mme Grande n'a pas fait mention du Canada spécifiquement, mais a affirmé que la communauté internationale avait une "responsabilité" de continuer à aider l'Irak alors que le pays tente de se reconstruire après des années de guerre.

"L'horizon pour se sortir d'une guerre civile est une génération. Si nous sommes chanceux, cela signifie dix ans. S'il y a un miracle, c'est cinq ans. En moyenne, il est plus prudent de prévoir une période de 20 ans. (...) La responsabilité de la communauté internationale est entre autres d'en prendre conscience et de marcher aux côtés (des Irakiens) - peu importe la durée", a affirmé la coordonnatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak.

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