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Un acte de vandalisme aurait causé le déraillement dans l'est de Montréal en 2015

23/02/2017 07:10 EST | Actualisé 23/02/2017 07:19 EST
Radio-Canada

Le déraillement dans le quartier montréalais d'Hochelaga-Maisonneuve est fort probablement le fruit d'un acte de vandalisme, révèle le rapport d'enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), publié mercredi. Les cas d'intrusion sont fréquents à la gare de triage Hochelaga et auraient dû mener à des inspections, selon l'enquêteur.

Le 29 octobre 2015, un convoi de 26 wagons vides est parti à la dérive sur une voie d’entreposage alors qu’il y avait été immobilisé à l’embranchement Outremont cinq mois plus tôt, en mai. Cinq wagons ont déraillé, et l'un d'eux a heurté une maison.

Le domicile ainsi que six autres résidences aux alentours ont été évacués, mais il n’y a eu aucun blessé.

Le reportage de 2015:

Des freins à main désengagés

La rame a parcouru 154 mètres le long de la voie avant de s’arrêter.

Le BST indique que selon les règles de sécurité ferroviaire, six à neuf freins à main sont nécessaires pour immobiliser un convoi. Or, seulement cinq freins à main avaient été appliqués et ne suffisaient pas à contrecarrer la gravité.

L’enquêteur désigné Guy Laporte a ainsi conclu qu’une « intervention humaine aurait été nécessaire pour réduire l’effort de freinage et mettre la rame de wagons en mouvement ». D’ailleurs, les freins à main étaient faciles à désengager.

«Les freins à main sont des dispositifs vulnérables à l’altération par des personnes non autorisées.» - Rapport du BST

« Si des mesures pour prévenir l’altération des freins à main des wagons entreposés dans des zones fréquentées par des intrus ne sont pas prises, cela augmente le risque que du matériel roulant parte à la dérive », lit-on dans le rapport.

Le déraillement survenu en octobre 2015 aurait été le fruit de vandalisme, conclut le BST. Photo : BST

Les intrusions étaient chose courante

Le BST rapporte que les problèmes d’intrusion à la gare de triage Hochelaga étaient bien connus et que la clôture manquante ou mal entretenue par endroits rendait le site accessible aux intrus.

Le Canadien Pacifique (CP) aurait donc dû procéder à des inspections particulières des wagons pour s'assurer qu’ils étaient bien immobilisés, mais ne l’a pas fait, indique le rapport.

«Si aucune disposition n’est prise pour vérifier que le matériel roulant laissé sans surveillance est toujours immobilisé convenablement, cela augmente le risque que le matériel roulant parte à la dérive.» - Rapport du BST

Le BST ajoute que le vandalisme était un risque connu dans les environs, mais que le CP ne l’a pas pris en compte dans ses évaluations de risque à la gare de triage.

Le rapport souligne également que le dérailleur à charnière a été arraché, ce qui a permis au convoi de poursuivre sa dérive. La distance entre ce mécanisme et l’emplacement des wagons était d’ailleurs trop grande, selon l’enquêteur, ce qui a permis au convoi d'accélérer. De cette façon, le premier wagon a pu dérailler et les autres ont pu suivre.

Tolérance zéro

Depuis mars 2016, le CP n'a plus le droit de placer des wagons sur cette portion de voie jusqu’à ce qu’une évaluation des risques ait été effectuée.

Le BST affirme que la compagnie de chemin de fer a pris de nombreuses mesures pour répondre aux inquiétudes soulevées durant l’enquête. Le CP a augmenté la surveillance et la sécurité du site et a adopté une politique de tolérance zéro pour les intrusions.

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