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Accès à un médecin: Montréal toujours en queue de peloton (VIDÉO)

23/02/2017 09:02 EST | Actualisé 24/02/2017 07:46 EST

De toute la province du Québec, c'est à Montréal que l'accès à un médecin de famille reste le plus difficile, et ce, malgré de récents progrès. Ce problème serait dû en partie au fait que certains médecins boudent les quartiers moins favorisés de la métropole.

Un texte de Davide Gentile

Le cas de Jonathan Ray est typique de la situation vécue par des milliers de résidents de l'île de Montréal. Dans la course à l'obtention d'un omnipraticien, cet étudiant est considéré comme « prioritaire » parce qu'il prend des médicaments. Mais au guichet d'accès aux médecins de famille, on lui indique qu'il devra attendre encore un an et demi.

« On m'a dit que j'étais chanceux. Pour ceux qui ne sont pas dans la catégorie prioritaire, le délai est de trois ans dans l'est de Montréal », dit-il.

Malgré des progrès, l'est de l'île de Montréal reste la région qui a le plus faible taux d'inscription au Québec.

Les chiffres au 31 décembre indiquent que 59 % des résidents ont un médecin de famille, tout comme dans le CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal. Dans le Centre-Ouest, c'est 60 %, et dans Centre-Sud, 62 %. L'ouest de l'île de Montréal fait à peine mieux avec 66 %.

« Montréal s'améliore de façon significative », souligne le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. En effet, l'effort de prise en charge des omnipraticiens de l'île est aussi important que celui des autres régions.

Mais cet effort semble insuffisant pour combler le retard avec le reste de la province. Le taux moyen de prise en charge dans l'ensemble du Québec était, au 31 décembre, de 74 %, et plusieurs régions ont déjà atteint l'objectif de prise en charge de 85 %.

Montréal : parent pauvre de la médecine familiale au Québec?

« L'est, c'est le tiers-monde du Québec, et le nord de l'île risque de le devenir », lance Michel Vachon, président de l'Association des médecins omnipraticiens de Montréal.

Le premier facteur serait le nombre important de résidents de l'extérieur qui consultent un omnipraticien sur l'île. « Quinze à vingt pour cent de la clientèle de Montréal vient des banlieues », affirme le Dr Vachon.

L'autre facteur serait un manque de cliniques et d'omnipraticiens dans certaines sous-régions de l'île. « Dans l'est, le nord et l'ouest de l'Île, il y a très peu d'offres de service. Il manque de médecins dans ces coins-là », explique le Dr Vachon.

Selon lui, il existe même un risque de pénurie de service, compte tenu de la moyenne d'âge des omnipraticiens de l'île, qui serait de 58 ans. « Ça veut dire que d'ici 5 à 6 ans, on est menacé de bris de service si on n'attire pas suffisamment de jeunes médecins », soutient-il. Une situation compliquée par le fait que ces médecins, à l'aube de la retraite, ont souvent une charge de travail très élevée et traitent plusieurs milliers de patients.

Gaétan Barrette pourrait agir pour régler le problème

« Il y a un vrai problème d'accès, dit le ministre de la Santé au sujet de plusieurs régions de l'île de Montréal. Un des facteurs, c'est le nombre de médecins en place. »

Dans l'arrondissement Montréal-Nord, « des cliniques ferment » et « c'est clair qu'il n'y a pas assez de médecins qui vont là », indique le ministre.

Il a déjà revu l'allocation des postes d'omnipraticiens pour forcer une meilleure distribution de ces médecins dans tous les coins de l'île.

Mais le ministre n'écarte pas l'idée d'aller plus loin. « Est-ce qu'on doit serrer la vis un peu plus pour avoir un effet dans une sous-région comme l'est? La réponse, c'est oui, et on va le faire », déclare-t-il.

Reste que, dans l'ensemble, il est assez satisfait des progrès faits par les omnipraticiens de l'ensemble de la province quant à la prise en charge de patients. Selon lui, il est encore possible que 85 % des Québécois aient un médecin de famille d'ici au 31 décembre.

Malgré les critiques de plusieurs dans le secteur de la santé, le ministre est certain que la population l'appuie et que la réforme fonctionne. « Les gens m'abordent et me disent littéralement : "Merci, docteur Barrette. Grâce à votre loi, j'ai un médecin" », souligne-t-il.

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