POLITIQUE

Les jeunes péquistes rejettent deux propositions controversées (VIDÉO)

19/02/2017 11:39 EST | Actualisé 20/02/2017 01:16 EST

Les jeunes du Parti québécois se sont rangés du côté de leur chef, dimanche matin, en rejetant deux propositions controversées sur les accommodements religieux et la langue française.

Les esprits se sont échauffés, dimanche matin, au Congrès du comité national des jeunes du Parti québécois (PQ), qui ont rejeté en bloc l'idée d'interdire le port des signes religieux pour tous les employés du secteur public et parapublic pendant leurs heures de travail.

La centaine de jeunes réunis à Victoriaville se sont montrés toutefois plus divisés sur la proposition d'appliquer la loi 101 au niveau collégial, une idée qu'avait défendu le PQ sous le règne de Pauline Marois, mais qui a récemment été abandonnée par le nouveau chef, Jean-François Lisée.

"Actuellement, on a décidé de repousser l'indépendance, on a décidé d'y aller "mollo" sur le débat identitaire. Un parti doit avoir une marque de commerce pour gagner et se démarquer de ses adversaires. Si on recule sur la langue, ça va être quoi la marque de commerce du Parti québécois en 2018?", a lancé Olivier Lacelle, un jeune délégué de la région de Montréal.

D'autres ont souligné l'importance de mieux intégrer les immigrants, qui ne sont pas nécessairement allés à l'école en français auparavant.

Certains jeunes ont plutôt fait valoir que cette mesure pourrait nuire au parti "dans le chemin des victoires".

"On a certaines patates chaudes qu'on pourrait peut-être éviter. On parle ici d'une clause qui est relativement minime", a souligné Julien Levac.

Une militante anglophone, Valerie Costanzo, a invité les péquistes à battre cette résolution pour que le PQ ne s'éloigne pas de la communauté anglophone.

"Les anglophones sont parmi vous, sont parmi nous et sont membres du Parti québécois", a-t-elle lancé sous un tonnerre d'applaudissements.

Charte

Les jeunes péquistes se sont montrés très divisés sur cette question. Un vote secret a même été demandé, mais l'idée a été rejetée notamment en raison du manque de temps.

En revanche, seulement une quinzaine de personnes avaient appuyé la proposition d'interdire le port de signes religieux visibles pour tous les employés du secteur public et parapublic _ une mesure qui consistait essentiellement à reprendre les aspects controversés de la charte des valeurs du gouvernement Marois.

"Cette proposition-là, à mon sens, ce n'est pas de la laïcité, c'est d'une certaine façon, jouer le jeu des racistes. Qui on va attirer au Parti québécois avec cette proposition-là?", a lancé le délégué Laurent Constantin, qui a été hué pour avoir utilisé le mot "raciste".

"On est Québécois avant tout. C'est de cette façon que nous réussirons à inclure dans la société tous les Québécois de quelque origine qu'ils soient", a exposé Nicolas Turcotte, de l'association des Laurentides, qui avait avancé cette proposition pour le congrès.

Marc-André Bouvette, le nouveau président du Comité national des jeunes du PQ, et Ariane Cayer, la présidente sortante, se sont prononcés contre la proposition.

"Les gens sont tannés, les gens ont envie qu'on règle cette question-là une fois pour toutes et là nous, on a l'odieux d'aller secouer ça encore? Les gens sont plus capables", a lancé Mme Cayer.

Cette proposition a fait beaucoup jaser alors que les débats sur les accommodements religieux ont ponctué les débats à l'Assemblée nationale la semaine dernière. Le premier ministre Philippe Couillard a d'ailleurs récupéré cette nouvelle, samedi, pour prouver que le consensus de l'opposition n'existe pas.

Le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire demandent au gouvernement Couillard d'interdire le port des signes religieux seulement pour les fonctionnaires en position d'autorité.

Les jeunes péquistes se sont prononcés dimanche matin sur plusieurs autres propositions.

Ils se sont notamment opposés à "tout nouveau projet d'oléoduc", et ont adopté une résolution afin d'instaurer un mécanisme de destitution pour les députés et les élus municipaux qui sont formellement accusés d'un acte criminel et qui serait recommandé par le Commissaire à l'éthique.

Ils ont aussi voté pour diminuer le financement public des écoles privées et pour créer un statut professionnel de journaliste.

Les jeunes péquistes avaient émis 260 propositions et ils votent dimanche matin sur 60 d'entre elles. Ils en retiendront 20, qui feront l'objet de débats au conseil national du Parti Québécois afin d'élaborer le programme du parti.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter