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Courtiers immobiliers: amendes et suspensions en hausse (VIDÉO)

19/02/2017 05:26 EST | Actualisé 20/02/2017 05:28 EST

L'organisme d'autorégulation du courtage immobilier souhaite obtenir plus de pouvoirs de sanction.

Un texte de Davide Gentile

Des années après les faits, la colère reste vive pour les victimes de la courtière immobilière Hélène Desrochers.

« On a toujours eu confiance en elle », affirme une résidente de la région de Granby, Danielle Flibotte, qui a perdu environ 7000 $ dans l'affaire.

La courtière immobilière a fait faillite après avoir emprunté de l'argent à plusieurs clients et amis. « Elle s'est servie de son statut d'agent immobilier pour emprunter de l'argent », explique Ronald Boulanger, une autre des victimes de la courtière.

« Elle disait : "Prête-moi de l'argent, je vais le prêter à de premiers acheteurs de maison" », poursuit M. Boulanger. La courtière a d'abord fait faillite et a ensuite été suspendue pour une période de cinq ans par l'organisme d'autoréglementation du secteur immobilier en 2015.

Dans sa décision, l'Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) relève qu'elle a « abusé de la confiance » de personnes qu'elle avait connues par son travail d'agent immobilier.

Louise Poulin Boulanger, qui a perdu 30 000 $ dans l'affaire, trouve la sanction trop mince. « C'est vraiment une radiation à vie qui aurait dû être imposée », dit-elle. Mais l'OACIQ excluait en 2015 une suspension permanente jugeant « qu'il n'y a pas absence totale de probité. »

La courtière Hélène Desrochers n'est pas la seule à avoir été suspendue en 2015. Des données compilées par Radio-Canada indiquent que le nombre de courtiers suspendus est passé de 44 en 2015 à 70 en 2016.

Et le nombre de ceux qui ont reçu des amendes est passé de 56 en 2015 à 93 en 2016. La somme des amendes imposées a aussi augmenté, passant de 123 000 $ en 2012 à 363 000 $ en 2015.

Le nombre de dossiers traités semble assez stable depuis 2011. « On ne voit pas plus de délinquance au fil du temps », affirme la vice-présidente de l'OACIQ, Hélène Morand.

Cependant, son organisation souhaite obtenir le droit d'imposer des amendes plus élevées.

« On comprend qu'au niveau de la dissuasion, on pourrait avoir plus de mordant », dit-elle quant à l'amende minimale de 1000 $. L'OACIQ souhaite pouvoir infliger des amendes plus dissuasives, comme celles imposées par l'Autorité des marchés financiers. L'AMF peut imposer des amendes allant jusqu'à 50 000 $ alors que pour courtage immobilier l'amende maximale est de 12 000 $.

En plus de pouvoirs de sanction accrus, l'OACIQ souhaite réglementer l'ensemble de la chaîne des transactions du domaine immobilier. On pense par exemple à l'inspection en bâtiment ou à la gestion des copropriétés. « On pense que le consommateur serait mieux protégé », affirme Mme Morand.

Louise Poulin-Boulanger, une des victimes d'Hélène Desrochers, souhaite que la requête de l'OACIQ soit exaucée. « Elle devrait avoir des pouvoirs plus importants », affirme la résidente de Granby. Ronald Boulanger a porté plainte auprès de la Sûreté du Québec et affirme avoir été rencontré par des enquêteurs de la section des crimes économiques. « Ça ne peut pas rester impuni », dit-il en parlant de cette affaire.

Jointe par Radio-Canada jeudi, Hélène Desrochers affirme être mal à l'aise face aux citoyens lésés. « Je n'ai jamais voulu mal agir », a-t-elle dit. L'ancienne courtière immobilière ne sait pas si elle reviendra dans le domaine au terme de sa suspension de cinq ans, en 2020.


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