Porsche Camp4 Canada: la conduite hivernale pour les nuls

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Vous connaissez les livres de la série « Pour les nuls »? Faciles à lire et comprendre, ils permettent au lecteur de développer une panoplie de nouvelles compétences ou d’en apprendre plus sur une variété de sujets, et ce rapidement. L’événement Camp4 Canada de Porsche est en quelque sorte le livre « Pour les nuls » de la conduite hivernale, quoique le prix est un tantinet plus élevé.

D’accord, le prix est beaucoup plus élevé alors qu’il faut débourser au minimum 5 295 $ pour avoir accès à ces deux jours d’enseignement intensif sur la piste glacée du circuit Mécaglisse de Notre-Dame-de-la-Merci.

Ouvert à tous (qu’on soit propriétaire de Porsche ou non), le Camp4 Canada permet de prendre le volant de la Porsche 911 2017 à deux et quatre roues motrices ainsi que la nouvelle 718 Cayman dans différentes situations où l’adhérence est faible ou inexistante. Ainsi, les participants découvrent plusieurs techniques de conduite hivernale enseignées par des professionnels comptant de nombreuses années d’expérience en course automobile.


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Offert aussi en Finlande, en Chine, en Italie et en Suisse, le Camp4 attire des participants de plusieurs pays et le prix inclut aussi l’hébergement et les repas. Une fois le premier camp complété, il est possible de s’inscrire à deux autres événements (Camp4S et Camp4 RS) proposant des techniques de conduite progressivement plus avancées avec des véhicules munis de pneus à crampons de 1,5 ou 3 millimètres. Il faut débourser 6 495 $ de plus pour participer au Camp4 S alors que le Camp4 RS exige 7 495 $.

De notre côté, nous étions invités à découvrir un échantillon de l’événement de base en compagnie d’autres journalistes provenant des États-Unis et même du Mexique. Au cours de la journée, nous avons navigué un slalom au volant d’une Porsche 718 Cayman, négocié un virage serré en n’utilisant que les freins avec une Porsche 911 Carrera 4S à traction intégrale, appris une technique baptisée « rallye flick » qui permet de négocier des virages au rayon croissant, et finalement comment contrôler le sous-virage et le survirage en conduisant sur un grand cercle de glace.

Rien sur la route ne sera en mesure de reproduire les conditions du Camp4, mais si un conducteur est en mesure de réussir toutes les épreuves, une autoroute enneigée ou une courbe glacée sur un chemin de campagne seront soudainement beaucoup moins intimidantes.

L'article se poursuit sous la galerie-photo.

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Tout est une question de transfert de poids

La maitrise d’une voiture passe en grande partie par la reconnaissance et le contrôle du transfert des masses entre l’avant et l’arrière du véhicule et entre les différentes roues. En situation de conduite normale, il n’est pas nécessaire de savoir vers où est distribué le poids et de toute façon, si nous roulons à vitesse raisonnable le transfert de poids est négligeable et certainement prévisible.

En conduite plus dynamique, cependant, le transfert des masses entre les roues se doit d’être anticipé et contrôlé si nous voulons éviter les dérapages et ultimement les catastrophes. En utilisant la direction, les freins et l’accélérateur, il est possible de prévenir et corriger le sous-virage et le survirage, mais il faut être précis et apprendre à ressentir les réactions de la voiture dans différentes circonstances afin de maintenir le cap. Or, il n’y a rien de mieux qu’une piste glacée pour amplifier les transferts de poids et les pertes d’adhérence.

Notre premier exercice était le slalom au volant de la 718 Cayman. Ici, il faut se souvenir de regarder au loin, bien plus loin que la lignée de cônes, et surtout de constamment tourner le volant d’un côté à l’autre de façon constante et linéaire. Il faut aussi appliquer une pression constante sur l’accélérateur. Ce faisant, la voiture se met à « danser » avec les transferts de ses masses qui deviennent très évidents au fur et à mesure que l’on progresse. C’est la théorie du moins. En pratique, on se rend compte que si nous ne sommes pas constants avec l’accélérateur, la partie arrière de la voiture décroche et c’est le tête-à-queue.

Vient ensuite un exercice fort intéressant, mais également très complexe à réussir. Au volant d’une Porsche 911 Carrera 4S à traction intégrale, il faut négocier un virage en n'utilisant que les freins pour faire basculer le train arrière et légèrement tourner la voiture dans la direction du tournant. Lorsque nous freinons, la partie arrière de la voiture poursuit son élan vers l’avant et fait en sorte que la voiture glisse presque perpendiculairement à la route. Si c’est contrôlé et que nous gardons les roues bien droites (avec un modèle à traction intégrale), on se retrouve alors dans le virage avec le nez avant pointé dans la bonne direction.

Si ce n’est pas contrôlé, nous terminons notre course dans le banc de neige et l’instructeur s’empressera de nous expliquer (appelons cela comme ça) que nous allions beaucoup trop vite, comme lors de la première tentative de votre humble serviteur.

L’exercice subséquent, le plus intéressant de la journée, consiste à freiner vigoureusement avant une courbe pour ensuite tourner le volant dans la direction opposée au virage avant de rapidement retourner le volant dans la direction opposée vers la courbe et d’accélérer à nouveau. Cette manœuvre permet d’obtenir la bonne trajectoire vers l’apex dans un virage serré au rayon croissant.
Finalement, c’était l’épreuve du cercle qui consiste à maitriser le sous-virage et le survirage en ajustant le volant et l’accélérateur lorsqu'ils surviennent.

Je suis conscient qu’il peut être difficile de visualiser ces différents exercices, mais ce qui compte réellement est la leçon apprise lors de chacun d’eux. Pour maitriser un sous-virage (une situation ou la voiture poursuit son chemin vers l’avant même si les roues sont tournées), par exemple, il faut tout d’abord ralentir tout en remettant les roues droites. En ralentissant, le poids est envoyé vers les roues avant qui retrouvent alors leur adhérence. Nous pouvons ensuite les tourner à nouveau dans la direction souhaitée.

Pour contrer un survirage, dans un véhicule de type propulsion, il faut s’assurer que les roues arrière retrouvent leur adhérence en jouant avec l’accélérateur. Mais surtout, il faut garder les roues avant braquer vers l’endroit où nous voulons diriger la voiture. Pour ce faire, l’important est de garder les yeux où nous voulons aller, et non pas vers où nous allons. Ce faisant, nos mains dirigeront le volant et ultimement la voiture loin du danger.

Le Camp4 Canada inculque des principes fondamentaux de la conduite hivernale qui sont tout aussi pertinents en conduite de tous les jours que dans les situations plus extrêmes du programme. Il faut éviter les gestes brusques, adopter un comportement linéaire avec la direction, les freins et l’accélérateur, et s’assurer que le poids transfert vers les roues qui ont de l’adhérence. Il permet également de découvrir que si nous faisons cela, et que nous avons de bons pneus d’hiver, nous pouvons conduire notre Porsche à longueur d’année sans difficulté. Finalement, le Porsche Camp4 Canada permet de redécouvrir les simples plaisirs des dérapages contrôlés, avec en prime les instructions nécessaires pour les réaliser comme un pro.
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