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Une survivante de Polytechnique envoie un message d'espoir après l'attentat de Québec

03/02/2017 10:04 EST | Actualisé 03/02/2017 10:05 EST
Radio-Canada

L'attentat à la grande mosquée de Québec a ravivé de douloureux souvenirs pour Asmaa Mansour, l'une des survivantes de la tuerie de Polytechnique.

« Ça a réveillé un choc. Je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit », raconte-t-elle. Asmaa Mansour se rappelle avoir été incapable de prononcer un mot à l'annonce de la fusillade à la mosquée de Sainte-Foy qui a fait six morts et plusieurs blessés graves.

«Ça a fait revivre ce que j’ai essayé de refouler les 27 années passées.» –Asmaa Mansour

Elle a été atteinte par trois balles lors de la fusillade de l’École Polytechnique de Montréal. Le 6 décembre 1989, 14 femmes ont péri sous les assauts de Marc Lépine, alors habité par une haine sans nom envers ses collègues de classe du sexe opposé.

Parmi les victimes, Asmaa, gravement blessée à l’épaule et au bras, était alors considérée comme l’un des cas les plus graves. « On ne pensait pas que j’allais survivre », se remémore-t-elle.

Mme Mansour ne peut s’empêcher de relever des similitudes entre l’attaque dont elle a été témoin et celle du Centre culturel islamique de Québec dimanche dernier.

« L’acte odieux en lui-même, pour moi, c’est pareil », lâche Asmaa Mansour, rappelant que la tuerie de Polytechnique n’avait pas été qualifiée d’acte terroriste à l’époque.

« C’est exactement le même geste qui a été répété par [Alexandre] Bisonnette », l'auteur de l'attentat de Québec, souligne-t-elle.

Pour Mme Mansour, le geste de Marc Lépine comme celui d'Alexandre Bisonnette est un geste de haine, dirigée tantôt vers les femmes, tantôt vers la communauté musulmane. Et il se doit d'être qualifié comme tel : un acte de terreur, estime-t-elle.

Près de 30 années se sont écoulées depuis la tuerie de Polytechnique et Asmaa Mansour regarde derrière elle, fière du chemin qu’elle a parcouru. « Je suis mère de famille, j’ai une carrière, j’ai fait des études et je suis comblée », résume celle qui est aujourd’hui biostatisticienne à l’Institut de cardiologie de Montréal.

Asmaa Mansour espère que son témoignage pourra aider certains à panser les blessures laissées par la tuerie de Québec. « Le chemin va être dur. C’est inévitable. Il va être épineux. Mais avec du courage et la volonté, on peut y arriver », a-t-elle tenu à dire humblement aux survivants et aux endeuillés.

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