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Guerre antidrogue: Duterte promet plus de morts et mobilise l'armée

02/02/2017 08:40 EST
NOEL CELIS via Getty Images
Philippine's President Rodrigo Duterte gestures as he answers a question during a press conference at the Malacanang palace in Manila on January 30, 2017. Philippine's President Rodrigo Duterte on January 30, 2017 extended his deadly drug war until the last day of his term in 2022, but conceded the police force acting as his frontline troops was 'corrupt to the core'. Thousands of people have died in the crackdown that began when Duterte took office in the middle of last year, with rights groups warning police are carrying out extrajudicial killings not just to fight crime but to aid their own corrupt activities. / AFP / POOL / NOEL CELIS (Photo credit should read NOEL CELIS/AFP/Getty Images)

Le président philippin Rodrigo Duterte a annoncé jeudi que l'armée jouerait un rôle de premier plan dans sa guerre meurtrière contre la drogue, promettant la mort à davantage de trafiquants et de consommateurs.

"J'engage les Forces armées des Philippines et je fais de la question de la drogue une menace pour la sécurité nationale, ainsi je ferai appel à l'aide de la totalité des forces armées", a déclaré le président, ajoutant qu'il ferait tuer davantage de toxicomanes, des "fils de pute".

Il s'agit des premières déclarations de M. Duterte depuis la publication mercredi par Amnesty International d'un rapport dans lequel l'ONG estime que ces meurtres sont peut-être assimilables à des crimes contre l'humanité.

Depuis l'entrée en fonctions de M. Duterte fin juin, plus de 6 500 personnes ont été tuées.

Cette semaine, le président avait reconnu que la police -à laquelle était confié un rôle de premier plan dans cette guerre antidrogue-- était "corrompue jusqu'à la moelle". Il avait annoncé que les policiers seraient désormais écartés des opérations.

Une série de scandales impliquant des officiers dans des affaires de meurtre, d'enlèvement, d'extorsion ou de rançon ont éclaté ces derniers temps. Les mis en cause se servaient de la guerre antidrogue comme couverture.

En particulier, des policiers des "stups" sont accusés d'avoir enlevé et tué un homme d'affaires sud-coréen dans le cadre d'une opération d'extorsion, selon l'enquête officielle.

Amnesty a accusé la police d'abus systématiques des droits de l'Homme, notamment le fait d'abattre des gens désarmés, de monter des preuves de toutes pièces, de payer des tiers pour assassiner des suspects et de voler les victimes.

"Les policiers se comportent comme les criminels des bas-fonds auxquels ils sont censés faire respecter la loi", disait le rapport.

Mais M. Duterte a refusé de se laisser démonter et s'est lancé jeudi dans une tirade ponctuée de grossièretés contre ses opposants, rejetant les accusations de violations des droits de l'Homme.

Il a également livré une longue explication sur les problèmes des usagers de la méthamphétamine, substance hautement addictive, connue dans l'archipel sous le nom de shabu.

"Et vous avez le coeur qui saigne pour ces fils de pute", a-t-il dit, estimant que 3 000 toxicomanes avaient été abattus jusqu'à présent. "Je vais en tuer plus. Ne serait-ce que pour être débarrassé de la drogue".

La police a annoncé avoir tué 2 555 personnes tandis que près de 4 000 autres sont mortes dans des circonstances non élucidées, selon les chiffres officiels.

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