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Yémen: première opération commando américaine contre Al-Qaïda sous Trump (VIDÉO)

29/01/2017 11:18 EST | Actualisé 29/01/2017 11:19 EST

Au moins 14 combattants présumés d'Al-Qaïda et un soldat américain ont été tués dimanche dans la première opération commando menée par les Etats-Unis au Yémen depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, selon l'armée américaine.

Ce raid d'envergure, lancé à l'aube à Yakla, dans le centre du Yémen, avec l'aide de drones et d'hélicoptères d'attaque, a visé des repaires d'Al-Qaïda, selon un responsable yéménite s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Il a évoqué un bilan plus lourd que celui donné par les Américains, avec 41 membres présumés d'Al-Qaïda tués, dont des chefs, ainsi que huit femmes et huit enfants.

Dans un communiqué, Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa) a affirmé que près de 30 personnes, y compris des femmes et des enfants, avaient été tuées dans ce raid mené par quatre hélicoptères d'attaque Apache.

Selon Aqpa, "les soldats américains ont subi des pertes dans les combats" et "aucun membre d'Al-Qaïda n'a été tué".

Visiblement, ce raid surprise n'a pas été facile pour les Etats-Unis qui ont enregistré un tué et au moins quatre blessés, selon leur bilan.

D'après le CENTCOM (commandement américain en charge des opérations dans la région), un appareil militaire "a connu un atterrissage forcé et brutal non loin du lieu (du raid)". Un soldat a été blessé dans cet atterrissage forcé, selon la Maison Blanche.

Des témoins ont évoqué un hélicoptère Apache qui s'est écrasé dans le secteur de Sahoul.

L'appareil n'a pu redécoller et a été "intentionnellement détruit", a affirmé le CENTCOM.

Un responsable américain de la Défense a précisé à l'AFP que les forces américaines n'avaient pas fait de prisonniers dans cette opération.

Selon un responsable yéménite, le raid américain a visé des repaires d'Al-Qaïda dans une école, une mosquée et un dispensaire.

Le chef local d'Al-Qaïda, identifié comme étant Abou Barzane et de nationalité étrangère, figure parmi les morts, a-t-il précisé.

Trois chefs tués

Trois chefs tribaux alliés à Al-Qaïda ont également trouvé la mort dans des attaques contre leurs maisons, ont rapporté des sources tribales et locales, précisant qu'il s'agissait des frères Abdelraouf et Soltan al-Zahab et de Saïf Alawai al-Jawfi.

Une fille de l'ancien prédicateur américano-yéménite Anwar al-Aulaqi, célèbre chef propagandiste d'Al-Qaïda mort au Yémen, figure parmi les enfants tués dimanche, a indiqué un membre de sa famille.

Anwar Al-Aulaqi avait été tué le 30 septembre 2011 par une attaque de drone américain. Son fils avait péri dans une attaque similaire deux semaines plus tard.

Durant le raid dimanche qui a duré plus de trois quarts d'heure, des combattants d'Al-Qaïda et leurs alliés tribaux ont "résisté à l'assaut en tirant à l'arme automatique", a indiqué une source tribale.

Al-Qaïda dispose de deux camps d'entraînement au moins à Yakla, une région montagneuse de la province de Baida difficile d'accès, selon des habitants.

Les Etats-Unis, les seuls dans la région à disposer de drones pouvant atteindre des cibles au Yémen, considèrent Aqpa comme la branche la plus dangereuse du réseau jihadiste.

Dimanche sanglant

Ils mènent régulièrement des frappes aériennes par drones contre Aqpa, mais les opérations au sol ou avec des hélicoptères d'attaque sont beaucoup plus rares.

En décembre 2014, un otage américain, le photographe Luke Sommers, et un autre otage sud-africain étaient morts lors d'une opération commando ratée de l'armée américaine contre Al-Qaïda.

En mai 2016, un petit nombre de soldats américains des forces spéciales avaient débarqué dans le port de Moukalla dans le sud-est du pays, pour aider les forces spéciales émiraties à reprendre le contrôle de la ville contrôlée par Al Qaïda depuis avril 2015.

Le réseau extrémiste est bien implanté au Yémen où il a profité ces dernières années de la guerre et du chaos qui sévissent dans ce pays pauvre de la Péninsule arabique, a déjà été visée dans le passé par des attaques de drones ou de commandos.

Outre Al-Qaïda, l'EI a revendiqué des attentats spectaculaires et meurtriers ces deux dernières années au Yémen. Les groupes jihadistes sont bien implantés surtout dans le sud.

Le principal conflit au Yémen oppose les forces gouvernementales, soutenues depuis mars 2015 par une coalition arabe sous commandement saoudien, à des rebelles Houthis, qui contrôlent une partie du territoire dont la capitale Sanaa (nord) et qui sont alliés à des partisans de l'ex-président.

La journée a été particulièrement sanglante dimanche au Yémen: à quelque 300 kilomètres du lieu de l'opération contre Al-Qaïda, 90 rebelles et 19 soldats ont été tués dans des combats pour le contrôle de zones côtières sur la mer Rouge, selon des sources militaires et médicales.

Depuis mars 2015, plus de 7.400 personnes ont été tuées et près de 40.000 blessées dans la guerre, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

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