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Premier contact Chevrolet Bolt 2017: une voiture électrique pas comme les autres (VIDÉO/PHOTOS)

24/01/2017 07:26 EST | Actualisé 24/01/2017 07:31 EST

Quand Chevrolet a promis en 2015 une voiture électrique vendue moins de 40 000 $ et pouvant parcourir plus de 300 kilomètres sans se recharger, autant les médias que les consommateurs étaient plus que sceptiques. Il était difficile de concevoir à l'époque comment Chevrolet serait en mesure de mener à terme son projet à l'intérieur d'un délai raisonnable.

Mea Culpa. La Chevrolet Bolt 2017 arrivera chez les concessionnaires de la marque au cours des prochaines semaines avec une batterie de 60 kWh permettant 383 kilomètres d’autonomie. Si l'on déduit l’incitatif du gouvernement du Québec de 6 958 $ + taxes (8 000 $), l’on obtient un prix de départ de 35 837 $ avant les frais de préparation et les taxes. En Ontario, la Bolt est encore plus abordable avec un prix de 30 406 $ pour le modèle d’entrée de gamme. Chevrolet a rempli ses promesses.

Une autonomie utile

Les voitures électriques ne comptent que pour un tout petit pourcentage du parc automobile canadien, et la croissance du segment est loin d’être explosive. Il faut dire que les modèles actuellement offerts sur le marché ne permettent pas de parcourir plus que quelques centaines de kilomètres avant de devoir être rechargés. Il y a bien Tesla avec ses Model S et Model X, mais leurs prix sont loin d’être à la portée de tous les budgets.

La Chevrolet Bolt n’est pas nécessairement abordable non plus, mais elle coûte une fraction du prix d’un modèle Tesla tout en offrant une autonomie pratiquement identique. Avec 383 kilomètres d’autonomie, les déplacements exigent moins de préparations et les périples en voiture s’allongent.

Chevrolet Bolt 2017

Il est possible de se rendre à plus d’endroits sans devoir rechercher l’emplacement des bornes de recharge au préalable et sans devoir s’y arrêter à tous les 100 kilomètres. Il est possible de se rendre de Montréal à Ottawa ou de Sherbrooke à Québec de la même façon qu’on le ferait avec une voiture traditionnelle, ce qui veut dire sans y penser deux fois.

Ceux et celles qui sont déjà propriétaires de voitures électriques diront que tout ce que je viens de décrire est déjà possible, même avec une autonomie plus limitée. On s’adapte et on modifie quelques habitudes et tout va bien. C’est vrai, mais ce n’est pas tous les consommateurs qui sont d’accord. Pour plusieurs, les voitures électriques exigent trop de concessions. La Chevrolet Bolt 2017 a le potentiel de changer cette perception.

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Une bonne voiture d’abord

Quand Chevrolet s’est lancé dans le développement de la Bolt, le constructeur s’est donné comme mission de construire avant tout une bonne voiture. Une voiture spacieuse et agréable à conduire qui serait intéressante pour les acheteurs même si elle n’était pas électrique.

L’idée est bien sûr d’en faire une voiture qui a plus à offrir que le simple fait de ne pas consommer de carburant, mais aussi de ne pas trop dépayser les nouveaux propriétaires dont plusieurs seront de nouveaux initiés à la voiture électrique.

L’espace à l’intérieur de la Bolt est vaste et accueillant. Les places arrière, notamment, offrent beaucoup d’espace pour les jambes et un dégagement étonnant pour la tête. Chevrolet n’a pas fait l’erreur d'élaborer un tableau de bord trop futuriste ou trop complexe. Le style est plutôt épuré et les commandes importantes sont faciles à trouver. Le système d’infodivertissement se contrôle par l’entremise d’un écran de 10,2 pouces qui est lui aussi facile à naviguer.

Les fonctions Apple CarPlay et Android Auto sont de série de sorte que l’écran central est en réalité une reproduction de votre téléphone mobile. Chevrolet compte d’ailleurs sur le fait que les acheteurs de Chevrolet Bolt seront du type connecté et qu’ils utiliseront ces fonctions de connectivité la plupart du temps. Il n’y a pas, par exemple, de système de navigation intégré dans le véhicule. Il faut utiliser l’application sur notre téléphone intelligent.

Une caméra de recul, des phares à haute intensité et une caméra de recul sont de série. Il faut ajouter 750 $ pour avoir droit à un groupe d’option qui inclut les sièges chauffants et le volant chauffant, mais un responsable de Chevrolet nous confirme que ces équipements feront partie de l’équipement de base sur l’édition 2018. Un second groupe d’option offert à partir de 850 $ offre un système de surveillance des angles morts, un dispositif d’avertissement de sorties de voie, l’alerte de circulation transversale arrière et des sonars d’assistance au stationnement.

Pour 5 000 $ de plus, nous avons droit à la version Premier qui ajoute des jantes de 17 pouces, des sièges en cuir, des sièges avant et arrière chauffants, le volant chauffant, le rétroviseur à caméra, et tous les systèmes de sécurité décrits précédemment. Le système OnStar 4G LTE avec Wi-Fi est de série sur toutes les versions.

Une fois assis derrière le volant, l’on remarque que les sièges sont fermes et le cuir de notre version d’essai est très mince. Les plastiques utilisés dans l’habitacle sont partagés avec d’autres modèles Chevrolet et leur qualité est correcte, mais sans plus. La finition intérieure pourrait également être améliorée un tout petit peu. L’espace est donc vaste dans la Bolt, mais il manque un peu de raffinement.

Une conduite agréable

La Chevrolet Bolt étant électrique, le moteur se met en marche dans un silence complet. Sur la route, seuls les bruits de vent et les pneus se font entendre, mais pas trop. Contrairement à ce qu’on peut être porté à croire, les routes du nord de la Californie ne sont pas toujours en bon état, et la Bolt ne cache pas toutes ces imperfections. Ce n’est pas brusque ou inconfortable, mais la suspension laisse passer jusqu’au conducteur et ses occupants les bosses et les trous.

En contrepartie, la Bolt surprend avec une tenue de route aiguisée et un roulement bien contrôlé. Sur une route sinueuse, on prend plaisir à conduire la nouvelle voiture électrique de Chevrolet. Le volant ne semble pas trop déconnecté et répond bien aux demandes du conducteur.

Tout au long de l’événement, les ingénieurs de Chevrolet ont insisté beaucoup sur le mode de conduite Low, un mode qui permet de conduire la Bolt en n’utilisant que l’accélérateur. On enlève le pied et la voiture ralentira jusqu’à un arrêt complet. On peut même utiliser la palette de gauche derrière le volant pour amplifier le freinage. Dès que j’en ai l’occasion, j’active le mode de conduite et effectivement, la Bolt peut se contrôler à une pédale. Le freinage est convaincant quand l’on retire son pied de la pédale droite, et en ville je prends plaisir à utiliser cette fonction au point tel que je traverserai le centre-ville de San Francisco sans jamais toucher au frein. Ce faisant, je recharge la batterie et je gagne ainsi des kilomètres supplémentaires d'autonomie.

Parlant d’autonomie, difficile de déterminer comment la Bolt s’est comportée à ce niveau. Question d’évaluer la voiture de différentes façons, nous n’avons pas toujours été doux avec elle. Cela dit, l’autonomie restante n’a jamais été autre qu’une arrière-pensée, et jamais une source d’angoisse malgré le fait que nous avons parcouru plus de 100 kilomètres.

La batterie de la Bolt peut se recharger à l’aide d’une prise de 120 ou 240 volts, ou nous pouvons aussi utiliser une prise de 480 volts qui permet de recharger la batterie en entier en moins de 3 heures. Une borne de 240 volts exige environ 9 heures tandis qu’une prise de 120 volts est, disons, un dernier recours.

Côté performance, le moteur électrique de la Bolt produit 200 chevaux et 266 lb-pi de couple. Cela permet à la voiture d’atteindre 100 km/h en seulement 6,5 secondes. Sur la route, jamais l’on n’a l’impression de manquer de puissance et puisque le couple est livré dès que l’on touche à l’accélérateur (une réactivité typique de la voiture électrique), la voiture bondit vers l’avant avec confiance quand l’on quitte un feu rouge ou quand il faut dépasser.

La Chevrolet Bolt 2017 n’est pas parfaite et je dois avouer que j’aurais aimé un peu plus de confort et d’attention aux détails. Cela dit, je ne peux que féliciter Chevrolet d’avoir rempli ses promesses, mais aussi d’avoir su développer une voiture qui n’est pas qu’un simple coup de marketing. La Chevrolet Bolt fait bien plus qu’aider son constructeur à respecter des normes en matière d'écologie, elle vient transformer son segment. Elle pourra convaincre des consommateurs réticents de se tourner vers la voiture électrique en raison de l’autonomie restreinte et elle obligera d’autres manufacturiers à améliorer leur offre en matière de véhicules électrifiés. Et ça, c’est une bonne nouvelle pour tout le monde.

Source: EcoloAuto.com