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Donald Trump entame son mandat en lançant une virulente polémique

22/01/2017 04:09 EST | Actualisé 22/01/2017 04:09 EST

Le président américain Donald Trump a entamé son mandat en lançant une virulente polémique sur la mesure de son soutien populaire, avant de passer à ses premières mesures politiques concrètes, attendues à partir de lundi.

Au lendemain des manifestations massives d'opposants, à Washington mais aussi ailleurs aux Etats-Unis et dans le monde, le nouveau président s'est tourné dimanche vers Twitter pour railler les centaines de milliers de personnes, surtout des femmes, descendues dans la rue.

"Pourquoi ces gens ne sont-ils pas allés voter?" s'est-il interrogé, jugeant que les célébrités avaient fait "beaucoup de mal à leur cause".

Une heure plus tard, dans un deuxième tweet à la tonalité nettement plus conciliante, il affirmait que les manifestations pacifiques étaient "une des marques de fabrique de notre démocratie". "Même si je ne suis pas toujours d'accord, je reconnais les droits des gens à exprimer leur point de vue", a-t-il ajouté.

Plus de deux millions de personnes ont participé samedi aux "Marches des femmes" organisées dans le monde pour la défense des droits civiques et contre Donald Trump.

Face aux estimations en comparaison peu flatteuses de la cérémonie de son investiture vendredi, Donald Trump s'en est pris samedi avec véhémence aux médias, les accusant d'avoir menti.

Faits alternatifs

"Honnêtement, cela avait l'air d'un million et demi de personnes, cela allait jusqu'au Washington Monument", l'obélisque du centre de la capitale américaine, a-t-il affirmé contre toute évidence, avant que son porte-parole, Sean Spicer, ne s'en prenne à son tour avec agressivité aux médias accusés de comportements "honteux".

Interrogée sur NBC sur les raisons pour lesquelles M. Trump avait poussé son porte-parole à prononcer "des mensonges" sur la participation, Kellyanne Conway, conseillère du président, a répondu que ce dernier avait présenté des "faits alternatifs", une étrange tournure de phrase qui a aussitôt enflammé Twitter.

Les autorités de la capitale ont pour règle de ne pas communiquer d'estimations de foules, afin d'éviter toute polémique. La seule façon de les estimer est de comparer les photos aériennes, qui montrent que l'investiture du républicain a rassemblé indiscutablement moins de monde que celle de Barack Obama en 2009.

"En prenant un peu de recul, la taille exacte de la foule est un sujet peu important. Le fait que le président soit aussi obsédé (par ce sujet) l'est beaucoup plus", a estimé David Axelrod, ancien conseiller de Barack Obama, résumant l'inquiétude d'une partie de l'opinion américaine.

Son équipe tentait dimanche de recentrer le débat sur les jours à venir, rappelant que le président républicain avait l'intention de signer une série de décrets pour concrétiser une partie de ses engagements de campagne.

Dimanche en milieu de journée, il s'est entretenu avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. C'était "très bien", a juste dit M. Trump.

Jeudi, il participera à une rencontre des élus républicains de la Chambre et du Sénat à Philadelphie.

Vendredi, il recevra le premier dirigeant étranger dans le Bureau ovale en la personne de la Première ministre britannique Theresa May.

Magnifique lettre' d'Obama à Trump

Bonne nouvelle pour le nouveau président, dont la plupart des membres de son gouvernement attendent toujours leur confirmation par le Sénat, la voie semble désormais dégagée pour Rex Tillerson, ancien patron d'ExxonMobil choisi pour diriger la diplomatie américaine.

Deux ténors républicains, Lindsey Graham et John McCain, qui avaient émis des réserves, ont annoncé dimanche qu'ils soutiendraient sa nomination à la tête du puissant département d'Etat.

Par ailleurs, le ministère de la Justice a estimé qu'aucun obstacle juridique (lié à la loi antinépotisme) ne s'opposait à ce que le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, devienne l'un des proches conseillers du nouveau président.

Une pétition exigeant qu'il rende publique sa déclaration d'impôt a rapidement dépassé le cap des 100.000 signatures au-delà duquel le Maison Blanche doit en principe répondre dans les 30 jours.

Son équipe a fermé la porte à toute évolution sur ce thème. "Il ne publiera pas sa déclaration d'impôts. Ce sujet a été abordé durant la campagne et cela n'intéressait pas les gens", a lancé Kellyanne Conway.

Dimanche après-midi, lors d'une cérémonie dans les salons de la Maison Blanche, le président républicain avait opté pour un registre nettement plus apaisé.

Il a évoqué avec une certaine émotion "la magnifique lettre" laissée par son prédécesseur Barack Obama dans le Bureau ovale.

"C'était vraiment très gentil de sa part", a-t-il ajouté, tout en précisant, amusé, qu'il ne dirait pas à la presse "ce qu'il y a dedans".

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