DIVERTISSEMENT

Le cabaret poétique «Attentat» s'amène au Théâtre Périscope

22/01/2017 10:16 EST | Actualisé 22/01/2017 10:17 EST
Nicola-Frank Vachon

Présentée en 2014 au Théâtre de Quat’Sous et en 2015 au Carrefour international de théâtre de Québec et chaudement applaudie par la critique, la pièce Attentat s’installe pour deux semaines sur les planches du Théâtre Périscope à Québec.

Cette cocréation de Gabrielle Côté et Véronique Côté, coproduite par le Théâtre [mo] et le Théâtre du Fol Espoir, amène sur scène la poésie d’une trentaine de poètes québécois contemporains, de Gaston Miron à Catherine Dorion. Selon la comédienne et metteure en scène Véronique Côté, ce n’est ni un récital ni une pièce de théâtre classique, c’est un objet hybride. «C’est comme si on avait créé des paysages autour de poèmes, on les a mis en paysage au lieu de les mettre en scène. C’est une pièce qui se présente par tableaux, ça construit une émotion.»

En réaction au Printemps érable

Attentat est né à la suite des manifestations étudiantes du Printemps érable, en 2012. «Ma sœur Gabrielle avait fini l’École nationale de théâtre et on avait envie de travailler ensemble», raconte Véronique Côté. «La poésie québécoise est un terreau pour la création qui nous interpelle, nous nous sommes lancées là-dedans de façon très instinctive. Je suis une lectrice occasionnelle de poésie, là, je m’y suis plongée à temps plein! Nous cherchions des textes qui parlaient du territoire, qui parlaient au nous, qui donnaient envie d’agir.»

Les deux créatrices, profondément touchées par le climat politique et social suivant la grève générale, désiraient se servir de la poésie et du théâtre pour en faire un appel à l’action. «Tout avait comme un peu figé, comme s’il y avait une petite couche de gel sur le feu qui nous avait tous pris pendant le Printemps érable. On se disait, il ne faut pas que ça s’éteigne! Et la poésie est un bon combustible pour ça.»

Un appel à l’action

Pour Véronique Côté, la pièce sert un double but : redonner espoir par la poésie et rendre cette dernière plus accessible. «On espère que les spectateurs ne se sentent pas submergés par le sentiment d’impuissance qui nous attaque de toutes parts. Je comprends ceux qui se désinvestissent, c’est ça qui est présent dans le discours public. On nous dit qu’on ne peut pas faire grand-chose. Mais les gens n’ont pas envie de sombrer dans la déprime! Toute ma pratique artistique est articulée autour de ce désir-là : leur donner du carburant. On essaie à la fois de donner des munitions pour ne pas que les spectateurs se sentent seuls ou isolés, tout en faisant de la poésie quelque chose d’ouvert à tous, un genre de lieu de rassemblement qui ne soit pas réservé aux initiés.»

En entrevue, la cocréatrice raconte qu’elle a pu observer l’effet escompté chez les spectateurs, lors de représentations précédentes à Montréal et au Carrefour international de théâtre. «Les gens en sortent énergisés, les jeunes sont électrisés! On sent comme un électrochoc. Et c’est ça que l’on veut : faire de la poésie quelque chose dont tout le monde peut s’emparer et s’en servir pour vivre.»

Attentat

Idée originale et mise en scène de Gabrielle Côté et Véronique Côté

Du 24 janvier au 4 février 2017

Théâtre Périscope