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Mali: près de 50 morts dans un attentat contre les groupes signataires de l'accord de paix

18/01/2017 10:57 EST | Actualisé 18/01/2017 10:57 EST

Un attentat suicide visant des combattants de groupes armés signataires de l'accord de paix au Mali a fait près de 50 morts mercredi à Gao, grande ville du nord, et porté un rude coup à l'application de cet accord.

Les combattants, appartenant à la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg), ou à des groupes armés pro-gouvernementaux, se préparaient pour des patrouilles mixtes prévues par l'accord de paix signé en mai-juin 2015 entre Bamako et ces différents groupes armés.

Ces patrouilles, auxquelles doivent également se joindre des militaires maliens, sont censées préfigurer la refonte d'une armée malienne unitaire.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé un deuil national de trois jours à la suite de cet attentat, le plus meurtrier de l'histoire récente du pays, et son ministre de la Défense, Abdoulaye Idrissa Maïga, devait se rendre mercredi à Gao.

Le bilan provisoire est de "47 morts et plusieurs blessés", a annoncé dans un nouveau bilan en début d'après-midi la télévision publique ORTM, citant des sources officielles.

Un précédent bilan de source hospitalière à Gao faisait état d'au moins 40 morts et 60 blessés.

La Mission de l'ONU au Mali (Minusma) a évoqué dans un communiqué "des dizaines de morts", ainsi que "des dizaines de blessés", précisant que le camp abritait 600 combattants.

Selon une source militaire au sein de la Minusma, "le kamikaze est venu dans un véhicule et s'est fait exploser" vers 08H40 GMT. Les combattants des différents groupes "devaient commencer bientôt une patrouille mixte", a souligné cette source.

Des corps ont été déchiquetés et des membres projetés par l'explosion, très puissante, qui s'est produite pendant une séance d'entraînement des combattants, selon un témoin.

Le véhicule qui a servi à l'attaque était "aux couleurs du MOC" (Mécanisme opérationnel de coordination), chargé d'organiser ces patrouilles, a déclaré à l'AFP le colonel Diarran Koné, de la Direction de l'information et des Relations publiques des armées (Dirpa).

L'assaillant "est rentré seul dans la ville, avant de s'équiper et d'équiper le véhicule pour commettre l'attentat suicide", a indiqué à l'AFP une source de sécurité malienne.

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Attentat à "sens politique"

L'attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, mais les soupçons se tournaient vers les groupes jihadistes, qui avaient déjà perpétré un attentat suicide à la voiture piégée contre l'aéroport de Gao, à quelques centaines de mètres de là, le 29 novembre 2016.

"Ce sont les groupes qui préparent la mise en place des patrouilles mixtes qui sont visés. Il y a un sens politique: empêcher que le processus de paix et de réconciliation se poursuive", a réagi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.

En route le 13 janvier pour un sommet Afrique-France à Bamako, qui a marqué ses adieux au continent, le président français François Hollande avait effectué une visite éclair et symbolique à Gao aux troupes de la force française Barkhane et aux militaires maliens.

Il a condamné l'attentat qui a frappé "les forces regroupées pour participer au processus de patrouilles mixtes dans le nord du pays", réaffirmant dans un communiqué "le plein soutien de la France à la mise en œuvre des accords de paix et de réconciliation au Mali.

La Minusma a dit espérer "que les auteurs de cette attaque odieuse seront rapidement identifiés et traduits en justice".

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir mercredi pour discuter de la situation au Mali.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature de l'accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes, et dont l'application tarde à venir.

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