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Trump menace l'industrie automobile allemande

16/01/2017 08:26 EST | Actualisé 16/01/2017 08:27 EST

Le gouvernement allemand et de puissantes fédérations ont mis en garde lundi le président élu américain Donald Trump contre l'instauration d'une lourde taxe qui menace le secteur automobile, l'un des piliers de la première économie européenne.

Dans un entretien aux quotidiens allemand Bild et britannique Times, Donald Trump a redit vouloir taxer, au titre des droits de douane, les importations aux États-Unis de produits fabriqués au Mexique.

"Je dirais à BMW que s'il veut construire une usine au Mexique pour vendre des voitures aux États-Unis sans une taxe de 35%, il ferait mieux d'oublier", a lancé le milliardaire interrogé sur l'usine que le constructeur de Munich (sud) veut ouvrir en 2019 dans le nord du Mexique.

"L'industrie automobile américaine en sortira moins bonne, plus faible et plus chère", a réagi Sigmar Gabriel, vice-chancelier social-démocrate du gouvernement de coalition d'Angela Merkel, interrogé par Bild.

M. Gabriel, également ministre de l'Économie, a dit espérer que M. Trump, une fois en fonctions, "réalisera à quel point les relations économiques sont diverses". "Nous ne sommes pas en quelque sorte soumis à lui, nous avons également des choses à offrir", a-t-il affirmé.

Par la voix de son président, Matthias Wissmann, la fédération allemande de l'automobile VDA a dit "prendre au sérieux les déclarations" de Donald Trump, même s'il "reste à voir si (elles) seront mises en oeuvre par l'administration américaine" alors que le Congrès aura son mot à dire.

Grâce aux accords de libre-échange nord-américains et à des coûts de production inférieurs, le Mexique est devenu une importante base industrielle pour les constructeurs automobiles vendant aux États-Unis et au Canada. L'allemand Volkswagen comptait par exemple en 2016 parmi les cinq principaux exportateurs de véhicules à partir du Mexique.

En parallèle, les constructeurs allemands ont multiplié leur production de véhicules légers aux États-Unis par quatre depuis 2009.

"Pour les constructeurs allemands, les États-Unis ne sont pas seulement le deuxième marché à l'export mais également un lieu de production important depuis lequel ils livrent le reste du monde", a relevé M. Wissmann. Selon lui, la mise en place de barrières commerciales reviendrait pour les États-Unis à "s'amputer sur le long terme".

BMW n'a pas souhaité répondre directement aux propos M. Trump. La construction de l'usine de San Luis Potosi "se poursuit comme prévu et doit être terminée en 2019", a déclaré à l'AFP un porte-parole. Ce site doit assurer la production de la Série 3 "prévue pour le marché mondial", a précisé le constructeur, sans préciser les pays de destination.

BMW a rappelé sa présence importante aux États-Unis, l'usine américaine de Spartanburg étant son plus grand site de fabrication au monde. "Nous sommes un exportateur net aux États-Unis, où nous produisons et exportons plus de véhicules que nous ne vendons dans le pays, ce qui est évidemment bon pour l'économie", a souligné le porte-parole, parlant du marché américain comme d'une "deuxième maison" pour BMW.

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