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Itinérance: Québec devrait s'inspirer d'Ottawa, dit le RAPSIM

16/01/2017 03:51 EST | Actualisé 16/01/2017 03:51 EST

MONTRÉAL _ Le gouvernement du Québec s'est fait dire de s'inspirer du gouvernement fédéral et de cesser ses mesures d'austérité, lundi, lors du Ralliement de la rentrée en itinérance.

Une centaine de participants, provenant des groupes qui viennent en aide aux personnes itinérantes, ont d'ailleurs bien accueilli le ministre fédéral responsable de ce dossier, Jean-Yves Duclos, à Montréal. Non seulement il les a rencontrés, mais il a répondu à leurs questions.

Lors de son dernier budget, le gouvernement fédéral avait haussé de 50 pour cent les fonds consacrés à la Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance.

Cette somme a permis de donner un coup de pouce à plusieurs projets de lutte contre l'itinérance. À Montréal, par exemple, 230 nouveaux logements sociaux sont en train d'être développés grâce à l'aide reçue, sans compter des centres de jour, des ressources d'hébergement et du travail de rue, a souligné le RAPSIM (Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal).

Et la Ville de Montréal aussi a fait des efforts en la matière, a expliqué au cours d'une entrevue Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM.

"On parle du gouvernement fédéral qui a rétabli _ on espère pour du long terme, mais au moins pour deux ans _ le financement pour différentes réponses dans la lutte à l'itinérance. Effectivement, le gouvernement du Québec est en défaut. On a une bonne politique nationale de lutte à l'itinérance (au Québec), mais les moyens ne sont pas là présentement pour prévenir et réduire l'itinérance", a déploré M. Gaudreau.

Il cite à l'appui de ses critiques la nouvelle politique en matière d'aide sociale, qui fait que les premiers demandeurs seront contraints de participer à certains programmes, sous peine de voir leur chèque être amputé jusqu'à 399 $ par mois.

Il en veut pour preuve également les compressions budgétaires qui ont touché le logement social; 1500 unités ont été financées plutôt que 3000 comme espéré.

Québec a donc été écorché par plusieurs groupes qui ont pris la parole durant les deux heures d'échanges, mais pas Ottawa.

Le ministre Duclos s'est néanmoins fait demander s'il allait prolonger l'entente qui fait que la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) a pu donner deux années de répit aux locataires qui vivent dans certains logements sociaux et qui risquaient de voir la subvention fédérale prendre fin, donc de subir d'importantes hausses de loyer.

Le ministre de la Famille, de l'Enfance et du Développement social n'a toutefois pas pu répondre pour l'instant. Le répit de deux ans a été accordé entre 2016 et 2018, mais pour l'avenir à plus long terme, on ignore encore ce qu'il adviendra.

"Ça va faire partie des annonces qui vont être faites dans les prochains mois", a répondu le ministre, au cours d'une entrevue après ses échanges avec les groupes.

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