POLITIQUE

Cours d'éducation financière: les enseignants demandent un moratoire

16/01/2017 05:18 EST | Actualisé 16/01/2017 05:19 EST

MONTRÉAL _ Le milieu de l'enseignement demande à Québec de mettre les freins dans le dossier du futur cours d'éducation financière, estimant que rien ne justifie l'implantation précipitée, en septembre prochain, que propose le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx.

Les trois plus grands syndicats de l'enseignement, qui représentent quelque 107 000 professeurs du primaire et du secondaire, réclament ainsi un moratoire sur l'implantation de ce cours, s'interrogeant même sur la légalité de la démarche.

Ils font valoir que leurs membres doivent déjà composer, en septembre prochain, avec l'introduction des nouveaux cours d'histoire nationale pour les secondaires 3 et 4. Ils ajoutent que, contrairement à tous les nouveaux cours, celui d'éducation financière n'a fait l'objet d'aucune consultation comme l'exige la procédure légale, qu'on ne sait pas qui a préparé ce nouveau cours ou même ce qu'il contient et qu'on n'a même pas fait de projet pilote pour l'évaluer.

La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) et l'Association provinciale des enseignants du Québec (APEQ) soulignent que plusieurs milieux ont déjà adopté leur grille-matière pour l'an prochain.

De plus, les enseignants n'ont reçu ni matériel pédagogique ni formation pour donner ce nouveau cours.

La présidente de la FSE, Josée Scalabrini, souligne que le milieu n'est pas opposé à l'implantation d'un tel cours, bien au contraire, mais rejette la manière précipitée et unilatérale adoptée par le ministre Proulx.

Mme Scalabrini y voit un symptôme d'un malaise beaucoup plus profond au ministère, soit celui d'une absence complète de vision globale face à la formation et à son ajustement aux réalités d'aujourd'hui.

Elle souligne les nombreux débats entourant le cours d'éthique et culture religieuse, qui est donné à tous les élèves durant la totalité du primaire et du secondaire (à l'exception du secondaire 3) pendant que ceux-ci n'ont aucun cours en éducation sexuelle, en éducation financière ou même en éducation aux médias sociaux et d'information.

Josée Scalabrini estime que ces sujets auraient tous leur place dans la formation des enfants à des degrés et des moments divers de leur parcours scolaire et qu'il serait tout à fait possible de rééquilibrer la grille-matières, mais qu'il faudrait que le ministre accepte de lancer une véritable consultation sur le contenu du programme plutôt que de se concentrer uniquement sur la réussite éducative.

La syndicaliste affirme qu'il est temps de se doter d'une vision d'ensemble afin de stabiliser la formation sur une plus longue période et cesser les modifications constantes du programme à la pièce.

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