POLITIQUE

Couillard s'envole vers Davos sur fonds de populisme et de protectionnisme

15/01/2017 11:14 EST | Actualisé 15/01/2017 11:14 EST
HALLDOR KOLBEINS via Getty Images
Quebec Premier Philippe Couillard delivers a speech during the opening plenary session of the Arctic Circle 2015 Assembly in Reykjavik on October 16, 2015. The conference draws attention to the damage caused by global warming, ahead of major UN talks on climate change in Paris this year. AFP PHOTO / HALLDOR KOLBEINS (Photo credit should read HALLDOR KOLBEINS/AFP/Getty Images)

Le premier ministre Philippe Couillard s'envole cette semaine vers Davos dans le cadre de sa troisième participation au Forum économique mondial, où les échanges risquent d'être teintés par la montée du protectionnisme et des élans de populisme constatés à certains endroits dans le monde.

Dans la foulée de l'élection du milliardaire Donald Trump aux États-Unis et de la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne (UE), les organisateurs de ce rendez-vous annuel international plaident déjà en faveur d'une réforme du capitalisme, ce qui, à leur avis, permettrait de combattre l'attrait du populisme.

Si la délégation québécoise _ qui comprend également la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, et le président-directeur général d'Investissement Québec, Pierre Gabriel Côté _ compte prendre le pouls de l'économie mondiale, elle profitera surtout de son passage dans les alpes suisses pour enchaîner les rencontres en coulisses.

On ignore pour le moment si des annonces à caractère économique sont prévues cette semaine.

"Nous allons à Davos pour rencontrer des gens, faire valoir les atouts du Québec pour créer des emplois chez nous", a dit l'attaché de presse du premier ministre, Harold Fortin, ajoutant que l'atteinte de l'équilibre budgétaire était une carte de visite intéressante puisqu'elle "donnait confiance" aux entreprises étrangères.

L'an dernier, M. Couillard avait notamment annoncé une entente de principe avec la multinationale indienne Tata Steels pour l'expansion de son projet minier à Schefferville, sur la Côte-Nord. Avec un peu de retard, cet investissement avait été confirmé en juillet dernier, après que l'État québécois eut annoncé un engagement de 175 millions $.

"Que le Québec soit sur place, c'est toujours un signal positif", estime le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc.

Les résultats ne sont pas toujours tangibles dans l'immédiat, reconnaît M. Leblanc, mais il est important d'assurer une présence sur le terrain.

Lorsque les annonces n'étaient pas au rendez-vous, M. Couillard a souvent répondu à ses critiques dans le passé en affirmant que les missions à l'étranger ne signifiaient pas nécessairement un déferlement d'annonces.

"Des fois, il peut y avoir du changement au sein des entreprises, affirme le président et chef de la direction de la CCMM. La réactualisation du message, c'est très important."

De leur côté, le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont des attentes peu élevées. Les deux formations politiques estiment que les annonces de projets n'ont pas suivi la cadence des nombreux voyages effectués par M. Couillard à l'étranger.

Au cours de deux entrevues distinctes, les porte-paroles péquiste et caquiste en matière d'économie, Alain Therrien et André Lamontagne, ont souligné que depuis 2014, l'investissement non résidentiel des entreprises avait connu un recul au Québec.

"Le premier ministre s'est promené pas mal et à un certain moment, on est en droit de s'attendre à ce que cela ait une influence sur les investissements, s'est désolé M. Lamontagne. Là, nous sommes sur une pente descendante depuis quelques années."

Une présence canadienne moins imposante

Au niveau fédéral, la délégation comptera un absent de taille, puisque le premier ministre Justin Trudeau a finalement décidé de faire l'impasse sur l'événement, préférant se consacrer à une tournée nationale où se succèdent bains de foule et assemblées publiques. L'an dernier, M. Trudeau, fraîchement élu, avait attiré l'attention en prononçant l'allocution d'ouverture du Forum.

Un contingent de ministres fédéraux participera néanmoins à ce rendez-vous annuel. Il s'agit du ministre des Finances, Bill Morneau, du ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, du nouveau ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, de la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, et de la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna.

Le 47e Forum économique de Davos, qui se déroulera sous le thème du "Leadership réceptif et responsable", devrait être le plus important au chapitre du nombre de participants, avec plus de 3000 en provenance d'une centaine de pays.

En plus de la visite du président chinois Xi Jinping, les États-Unis seront doublement représentés, soit par le vice-président sortant Joe Biden et le secrétaire d'État John Kerry ainsi que par des membres de l'équipe de M. Trump, qui sera assermenté vendredi en tant que 45e président des États-Unis.


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