INTERNATIONAL

Colonisation israélienne: la résolution de l'ONU adoptée, les États-Unis s'abstiennent

23/12/2016 03:02 EST | Actualisé 23/12/2016 03:02 EST
Amir Cohen / Reuters
Cranes are seen at a construction site in the new neighbourhood of Carmei Gat in the southern Israeli city of Kiryat Gat November 1, 2016. Picture taken November 1, 2016. REUTERS/Amir Cohen

Une résolution réclamant l'arrêt de la colonisation israélienne a été adoptée vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU après la décision des États-Unis de ne pas utiliser leur droit de veto.

Les États-Unis se sont abstenus et les 14 autres membres du Conseil de sécurité se sont prononcés en faveur du texte.

Le vote initialement prévu jeudi à New York a eu finalement lieu vendredi à 14 h à la demande de la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Sénégal et le Venezuela, selon des diplomates.

Ces quatre pays se sont impliqués après la volte-face du Caire qui avait proposé mercredi soir la résolution rédigée par les Palestiniens et présentée au nom du groupe arabe à l'ONU. L'Égypte avait ensuite demandé jeudi le report du vote initial, après une intervention du président américain désigné Donald Trump auprès du président Abdel Fattah al-Sissi.

Ce texte qui exhorte Israël à « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est », a déclenché une offensive diplomatique de la part de l'État hébreu qui s'est immédiatement tourné vers son allié américain.

Un texte similaire s'était heurté au veto des États-Unis en 2011, mais cette fois-ci, la position de l'administration sortante de Barack Obama, qui entretient des relations notoirement exécrables avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, faisait l'objet de nombreuses spéculations.

Il est finalement apparu clair aux Israéliens qu'à quelques jours de céder le pouvoir à Donald Trump, dont l'une des promesses de campagne est de reconnaître Jérusalem comme « capitale indivisible » d'Israël, l'équipe Obama n'avait pas l'intention de faire usage de son droit de veto.

« Quand ils ont eu connaissance du fait que (l'administration américaine actuelle) ne mettrait pas son veto à cette résolution, des responsables israéliens ont pris contact avec des membres de l'équipe de transition de M. Trump pour demander l'aide du président désigné », a affirmé vendredi à l'AFP un responsable israélien sous couvert d'anonymat.

Obama et Kerry « derrière » le projet

Donald Trump qui avait très vite plaidé pour un veto américain dans une rare prise de position pour un président désigné, a alors appelé le président Sissi, selon un communiqué de la présidence égyptienne.

« Les deux dirigeants se sont mis d'accord sur l'importance de donner à la nouvelle administration américaine (que dirigera M. Trump à partir du 20 janvier) une chance de gérer tous les aspects de la cause palestinienne pour arriver à un accord complet » sur le dossier, d'après ce communiqué.

Le retournement du président égyptien a surpris, mais il fait suite à de nombreuses preuves d'admiration pour M. Trump de la part de M. Sissi. Cet ancien officier de l'armée avait renversé son prédécesseur islamiste en 2013, un acte condamné par l'actuel président Barack Obama.

Un haut responsable israélien a aussi accusé vendredi Barack Obama et son secrétaire d'État John Kerry d'être à l'origine du projet de résolution égyptien.

« L'administration américaine a secrètement concocté avec les Palestiniens une résolution anti-israélienne radicale, derrière le dos d'Israël, qui encouragerait le terrorisme et les boycottages (...) », a-t-il déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat.

« Le texte que nous avons ne se concentre pas exclusivement sur les colonies. Il condamne également la violence et le terrorisme. Il appelle aussi à éviter toute incitation émanant du côté palestinien, donc c'est un texte équilibré », a cependant jugé l'ambassadeur de la France auprès des Nations unies, François Delattre.

« L'objectif principal que nous avons ici est de préserver et de réaffirmer une solution à deux États » palestinien et israélien qui cohabiteraient dans la paix et la sécurité, a expliqué M. Delattre.

Le projet égyptien considère à ce sujet que la colonisation est « dangereuse pour la viabilité d'une solution à deux États ».

La colonisation est vue comme un frein majeur au processus de paix, les constructions israéliennes étant effectuées sur des terres qui pourraient appartenir à un futur État palestinien.

Les Nations unies la considèrent comme illégale au regard du droit international et ont appelé à plusieurs reprises Israël à y mettre fin. Malgré cela, des responsables onusiens ont constaté une augmentation des constructions ces derniers mois et certains responsables israéliens voient l'élection de Donald Trump comme une opportunité d'étendre la colonisation.