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Les 6 meilleurs romans québécois de 2016

21/12/2016 11:39 EST | Actualisé 21/12/2016 11:39 EST
Gulfiya Mukhamatdinova via Getty Images
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Parce qu’ils sont des auteurs d’exception qui ont réussi à se surpasser ou à se renouveler. Parce que leur talent est à ce point confirmé qu’on serait prêt à dormir dehors, en plein vortex polaire, pour être les premiers à se procurer leurs prochains livres. Et parce qu’ils font partie de ces écrivains, moins nombreux qu’on le croit, qui maîtrisent à la fois le style, la structure narrative et ce je-ne-sais-quoi qui nous chavire le cœur. Ces six hommes et femmes figurent sur notre courte liste de grands crus littéraires de la dernière année.

Géolocaliser l’amour (Éditions de ta mère) – Simon Boulerice

L’écrivain explore la thématique du célibat et de la recherche amoureuse via les téléphones intelligents en évitant la facilité et le déjà-vu qui remplit les pages de beaucoup trop de romans sur le sujet. Il apporte un souffle nouveau. Il expose les travers de son Simon fictif, dans toute son impudeur et son indignité. Il offre un roman par poèmes qui surprend par sa forme, qui génère une succession d’éclats de rire, qui nous met au visage une vérité toute nue et qui est probablement ce qu’il a écrit de mieux à ce jour.

Les hautes montagnes du Portugal (XYZ) – Yann Martel

Loin se s’asseoir sur ses lauriers depuis le succès mondial de L’Histoire de Pi, Yann Martel continue de fouiller les méandres de la spiritualité et de l’âme humaine. Avec son nouveau roman, l’écrivain propose une fresque bâtie sur trois époques, dans laquelle il pose deux questions aux profondeurs insoupçonnées: que nous apporte la foi et que manquons-nous en vivant sans elle? Un livre aussi fin qu’étonnant.

La bête et sa cage (Stanké) – David Goudreault

On avait classé son premier roman, La Bête à sa mère, parmi les six meilleurs titres québécois de 2015 et on se doit de faire de même avec La Bête et sa cage. Pourquoi? Parce que la plume du poète/slameur/écrivain est encore plus raffinée, plus folle et plus libérée. Parce que son jeune toxicomane, tueur d’animaux, raciste, homophobe, franchement malade entre les deux oreilles, mais étrangement attachant, est désormais dans l’aile psychiatrique d’une prison, subjuguant ainsi les truands avec sa logique à deux cennes, ses expressions sans queue ni tête et ses plans abrutis. Et parce que Goudreault est plus qu’une révélation dans l’univers littéraire québécois. Il est là pour rester.

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Autour d’elle (Cheval d’août) – Sophie Bienvenu

Préférant ne pas aller là où elle a déjà excellé, l’auteure à qui l’on doit les romans coups-de-poing Et au pire, on se mariera et Chercher Sam revient à l’assaut avec un roman choral: 20 personnages qui n’ont pratiquement rien en commun, sauf de nous offrir tour à tour une pièce du puzzle prénommé Florence. Une photographe qui fait basculer les cœurs sans ouvrir le sien, une adolescente abandonnée qui a été obligée de se séparer de son propre enfant et une femme charismatique que l’on découvre bribe par bribe, un mot à la fois, sans réaliser que Bienvenu a trouvé toutes les routes, aussi obstruées soient-elles, pour atteindre le cœur de ses lecteurs.

Royal (Éditions de ta mère) – Jean-Philippe Baril-Guérard

Avec sa plume-scalpel qui ne cesse de s’affiner, le comédien, metteur en scène et auteur dissèque l’univers des études en droit, là où tous les moyens sont permis pour performer, se démarquer, éradiquer ses adversaires et se faufiler jusqu’au fil d’arrivée de la course aux stages dans les plus grands cabinets d’avocat. Fils de riche habitué de tout réussir, son personnage principal est confronté à l’effort, à « l’échec » et à une succession d’obstacles douloureux qui font dérailler son esprit vers les caniveaux du mal-être. Si le sujet peut sembler lourd, le résultat est à l’opposé, grâce au style percutant, incisif, rythmé et frontal de l’écrivain.

Vi (Libre Expression) – Kim Thúy

On ne choisit pas l’écrivaine parce qu’elle vend des copies à la tonne, parce qu’elle est généreuse en entrevue ou parce que cela va de soi. On continue d’exprimer notre admiration pour son talent, parce qu’à chacun de ses romans, on découvre la vie autrement, en savourant la dentelle de ses phrases, l’universalité de ses personnages, l’acuité de ses réflexions et la sensibilité qui se dégage de chacun de ses mots. Son petit dernier, Vi, c’est tout cela et plus encore.

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