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Des milliers de personnes évacuées d'Alep (VIDÉO)

19/12/2016 09:15 EST | Actualisé 19/12/2016 09:51 EST

Plus de 5000 personnes ont pu quitter lundi le secteur rebelle assiégé d'Alep avant le vote d'une résolution de l'ONU qui permettrait de superviser ces évacuations, une lueur d'espoir pour des milliers de Syriens menacés par la faim et le froid.

Au total, depuis le début jeudi des évacuations du réduit rebelle dans cette deuxième ville de Syrie, au moins 14 000, dont 4000 insurgés, ont pu quitter le secteur à bord de bus en direction d'autres zones rebelles dans le nord du pays, d'après les estimations de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

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Il reste au moins 7000 personnes dans la poche rebelle Alep-Est, secteur totalement ravagé par quatre ans de guerre entre insurgés et régime de Bachar al-Assad qui l'a finalement reconquis quasi-totalement après une violente offensive d'un mois depuis le 15 novembre.

Les évacuations avaient débuté jeudi après un accord entre la Russie et la Turquie mais avaient été suspendues le lendemain par le régime syrien. Leur reprise n'a pas été officiellement annoncée lundi mais les convois de bus circulaient en continu.

Environ 5000 personnes voyageant à bord de 75 bus ont été transférées lundi hors de la deuxième ville de Syrie vers une ville sous contrôle rebelle dans le nord du pays, a indiqué Ingy Sedky, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

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16h d'attente

Près de 350 personnes avaient déjà été évacuées dimanche soir vers cette même localité de Khan al-Assal, d'après M. Dbis.

"Nous continuerons toute la journée, et aussi longtemps qu'il le faudra, à évacuer ces milliers (de personnes) qui attendent encore", a dit à l'AFP Mme Sedky.

Ahmad al-Dbis, chef d'une unité de médecins et de volontaires qui coordonnent les évacuations à Khan al-Assal, a expliqué avoir vu lundi dès l'aube des familles emmitouflées dans plusieurs couches de manteaux descendre des bus et se rassembler à même le sol sur un terrain sale, pendant que des travailleurs humanitaires distribuaient des bouteilles d'eau.

Ces gens "avaient dû attendre plus de 16 heures" à un check-point du régime sans pouvoir sortir des véhicules, a-t-il indiqué. "Ils n'avaient pas mangé, n'avaient rien à boire, les enfants avaient pris froid et ils n'avaient pas même pu aller aux toilettes".

"Les gens que nous accueillons ont vécu l'enfer, le niveau de traumatisme qu'ils ont subi est impossible à décrire ou à comprendre", a expliqué à l'AFP Casey Harrity de l'ONG internationale Mercy Corps.

Violente offensive

Parmi les personnes évacuées lundi d'Alep se trouve la jeune Bana al-Abed, 7 ans, devenue célèbre pour ses tweets - suivis par plus de 300 000 personnes- sur l'enfer quotidien d'Alep.

D'après l'ONG turque IHH, la jeune fille et sa famille devraient être accueillies dans un camp de déplacés de la province d'Idleb (nord-ouest), contrôlée en quasi-totalité par les insurgés et voisine de celle l'Alep.

Parallèlement aux évacuations de lundi matin, 500 personnes ont pu quitter deux localités chiites prorégime assiégées par les rebelles dans la province d'Idleb, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Le régime de Bachar al-Assad est parvenu à reconquérir la quasi totalité du secteur que les rebelles contrôlaient depuis 2012 dans cette ville après une violente offensive aérienne et terrestre d'un mois, doublée d'un siège hermétique depuis juillet.

Une fois les évacuations terminées à Alep, le régime syrien devrait proclamer la reprise totale de la ville, signant sa plus importante victoire dans la guerre sanglante qui déchire le pays depuis 2011 et a fait plus de 310 000 morts.

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