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Alep: le Conseil de sécurité vote à l'unanimité l'envoi d'observateurs

19/12/2016 09:48 EST | Actualisé 19/12/2016 11:46 EST

Le Conseil de sécurité a décidé lundi à l'unanimité, y compris la Russie, principale alliée de la Syrie, de déployer rapidement des observateurs onusiens à Alep-Est pour y superviser les évacuations et évaluer la situation des civils.

L'adoption de cette résolution, proposée par la France, marque le premier signe d'unité depuis des mois entre les grandes puissances mondiales aux prises avec un conflit qui a déjà fait plus de 310 000 morts depuis mars 2011.

La résolution française demande au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon de faire déployer rapidement à Alep-Est le personnel humanitaire de l'ONU déjà présent en Syrie "pour une surveillance adéquate, neutre et une observation directe" de "l'évacuation des parties assiégées".

Ban Ki-moon devra indiquer au Conseil sous cinq jours si l'accès a été autorisé par les autorités syriennes, qui ont bloqué à plusieurs reprises par le passé l'aide de l'ONU.

"Nous serons extrêmement vigilants", a déclaré à la presse l'ambassadeur français auprès des Nations unies, François Delattre. "C'est un point de départ".

Avec cette "résolution humanitaire", l'objectif de la France est "d'éviter un nouveau Srebrenica", ville de Bosnie où fut commis en 1995 le pire massacre en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, avait-il dit avant son adoption.

Le président français François Hollande a salué l'adoption d'un texte qui "doit permettre le plein respect du droit international humanitaire en Syrie après tant de manoeuvres dilatoires et d'obstruction".

L'ambassadrice des Etats-Unis Samantha Power a précisé que 118 employés de l'ONU se trouvaient actuellement à Alep-Ouest et pourraient donc être déployés rapidement à l'est. "Notre objectif, c'est immédiatement", a-t-elle répondu concernant l'échéance du déploiement.

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Alep, "nettoyée ce soir"

La Russie avait menacé de mettre son veto à une première proposition de résolution soumise par la France. Après presque quatre heures de consultations dimanche, un compromis a finalement été trouvé.

Moscou a tenu au courant le régime syrien tout au long de ces négociations.

"Nous sommes restés en contact avec nos collègues syriens pendant tout ce temps pour qu'ils soient informés du déroulement du processus et ils n'ont pas soulevé d'objections sérieuses à ce que nous avons présenté", a dit l'ambassadeur russe aux Nations unies Vitali Tchourkine.

La Russie a bloqué à six reprises des projets de résolution occidentaux sur la Syrie depuis le début du conflit.

L'adoption de cette résolution pourrait donc marquer un tournant du côté de la Russie. "Nous avons besoin de ce changement", a remarqué l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft. "C'est la politique de la Russie qui a empêché au Conseil de présenter l'unité nécessaire pour fixer le cap vers la fin de ce conflit".

L'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar Jaafari a pour sa part accusé les puissances occidentales de vouloir aider à Alep-Est ce qu'il a qualifié d'espions étrangers.

"Le principal objectif était de trouver comment secourir ces terroristes étrangers et agents secrets", a-t-il dit à la presse. "C'est pour ça qu'on a vu une initiative hystérique au Conseil ces derniers jours".

Il a toutefois assuré que son gouvernement respecterait la résolution, niant tout blocage par le passé de l'accès par des représentants de l'ONU.

"Les derniers terroristes dans certaines zones de la partie est d'Alep sont en train d'évacuer leurs bastions", a-t-il déclaré. "Alep sera nettoyée ce soir".

Depuis le début jeudi des évacuations de ce quartier de la deuxième ville de Syrie, au moins 14 000 personnes, dont 4 000 insurgés, ont pu partir à bord de bus en direction d'autres zones rebelles dans le nord du pays, d'après les estimations de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

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