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Tunisie: nouveaux témoignages des victimes de la dictature

17/12/2016 09:22 EST | Actualisé 17/12/2016 09:22 EST
FETHI BELAID via Getty Images
Women react as relatives of abuse victims watch a live broadcast of testimonials by abuse victims before the Truth and Dignity Commission in Tunis on December 16, 2016. Victims of murder, rape and torture under successive dictatorships started testifying on live television as Tunisia -- in a rare move for the Arab world -- tries to deal with decades of abuse. The Truth and Dignity Commission (IVD) has tracked human rights violations committed between July 1955, a year before Tunisia gained its independence from France, and December 2013 when the fact-finding body was established. / AFP / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

Des victimes de la dictature en Tunisie ont apporté un témoignage poignant samedi au deuxième jour des auditions publiques qui coïncide avec le sixième anniversaire du soulèvement populaire ayant chassé le président Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir.

Ces auditions, retransmises en direct sur la chaîne Watanya 1 ont commencé par le récit de trois parents des victimes des forces de l'ordre lors de la révolution déclenchée à la suite de l'immolation par le feu du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid, au centre-ouest défavorisé de la Tunisie.

La veille, elles ont été notamment consacrées aux victimes de la torture dans les prisons de l'ancien régime.

Mohamed Jabli a été tué le 9 janvier 2011 par balle à l'âge de 31 ans à Regueb, près de Sidi Bouzid, et Yakine Kermazi est morte alors qu'elle n'avait que sept mois à Kasserine le 8 janvier en raison de l'usage excessif par les forces de sécurité de gaz lacrymogène pour disperser des foules en colère dans cette région.

"Je suis encore en deuil! Je veux avoir les droits de mon fils et de tous les martyrs de la révolution", a déploré dans son témoignage Souad, la mère de Mohamed.

Selon la mère de Yakine, sa fille n'a pas pu être sauvée à l'hôpital de Kasserine, faute d'équipements, parce que cette ville "est marginalisée, Kasserine est détestée (par la classe politique) depuis le règne de Ben Ali", s'emporte-t-elle.

En janvier 2016, c'est de Kasserine qu'est parti le plus important mouvement de contestation sociale depuis la chute de Ben Ali le 14 janvier 2011 et sa fuite en Arabie Saoudite.

Ces auditions publiques de victimes s'inscrivent dans un travail de mémoire rendu possible par la révolution ayant fait plus que 300 "martyrs", selon un bilan officiel.

Elles sont organisées par l'Instance Vérité et Dignité (IVD), créée fin 2013 pour faire la lumière, en cinq ans maximum, sur les multiples violations des droits de l'Homme de ces dernières décennies.

De premiers témoignages ont été entendus les 17 et 18 novembre et d'autres seront programmés durant l'année 2017.

Créée durant la transition démocratique née de la révolution de 2011, point de départ du printemps arabe, l'IVD, une instance autonome, est chargée aussi de réhabiliter les victimes et de leur octroyer réparation.

La période sur laquelle elle enquête s'étend de juillet 1955 à fin 2013.

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