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L'application mobile pour le voyage québécoise Hopper vise l'international et lève 82 millions $

15/12/2016 08:58 EST | Actualisé 15/12/2016 08:58 EST

De plus en plus populaire auprès des voyageurs qui veulent acheter leurs billets d'avion au meilleur prix possible, l'entreprise québécoise Hopper compte accélérer son développement à l'international et triplera son effectif au cours de la prochaine année, le faisant passer à plus de 120 employés.

Contrairement à des géants comme Expedia et Priceline, qui ont une forte présence sur le web, Hopper a séduit les voyageurs en proposant uniquement une application mobile. Par l'entremise d'algorithmes et de l'analyse de données massives, la société se targue d'être capable de prévoir le prix des billets d'avion jusqu'à un an à l'avance avec une précision de 95 pour cent.

"Il y a une sorte d'angoisse qui entoure l'achat des billets d'avion", explique le chef de la direction et cofondateur de Hopper, Frédéric Lalonde, en entrevue téléphonique depuis New York.

hopper

Dépendamment des prix au terme d'une recherche, Hopper suggère aux voyageurs soit de procéder à l'achat ou d'attendre pour obtenir un meilleur prix. L'application effectue un suivi de la recherche et prévient l'utilisateur en lui envoyant des alertes au moment opportun pour lui suggérer quand procéder à la transaction.

Pour accélérer sa croissance, l'entreprise, dont le siège social se trouve à Montréal, vient de compléter une nouvelle ronde de financement de 82 millions $ auprès d'actionnaires actuels de l'entreprise ainsi que de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui injecte 40 millions $ du montant.

"L'entreprise a un avantage concurrentiel sur les autres joueurs du secteur, qui sont surtout présents en ligne, explique le directeur principal, Fonds et Technologies, de la Caisse, Thomas Birch, au cours d'un entretien téléphonique. C'est une application qui vise les milléniaux (sic) âgés de 18 à 35 ans."

Primée notamment par Google et Apple, Hopper est la deuxième application de voyage la plus populaire aux États-Unis, selon M. Lalonde, et elle compte 10 millions d'utilisateurs depuis son lancement, il y'a 18 mois. D'ici la fin de 2017, celui-ci espère multiplier de trois à cinq fois le nombre d'utilisateurs.

Quotidiennement, Hopper dit agir comme intermédiaire pour 1 million $ de billets d'avion vendus dans 126 pays. L'entreprise prévoit ajouter une vingtaine de pays en Europe, en Amérique du Sud ainsi qu'en Asie.

"Il y a un investissement à faire dans l'infrastructure d'analyse de données pour asseoir notre croissance, mais il faut également ouvrir des agences locales dans des pays où nos ventes sont élevées, explique M. Lalonde. La statistique la plus surprenante, c'est que le quart de nos ventes sont pour des billets dont le point d'origine est à l'extérieur des États-Unis."

Hopper tire ses revenus principalement grâce à des compensations versées par des compagnies aériennes ainsi qu'un prélèvement de 5 $ sur chaque billet d'avion vendu.

"L'application ajoute tellement de valeur que les gens épargnent en moyenne 50 $ par billet, explique le dirigeant de l'entreprise. Les consommateurs sont très heureux de payer le 5 $."

Pour l'instant, M. Lalonde écarte le scénario d'une acquisition pour Hopper. Il n'exclut toutefois pas une percée du côté de l'hébergement, ce qui, selon lui, est compatible avec le modèle d'affaires actuel. Par ailleurs, il n'est pas question de lancer un site internet pour imiter les grands joueurs du secteur.

Actuellement, les 40 employés de l'entreprise sont répartis entre Montréal et Boston, où Hopper s'est installée en 2012 pour être à proximité du Massachusetts Institute of Technology afin de profiter de ce bassin d'expertise.

"Le gros de la croissance va probablement se faire à Montréal, précise M. Lalonde. Toute notre infrastructure de données se trouve dans la métropole. D'ici un an, le nombre d'employés devrait croître de façon plus marquée."

Hopper vient par ailleurs de doubler la superficie de ses bureaux situés dans le Mile-End et prévoit ajouter entre 10 000 et 15 000 pieds carrés supplémentaires au cours des deux prochaines années, affirme son grand patron.

L'entreprise compte également Investissement Québec, Brightspark Ventures, Accomplice, OMERS Ventures et BDC Ventures parmi ses actionnaires.

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