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Donald Trump nomme le PDG d'ExxonMobil, Rex Tillerson, comme secrétaire d'État (VIDÉO)

13/12/2016 05:57 EST | Actualisé 13/12/2016 05:57 EST

Le président élu américain Donald Trump a nommé mardi à la tête de sa diplomatie, Rex Tillerson, le PDG du géant pétrolier ExxonMobil, qui a des liens étroits avec la Russie, selon un communiqué officiel.

M. Tillerson, 64 ans, qui connaît personnellement le président russe Vladimir Poutine, devrait être chargé de normaliser les relations avec la Russie, mises à mal par l’annexion de la Crimée et le différend entre Washington et Moscou sur la guerre en Syrie.

"Je ne peux imaginer une personne mieux préparée et aussi dévouée, pour servir en tant que secrétaire d'Etat à ce moment crucial de notre histoire", a déclaré M. Trump, cité dans le communiqué.

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"M. Tillerson sait comment gérer une organisation de dimension mondiale et comment s'orienter dans l'architecture complexe des affaires du monde et de différents dirigeants étrangers", souligne le communiqué, justifiant le choix inhabituel d'un homme d'affaires de l'envergure de M. Tillerson, pour ce poste.

"En tant que secrétaire d'Etat, il sera un avocat ferme et lucide des intérêts nationaux vitaux de l'Amérique et il aidera à changer des années de mauvaise politique étrangère et d'actions qui ont affaibli la sécurité et la place de l'Amérique dans le monde", poursuit le communiqué.

La confirmation de la nomination risque d’être compliquée au Congrès par les liens de M. Tillerson avec la Russie, accusée par la CIA d’avoir interféré dans l’élection américaine en faveur du milliardaire.

'Un ami de Vladimir'

Tillerson est loin de faire l'unanimité, y compris dans son camp: "Cet homme (NDLR: Poutine) est un voyou et un assassin, je ne vois pas comment on peut être l'ami d'un ancien agent du KGB", a lancé le sénateur républicain John McCain sur CNN.

"Etre un ami de Vladimir n'est pas une caractéristique que j'espère chez un secrétaire d'Etat", a commenté son collègue Marco Rubio.

Deux prises de position qui n'augurent pas d'un vote aisé au Sénat, qui devra confirmer cette nomination, ce qui requerra le concours de la plupart des républicains.

Or le Congrès, à majorité républicaine, va bien enquêter sur les cyberattaques et les interférences russes dans l'élection américaine, accentuant la pression contre Moscou alors même que Donald Trump tente de s'en rapprocher.

La CIA a conclu dans un rapport secret révélé vendredi par le Washington Post que la Russie était intervenue par ses cyberattaques dans la campagne électorale pour aider Donald Trump à être élu, et non dans le but plus général de troubler le bon déroulement de l'élection.

Mais le successeur de Barack Obama, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a rejeté cette conclusion. "A moins que vous ne preniez les hackers en flagrant délit, il est très difficile de déterminer qui a piraté", a-t-il écrit lundi sur Twitter.

En octobre, les services de renseignement américains avaient collectivement accusé la Russie d'avoir piraté des partis politiques afin d'interférer dans le processus électoral.

"Les Russes ne sont pas nos amis", a déclaré le chef de la majorité du Sénat, Mitch McConnell, lors d'une conférence de presse.

Premier avertissement chinois

"Toute intervention étrangère dans nos élections est entièrement inacceptable. Et toute intervention de la Russie est particulièrement problématique car, sous le président Poutine, la Russie a été un agresseur, constamment en train de saper les intérêts américains", a renchéri Paul Ryan, président de la Chambre des représentants.

Mais ces stratèges semblent réticents à l'idée de bouleverser le programme du prochain Congrès.

Ils s'en sont donc remis aux discrètes commissions du Renseignement, compétentes en la matière, Paul Ryan soulignant que la commission de la Chambre enquêtait déjà sur les menaces étrangères de cyberattaques.

Le secrétaire d'Etat retenu par M. Trump aura un autre sujet brûlant à traiter dès son entrée en fonction le 20 janvier: les relations avec la Chine.

Depuis le début du mois, Donald Trump a en effet multiplié les déclarations embarrassantes pour Pékin, qui avait pourtant semblé accueillir avec bienveillance son élection le 8 novembre.

Le régime chinois a lancé un premier avertissement lundi, au nom de la défense de ce "principe de la Chine unique" que Donald Trump avait menacé dimanche de jeter aux orties.

Par ailleurs, dans un tweet lundi soir, Donald Trump a annoncé, au sujet de ses affaires, que "deux de (ses) enfants, Don et Eric, avec des hauts cadres, les gèreront", assurant: "aucun nouveau contrat ne sera signé durant mon ou mes mandats".

"Je ferai une conférence de presse prochainement pour discuter des affaires, des choix des membres du gouvernement, et de tout autre sujet d'intérêt", a-t-il également tweeté.

Le milliardaire populiste devait initialement tenir une grande conférence de presse jeudi pour préciser comment il compte cesser de gérer son immense empire immobilier international afin d'éviter tout conflit d'intérêt durant son mandat.

Sur CNN, sa conseillère Kellyanne Conway a expliqué le report de la conférence de presse par la grande "complexité" et l'"intrication" des intérêts économiques de Trump.

"C'est tout simplement un homme qui a eu un succès incroyable et détient des avoirs à travers la planète", a-elle dit.

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