POLITIQUE

Clauses «orphelin» : Québec déçoit les groupes jeunesse

12/12/2016 09:42 EST | Actualisé 12/12/2016 09:43 EST
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Philippe Couillard, premier of Quebec, pauses while speaking during the International Economic Forum of the Americas in Montreal, Quebec, Canada, on Monday, June 13, 2016. The conference promotes free discussion on major current economic issues and facilitates meetings between world leaders to encourage international discourse by bringing together Heads of State, the private sector, international organizations and civil society. Photographer: Brent Lewin/Bloomberg via Getty Images

Lors du dévoilement détaillé de sa Stratégie d'action jeunesse lundi à Québec, le gouvernement libéral a annoncé la mise sur pied d'une étude sur la question des clauses de disparité entre les jeunes et les plus vieux travailleurs. Mais c'est trop peu aux dires de plusieurs.

Un texte de Mathieu Dion

En octobre, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec et Force Jeunesse avaient uni leurs voix pour demander au gouvernement d’élargir l’interdiction des clauses dites « orphelin » aux avantages sociaux, dont les régimes de retraite et les assurances collectives.

La Loi sur les normes du travail interdit depuis 2001 les disparités de traitement en fonction de la date d’embauche.

Pendant les cinq prochaines années de la stratégie jeunesse, il n'y aura qu'une analyse du problème des disparités de traitement dans les conventions collectives et les contrats de régime de retraite.

«Il y a beaucoup de notions qui sont colportées et répétées qui ne correspondent pas à la réalité. Il faut bien faire le portrait de cette affaire-là.»

- Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Le comité sur cette question sera dirigé par le député de Pontiac et adjoint parlementaire du ministre des Finances, André Fortin.

Déception dans le camp de la relève

À la suite de l’annonce, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la FTQ ont fait part de leur surprise à l’égard d’une telle analyse, estimant que de nombreuses études existent déjà et qu’il est plutôt temps de passer à l’action.

«Il n’y a aucun mordant. […] Ce qu’ils vont faire en réalité, c’est d’asseoir des acteurs autour d’une table pour revoir des données qu’on possède déjà.»

- Alexandre Roy, membre du Comité national des jeunes de la CSN

Du côté de Force Jeunesse, qui milite pour l’amélioration des conditions et perspectives d’emploi chez les jeunes, une certaine impatience se fait sentir. « On veut des mesures fortes, fait savoir la présidente Nolywé Delannon. […] On ne peut pas se satisfaire d’une documentation. »

La Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec a aussi appelé le gouvernement à changer rapidement la loi. « On a bon espoir que le gouvernement va agir, mais je ne pense pas que la stratégie jeunesse soit le meilleur vecteur pour y arriver », a ajouté le président Jonathan Marleau, rappelant que les clauses de disparité ne touchent pas seulement les jeunes, mais l’ensemble des nouveaux travailleurs.

200 millions de dollars sur cinq ans

La Stratégie d’action jeunesse 2016-2021 découle dans les faits d'une politique annoncée au mois de mars. Le gouvernement Couillard s’engage à investir 200 millions de dollars sur cinq ans dans le cadre de cette initiative, qui vise les Québécois âgés de 15 à 29 ans.

La promesse d’une analyse sur les clauses de disparité fait partie d’un total de 90 engagements déclinés en cinq axes : santé, éducation, citoyenneté, emploi et entrepreneuriat. Parmi les autres mesures sur lesquelles a insisté le premier ministre Philippe Couillard lundi, il y a la création d’une chaire de recherche sur la jeunesse et la réservation de places aux jeunes au sein des conseils d’administration des sociétés d’État.

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