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Nigeria: deux fillettes se font exploser dans un marché

11/12/2016 03:10 EST | Actualisé 11/12/2016 03:10 EST
Afolabi Sotunde / Reuters
#Bring Back Our Girls (BBOG) campaigners and parents of abducted Chibok girls denied access by police to see President Muhammadu Buhari take part in a rally in Abuja, Nigeria August 25, 2016. REUTERS/Afolabi Sotunde

Deux fillettes se sont fait exploser dimanche matin dans un marché très fréquenté de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, faisant au moins un mort et 18 blessés, selon un bilan officiel.

Le gouverneur de l'Etat du Borno, Kashim Shettima, s'est rendu à l'hôpital où ont été conduits les blessés et a affirmé aux journalistes présents que ce double attentat suicide avait fait un mort et 18 blessés.

"Nous n'avons perdu qu'une seule âme, environ 18 personnes ont subi des blessures (...), mais nous ne voulons pas perdre une seule personne", a déclaré M. Shettima.

Le gouverneur a également assuré qu'il rencontrerait "les agents de sécurité, les responsables des marchés et bien sûr les forces opérationnelles civiles (milices d'auto-défense, ndlr) pour rédiger une feuille de route afin de renforcer réellement la sécurité sur les marchés (...)".

Selon Abdulkarim Jabo, un membre des milices civiles de la capitale du Borno qui était présent sur le lieu de l'attentat, les kamikazes devaient avoir "7 ou 8 ans".

"Les fillettes sont descendues d'un pousse-pousse et sont passées devant moi sans trahir une quelconque émotion", a-t-il raconté à l'AFP.

"J'ai essayé de parler à l'une d'elle en haoussa et en anglais, mais elle n'a pas répondu. Je pensais qu'elles cherchaient leur mère", a rapporté M. Jabo. "Elle s'est dirigée vers des vendeurs de volailles et a déclenché sa ceinture d'explosifs".

La deuxième explosion a été déclenchée alors que des vendeurs du marché apportaient de l'aide aux blessés.

"Nous avons évacué 17 personnes, avec différents degrés de blessures", a indiqué Bello Dambatta, de l'agence locale de gestion des urgences (Sema). "Les corps mutilés des deux kamikazes ont aussi été évacués".

Ce double attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat mais le procédé utilisé est celui du groupe jihadiste nigérian Boko Haram, qui a souvent eu recours à des femmes et des jeunes filles pour perpétrer des attaques contre la population.

Vendredi, au moins 45 personnes ont été tuées et 33 blessées dans un double attentat suicide mené par deux femmes dans un marché de Madagali (Etat d'Adamawa), ville proche de la forêt de Sambisa, un des bastions de Boko Haram.

Boko Haram a déjà eu recours à des enfants pour mener des attentats-suicide, en février 2015 dans la ville de Potiskum (Etat de Yobe) et dans une double attaque manquée en juillet 2014 à Funtua (Etat de Katsina, nord-ouest).

Les kamikazes étaient âgées respectivement de 8, 10 et 18 ans.

Kidnappings massifs

Selon les ONG de défense des droits de l'Homme, plusieurs milliers de femmes et de jeunes filles ont été enlevées depuis le début de l'insurrection armée de Boko Haram en 2009. Les 219 lycéennes de Chibok, enlevées en avril 2014, sont devenues le symbole de ces kidnappings massifs.

Boko Haram en fait des esclaves sexuelles ou des bombes humaines, tandis que les garçons et les hommes sont enrôlés de force.

Human Rights Watch a révélé début août que 10.000 jeunes garçons, "parfois même de 5 ans", étaient toujours portés disparus. En novembre 2014, 300 enfants ont ainsi été enlevés à leurs parents dans la ville de Damasak, dans l'Etat du Borno.

Le nord-est du Nigeria connaît une recrudescence d'attaques ces dernières semaines, notamment dans la grande ville de Maiduguri, berceau historique de Boko Haram, qui était relativement protégée depuis plusieurs mois, alors que le président Muhammadu Buhari a affirmé cette semaine en avoir "bientôt fini" avec le groupe jihadiste, lors du Sommet régional pour la sécurité à Dakar.

En octobre, 17 personnes ont trouvé la mort dans deux attentats-suicide perpétrés également par des femmes kamikazes, dans une gare routière proche d'un camp de déplacés.

La guérilla de Boko Haram, secte salafiste extrémiste transformée en mouvement jihadiste, et sa répression féroce par les forces de sécurité, ont fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009, selon les estimations.


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