POLITIQUE

Rencontre des premiers ministres sur la santé et l'environnement : Brad Wall jouera les trouble-fête

09/12/2016 10:25 EST | Actualisé 09/12/2016 11:25 EST

Sans surprise, le premier ministre de la Saskatchewan arrive à la rencontre des premiers ministres du pays à Ottawa en annonçant qu'il n'a aucune intention de signer une entente pour lutter contre les changements climatiques.

Brad Wall en a contre ce qu'il appelle la taxe sur le carbone. Justin Trudeau a annoncé un prix plancher de 10 $ la tonne de CO2 dès 2018, prix qui grimpera de 10 $ chaque année pour atteindre 50 $ en 2022.

Vendredi, à Ottawa, la rencontre fédérale-provinciale sur le climat devrait aboutir sur un document d'une trentaine de pages, qui résumera les actions prises jusqu'à présent pour lutter contre les changements climatiques, tout en proposant quelques nouvelles mesures.

Le premier ministre Wall ne veut pas adhérer à pareil document. Il menace plutôt de traîner le gouvernement fédéral en cour lorsque celui-ci imposera un prix pour le carbone aux provinces qui n'en auront pas déjà fixé un d'elles-mêmes.

"Nous ne signerons pas", a-t-il tranché. "Nous allons examiner nos options légales et nous croyons qu'elles sont bonnes", a-t-il menacé.

Il reproche à Ottawa de ne pas avoir évalué l'impact économique d'un prix sur le carbone. Il pointe vers l'élection de Donald Trump, de son choix d'un climatosceptique à la tête de l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis, et y trouve la raison de ralentir la cadence au Canada.

"Les efforts d'énergie propre de l'administration Obama, à travers l'agence, c'est fini", a-t-il prédit. "Qu'allons-nous faire pour être compétitifs?", s'est-il exclamé, espérant qu'il convaincra M. Trudeau de ne pas "se précipiter".

Moins bagarreurs, mais tout aussi déterminés à propos d'un autre enjeu - les transferts en santé -, ses collègues des autres provinces doutent qu'on en arrive à une entente dans ce dossier-là au bout des deux heures de dîner qui y sont réservées.

Ce qui n'empêche pas le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, d'insister sur l'urgence de ce dossier.

"J'espère utiliser l'occasion pour m'assurer qu'on recommence à parler de santé, très rapidement. C'est la priorité numéro un des Canadiens", a-t-il lancé à son arrivée à l'hôtel où lui et ses collègues des provinces se sont réunis vendredi matin pour parler de santé, avant de rejoindre le premier ministre Trudeau pour la rencontre fédérale-provinciale.

Son homologue de l'Île-du-Prince-Édouard, lui, voudrait qu'Ottawa tienne compte de l'âge moyen de la population d'une province - le sien est six ans plus élevé que celui des provinces de l'ouest - pour fixer les sommes d'argent à transférer.

"Ce sont des coûts réels et il faut y répondre cette année", a dit Wade MacLauchlan.

Le plus conciliateur du groupe, Brian Gallant du Nouveau-Brunswick, n'est pas fermé à l'imposition de certaines conditions. Ce qu'il veut, c'est de l'argent.

"Ça ne nous dérange pas si cet appui (financier) provient d'un transfert en santé ou d'un programme pour les aînés ou, peut-être, pour un projet-pilote pour la province du Nouveau-Brunswick", a-t-il dit, s'inquiétant, lui aussi, de la population vieillissante de sa province.

La première ministre de Colombie-Britannique s'est faite réaliste. "Deux heures au dîner, ce ne sera probablement pas assez de temps pour régler la question de la santé", a-t-elle jugé.

Sa collègue ontarienne, elle, s'est montrée optimiste même pour l'épineux dossier des changements climatiques.

"Je suis une éternelle optimiste. Je vais participer à ces conversations en espérant que nous y arriverons. Il faut reconnaître que nous avons deux questions de grande importance sur la table et nous devons aller de l'avant dans les deux dossiers", a dit Kathleen Wynne, avant de quitter l'hôtel d'Ottawa pour rejoindre M. Trudeau, ses homologues des provinces et des leaders autochtones, pour la première partie de la renconte fédérale provinciale.

Ce sera la troisième fois que M. Trudeau rencontrera ses homologues des provinces et territoires depuis que son gouvernement a été élu à Ottawa. Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, n'arrivera cette fois qu'en fin de journée à la réunion. Il doit y prendre part, par téléphone, avant d'y être en personne.

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