NOUVELLES

Une nouvelle exécution «ratée» aux Etats-Unis

09/12/2016 05:49 EST | Actualisé 09/12/2016 05:49 EST
ASSOCIATED PRESS
FILE - This Oct. 9, 2014, file photo shows the gurney in the the execution chamber at the Oklahoma State Penitentiary in McAlester, Okla. The board that governs Oklahoma's prison system has put off approving new execution procedures, ensuring at least a two-year delay in lethal injections in a state that once had one of the busiest death chambers in the country, Tuesday, Sept. 13, 2016. (AP Photo/Sue Ogrocki, File)

Un condamné à mort dans l'État américain de l'Alabama a suffoqué et fait des convulsions pendant 13 minutes lors de son exécution jeudi soir, selon des témoins, cette affaire relançant la controverse sur l'efficacité des injections létales.

Ronald Smith, 45 ans, a été exécuté après avoir passé 21 années dans le couloir de la mort, ayant été reconnu coupable du meurtre de l'employé d'une supérette en 1994.

Durant son exécution par injection létale, qui a duré 34 minutes, le prisonnier a émis des râles et fait des convulsions pendant 13 minutes, a rapporté un journaliste d'Al.com, témoin de la scène.

Le condamné a été déclaré mort à 23H05, selon un porte-parole de l'administration pénitentiaire locale.

Les États américains où la peine de mort est en vigueur font face à une pénurie des substances utilisées dans les injections létales, alimentées par le refus de firmes pharmaceutiques, pour la plupart européennes, d'approvisionner les prisons.

Dans ce contexte de carence, divers États, dont l'Alabama, ont adopté pour leurs injections létales un protocole réunissant trois substances, l'une endormant le prisonnier, l'autre paralysant ses muscles et la troisième arrêtant son coeur.

L'Alabama utilise comme première substance le midazolam, un produit très critiqué, car étant un anxiolytique et non un anesthésiant.

Les dernières paroles de Ronald Smith ont été: "Non, madame", quand on lui a demandé s'il avait une ultime déclaration à faire.

Toutefois, ses lèvres ont continué à bouger avant et après l'administration du midazolam et il a également serré le poing après la première injection, a précisé Kent Faulk, un reporter témoin de l'exécution.

"Par moment son oeil gauche s'est entrouvert", a-t-il également relaté.

Contactées par l'AFP, les autorités pénitentiaires de l'Alabama n'ont pas immédiatement donné suite pour confirmer ces faits.

"Une autopsie sera pratiquée sur le corps de M. Smith", a déclaré de son côté jeudi soir Jefferson Dunn, un responsable de l'administration pénitentiaire de l'État, en précisant que d'éventuelles "irrégularités" seraient ainsi mises au jour.

Au moins deux Etats, la Virginie et l'Ohio prévoient de recourir au midazolam en début d'année prochaine, ce qui inquiète les associations militant pour l'abolition de la peine de mort.

Les États-Unis ont connu plusieurs exécutions "ratées" depuis janvier 2014, dont celles de Dennis McGuire, décédé dans l'Ohio après 25 longues minutes qui l'ont vu suffoquer, Clayton Lockett, qui a succombé dans l'Oklahoma au bout de 43 minutes de râles et convulsions, ou Joseph Wood, dont l'agonie a duré deux heures en Arizona.


VOIR AUSSI:


Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter