POLITIQUE

«Rambo» Gauthier s'en prend à «l'establishment» et à l'immigration (VIDÉO)

06/12/2016 11:31 EST

QUÉBEC – Au cours d’une conférence de presse atypique ponctuée de sacres, Bernard «Rambo» Gauthier a officiellement fait le saut en politique provinciale mardi. Le syndicaliste rustre a tiré à boulets rouges sur l’élite et les partis traditionnels, en plus de mettre la population en garde contre les immigrants et les risques d’une «guerre civile».

Bernard Gauthier affirme se lancer en politique avec le parti Pouvoir aux citoyens afin de «redonner le pouvoir au peuple». Une partie de la population est désabusée et ne vote plus, observe-t-il. «Moi, j’ai pas de cravate, pis je fais des fautes d’orthographe, hostie, j’ai pas d’université, chu pas un avocat, chu pas un médecin. Mais je suis un contribuable et un père de famille. Pis, hostie, je le sais que je suis en train de me faire faire l’amour par en arrière, sans autorisation, christ!», a-t-il lancé.

D’entrée de jeu, Bernard Gauthier a dénoncé «l’establishment» et «l’élite financière». «On a des représentants politiques qui ont des abris fiscaux, lance-t-il. Quel message que ça lance à la population?»

«Peut-être que les milliards qui se perdent dans les paradis fiscaux, s’ils étaient redistribués dans la communauté, peut-être qu’on serait pas tant dans la marde que ça, ajoute-t-il. Peut-être qu’y’aurait pas besoin de couper dans les services sociaux, christ, pis dans l’aide sociale.»

«Si on se réveille pas pis qu’on continue à se laisser endormir par ça, ben tantôt il va être trop tard. Y’aura pu grand-chose à faire, dit-il. Ça va peut-être ben se terminer par une guerre civile.»

Malgré son discours anti-élite, Bernard Gauthier se défend de calquer son personnage public sur le président américain désigné, Donald Trump. Il affirme être un homme de gauche et souverainiste, bien que son parti n’ait pas pris position sur la question nationale.

«Peur» des immigrants

Le représentant syndical du Local 791 de la FTQ Côte-Nord dit également craindre les effets de l’immigration au Québec. «Les nouveaux arrivants, faut se rendre à l’évidence : à un moment donné, ça allait bien, là c’est rendu qu’on est en train de l’échapper, dit-il. Et quand je parle d’identité québécoise, ça fait partie de ça. »

Le nouveau politicien assure ne pas être opposé à l’immigration, «mais il faut le faire intelligemment». «Moi, j’en ai des amis, ils sont de toutes les couleurs, de toutes les races, pis je m’entends très bien avec eux autres», assure-t-il. Toutefois, Bernard Gauthier ne propose aucune cible en immigration et admet ne pas connaître le nombre de nouveaux arrivants admis au Québec chaque année.

«Il faut faire l’effort de réfléchir pour prendre soin de nos gens avant de penser à prendre soin des gens qui arrivent de l’extérieur», explique-t-il. Bernard Gauthier souligne que des Québécois sont sans-abri ou «crèvent de faim dans nos régions».

«C’est épeurant, pour les gens des régions, ce qui se passe en ville. Ça nous fait peur, c’est effrayant poursuit-il. On voit ça, les accommodements, les ci pis les ça. On ne sait pas trop si c’est bon ou pas bon, mais c’est effrayant pour nous autres. On en veut pas de ça.»

Bernard Gauthier veut redonner son «identité au Québec», de concert avec les peuples des Premières nations. «Moi, je dis, sans aller trop loin, que tantôt on va avoir besoin d’eux autres, dit-il. Parce que si jamais l’envahisseur est trop envahissant, on n’aura pas le choix de se virer vers les Premières nations.» Il refuse toutefois de préciser qui est cet «envahisseur».

Rambo contre le PQ

Ex-sympathisant du PQ, Bernard Gauthier sera candidat en 2018 contre la péquiste Lorraine Richard dans la circonscription de Duplessis, sur la Côte-Nord. Il estime que la gestion du gouvernement par le PQ depuis Lucien Bouchard «ça a été de l’hostie de marde».

Quant à Lorraine Richard : «On va changer de plante, on va en mettre une vivante», lance le futur candidat.

La principale intéressée a refusé de répondre aux attaques du syndicaliste très populaire dans son coin de pays. «Moi, je continue mon travail, dit-elle. Je n’ai aucunement peur de monsieur Bernard Gauthier.»