POLITIQUE

Autochtones : «L'intransigeance» de Kelley pourrait faire capoter la rencontre au sommet

28/11/2016 09:15 EST | Actualisé 28/11/2016 09:15 EST

QUÉBEC – La rencontre au sommet entre le premier ministre Philippe Couillard et le chef de l’Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, pourrait être mise en péril en raison de «l’intransigeance» du ministre Kelley.

La semaine dernière, dans la foulée du rapport Lafontaine, Philippe Couillard a annoncé son intention de rencontrer le chef Picard et d’autres chefs autochtones à son retour du Sommet de la francophonie.

Ghislain Picard a reçu une invitation officielle afin de rencontrer le premier ministre mercredi, mais il pourrait bien la décliner. «Ce qui me porte à hésiter à [accepter] une rencontre, c’est un peu l’intransigeance du ministre responsable des Affaires autochtones [Geoffrey Kelley] qui semble garder le cap pour tout refiler au fédéral, explique-t-il. Qu’est-ce qu’il y aurait à discuter si c’est la position officielle du gouvernement du Québec?»

Le chef Picard perçoit une moins grande ouverture chez le ministre Kelley que de la part du premier ministre. «C’est un peu le constat qu’on se doit de faire actuellement», lance-t-il.

Alors que le Geoffrey Kelley refuse d’envisager une commission indépendante, le premier ministre a évoqué l’idée mardi dernier, avant de l’exclure le lendemain. De la même façon, Philippe Couillard n’a pas hésité à parler de «racisme systémique», alors que Geoffrey Kelley refuse d’utiliser le terme.

Comme de nombreux groupes autochtones et non-autochtones, l’APN réclame une enquête indépendante sur les relations entre les Premières nations et les services policiers à la suite d’allégations de sévices sexuels contre des femmes autochtones de Val-d’Or.

Le gouvernement Couillard s’en remet plutôt à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées initiée par le gouvernement fédéral. Québec propose également de créer une table de concertation pour rétablir les ponts entre les autochtones et les forces policières.

D’ailleurs, Ghislain Picard affirme avoir été «en colère» la semaine dernière, quand le premier ministre a fermé la porte à une enquête indépendante. «Il y a eu un semblant d’ouverture, puis un revirement à 180 degrés le lendemain. On ne peut pas jouer avec les émotions des gens comme ça, dit-il. C’est trop injuste, surtout dans la situation actuelle.»

Le chef Picard a convoqué une douzaine d’autres chefs de la province mardi pour une rencontre spéciale à Québec. Ce sera l’occasion de faire le point sur la situation, alors que plusieurs nouveaux chefs ont été élus au cours de l’été, souligne-t-il.

Mais Ghislain Picard ne s’attend pas à ce que l’APN retire sa demande pour une enquête indépendante. Le consensus demeure fort au sein des chefs. «Pour nous, il n’est pas question pour l’instant de changer de stratégie ou de position, assure-t-il. On garde le cap avec notre demande.»

Le bureau du ministre Kelley n’a pas retourné nos appels lundi soir.

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