DIVERTISSEMENT

Le deuxième album de la vedette montante française Vianney

27/11/2016 06:51 EST | Actualisé 27/11/2016 06:59 EST
Jean-François Cyr

Couronné d’une Victoire de la Musique en 2016 pour son travail d’interprète masculin, Vianney, propose son second album studio. Le titre du disque est éponyme, car il se serait grandement investi sur ce disque. Rencontre.

Le guitariste-chanteur a créé une surprise avec son album Idées blanches, paru en octobre 2014. En Europe, particulièrement en France, il a fait fureur, comme en font foi ses 160 000 exemplaires vendus. En deux ans, il a également livré une myriade de concerts un peu partout, dont chez nous, au Québec. D’ailleurs, il a récemment offert deux spectacles à l’Astral de Montréal, les 27 et 28 octobre.

Toute cette expérience, jumelée au fait que le jeune homme a mûri (il est âgé de 25 ans), devait inévitablement se transposer sur ce nouvel album de 11 morceaux.

Plus abouti au niveau des arrangements et des paroles, le disque Vianney semble le prolongement d’une signature qui a déjà fait sa marque, à savoir des chansons organiques qui mettent en valeur la guitare, les mots et la voix.

Plus personnel

En plus de peaufiner la proposition générale, Vianney tenait à se livrer davantage sur ce disque. «Je n’ai jamais eu l’impression de me cacher auparavant, mais j’avoue que je m’ouvre davantage sur le second album», explique-t-il.

Sur le titre Quand je serai père, par exemple, il s’excuse à l’endroit des générations futures qui auront à vivre sur une Terre fatiguée. Sur Dumbo, il philosophe en évoquant le personnage de Disney. «C’est une métaphore qui parle de l’importance de s’accepter», mentionne Vianney.

Ailleurs aussi, l’auteur partage des pans de sa vie ainsi que certaines visions du monde qui l’entoure. Une autre peine d’amour aurait, entre autres, influencé l’auteur-compositeur-interprète. Il saigne sur la meurtrie Sans le dire, tandis qu’il digère sa peine d’amour sur Je m’en vais.

Les attentats en France

Le Français propose également un texte engagé, L’homme et l’âme, qui traite entre autres des attentats terroristes qui ont terrifié la France.

«Je suis parti du triste événement du Bataclan [survenu le 13 novembre 2015] pour remonter jusqu’au meurtre du père Hamel [le prête auxiliaire Jacques Hamel, 86 ans, a été sauvagement égorgé dans son église située près de Rouen, en juillet 2016]. C’était important pour moi de souligner ces terribles actes. Il faut faire honneur aux victimes et il ne faut juste pas céder devant cette terreur. Au début je n’avais pas grand-chose. Juste une mélodie, puis quelques mots. Puis un jour, j’ai appris que le père Hamel avait été terrassé…»

Par ailleurs, Vianney se fait parfois plus léger dans ses chansons, comme sur l’optimiste morceau à deux tranchants Je m’en fous.

S’investir complètement

Bien qu’il ait travaillé avec plusieurs personnes pour mener à bien ce projet, Vianney affirme qu’il s’est particulièrement investi dans toutes les étapes du processus créatif. «Le titre de l’album s’est imposé de lui-même, car j’y ai mis énormément d’énergie. Je me suis tellement investi sur ce disque, que ce soit à propos des textes, des arrangements [il a réalisé et arrangé l’album en collaboration avec Clément Ducol], de la réalisation et même du graphisme.»

En raison du succès de sa première galette, Vianney a pu faire ce qu’il voulait, ou presque, pour son second opus. «Le premier était plus dense et plus spontané. C’était une première étape. Cette fois, j’ai pu me faire vraiment plaisir. J’ai utilisé de vrais instruments comme les cuivres. J’ai aussi pris le temps de bien travailler les cordes, la batterie et les guitares.»

«J’ai fait presque le trois quart des pianos dans le salon de ma maison en Bretagne, renchérit le chanteur-musicien. Le reste s’est fait dans deux studios à Paris : les studios Saint Germain et les studios Ferber». Les Studios Ferber sont célèbres en France. Plusieurs artistes de renommée internationale, dont Serge Gainsbourg et le groupe Black Sabbath.

L’album, qui sort via le label français Tôt ou tard, a été mixé par le légendaire réalisateur et ingénieur de son, Bob Clearmountain (The Cure, The Rolling Stones, Bruce Springsteen et bien d’autres).

Vianney entamera une nouvelle tournée de spectacles à compter du 25 février, à Lille, dans le nord de la France. Il visitera de nombreuses villes en Europe et fort probablement ailleurs sur notre planète.

La chanson de Vianney pour Céline Dion

Au fil de sa jeune carrière, Vianney a reçu des propositions d’écriture. Durant notre entretien, il mentionne qu’il a notamment écrit pour Julien Clerc, Gérard Lenorman et Joyce Jonathan (un duo est sorti à l’été).

Même s'il reçu d’autres «adorables propositions», il en a refusées plusieurs, afin de pouvoir concentrer ses énergies à la création de son deuxième album. Bien entendu, on ne peut passer sous silence la collaboration de Vianney avec Céline Dion.

«Quand Céline cherche des chansons, tout le monde est au courant à Paris. Pour ma part, c’est un gars en France, un patron de radio, qui m’a laissé savoir. Il m’a dit qu’il pouvait peut-être faire écouter une chanson à Céline Dion. Mais, moi, je n’avais jamais écrit pour un autre artiste. Finalement, j’ai fait un texte (à l’automne dernier), car ça m’excitait. Je me suis rendu compte que j’adorais ça, d’ailleurs. Ce gars a rencontré Scott Price [le directeur musical de la chanteuse], mais l’album Encore un soir de Céline Dion était terminé.

J’avais envoyé une maquette simple, composée de guitare, d’une voix et de chœurs. Ils l’ont chargée un peu (notamment avec une batterie et de la guitare électrique), mais ils ont respecté la structure. Tant mieux […] On a ajouté ma chanson (intitulée Ma force) par la suite. En fait, elle est sur l’édition Deluxe de l’album (coffret). C’est une courte pièce de deux minutes et demie. Quand j’ai écrit les paroles, René Angélil n’était pas encore décédé…

J’ai écrit cette chanson en m’intéressant au parcours de mère de Céline, qui m’a touché. Le fait qu’elle a tout fait pour avoir des enfants… J’ai redécouvert Céline Dion et j’ai appris à apprécier son travail. J’ai compris la grandeur de l’interprète et la force de cette femme dans son expérience de vie. Ç’a été très fort qu’elle choisisse ma chanson. Je ne me rends pas trop compte si ça influence la promotion de ma propre musique, mais c’est certain que mon travail a gagné en crédibilité auprès de certaines personnes. Le plus drôle, c’est que très peu de gens en France sont au courant que j’ai écrit pour Céline. À vrai dire, je n’ai jamais parlé de ça durant une interview. Je ne veux juste pas surfer sur ce truc. Je suis juste très heureux d’avoir écrit cette chanson.»

Vianney

Vianney

Sous étiquette Tôt ou tard

Sortie le 25 novembre

INOLTRE SU HUFFPOST

Playlist d'automne: 6 albums québécois à surveiller