POLITIQUE

Signes religieux : le caucus du PQ a plaidé pour plus de contraintes, selon Lisée

24/11/2016 07:03 EST | Actualisé 24/11/2016 07:15 EST

QUÉBEC – Le caucus péquiste a incité son nouveau chef à aller encore plus loin que ce qu’il avait promis en matière d’identité. Alors que tout semblait annoncer un recul, le PQ a plutôt dévoilé jeudi des mesures plus contraignantes pour interdire les signes religieux chez les employés de l’État.

Peu après son élection le 7 octobre dernier, Jean-François Lisée avait dit souhaiter trouver un «point d’équilibre» entre sa «position et celle d’Alexandre» Cloutier sur les questions identitaires.

Au cours d’un récent entretien avec le quotidien La Presse, il a également affirmé que la laïcité ne fait pas partie du top trois de ses cinq thèmes essentiels.

Pourtant, le chef péquiste a dévoilé des mesures encore plus contraignantes pour les employés de l’État jeudi. Cette nouvelle position identitaire prévoit notamment que le tchador serait «interdit pour tous les employés de l’État».

De plus, un gouvernement Lisée interdirait le port de signes religieux aux enseignantes et éducatrices en garderie. «Suite à la discussion avec les collègues, avec, donc, les membres du caucus, et les consultations qu'on a faites, le point d'équilibre, il était là aussi. On pense que les Québécois sont prêts à faire ce pas», a dit Jean-François Lisée en conférence de presse.

Les employés de l’État déjà en poste bénéficieraient toutefois d’un droit acquis.

Durant la course à la chefferie, Jean-François Lisée s’en tenait plutôt à l’interdiction des signes religieux chez les employés en position d’autorité coercitive, soit les juges, les policiers et les gardiens de prison.

Mais le caucus péquiste a jugé que les enseignants sont également en position d’autorité. «[…] pour l'éducation, il nous a semblé qu'effectivement la figure d'autorité incluait les enseignants et les enseignantes», explique le chef péquiste.

Selon nos informations, des députés qui s’étaient rangés derrière Alexandre Cloutier durant la course à la chefferie ont appuyé ces nouvelles mesures. «Il y a encore beaucoup de députés de l’époque de la Charte des valeurs», souligne-t-on.

D’ailleurs, les discussions sur la nouvelle politique identitaire se sont terminées mercredi soir, a révélé le député péquiste Maka Kotto en conférence de presse. La réflexion était toutefois entamée depuis l’élection du nouveau chef, a-t-il précisé par la suite.

Durant la course à la chefferie, Maka Kotto avait affirmé que Jean-François Lisée agitait «des vecteurs qui chatouillent la part sombre de nos âmes», en évoquant des bombes sous les burqas et un appui supposé d’Adil Charkaoui à son adversaire.

Tout cela est aujourd’hui derrière lui. «Nous sommes loin de la course, a-t-il dit. La course, déjà, est loin derrière nous. Et rien de ce qui portait à faire ce genre de commentaire n'a occupé nos réflexions hier en début d'après-midi et hier soir. Le résultat que vous avez devant vous aujourd'hui fait consensus et tout le monde a conflué, et permettez-moi l'image, sur la base des propositions de Jean-François.»

Non négociable

Malgré une volonté de convergence avec Québec solidaire, Jean-François Lisée a prévenu jeudi que les questions de laïcité ne feront pas partie des discussions. «Sur l'identité, il est certain que le Parti québécois a une personnalité qui... il y a des propositions qui sont plus ambitieuses que celles de Québec solidaire, et ce n'est pas de nature à être négocié», assure-t-il.

Il prévoit déjà que les deux partis ne pourront pas s’entendre sur tous les aspects de leurs programmes. «Et, moi, je trouve que c'est important que Québec solidaire garde sa personnalité, nous on garde notre personnalité, dit-il, mais on s'entend sur ce sur quoi nous convergeons.»

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