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La bataille contre les puits de pétrole en feu fait rage près de Mossoul

24/11/2016 09:02 EST | Actualisé 24/11/2016 09:02 EST

Le visage noirci, le casque recouvert de suie, Hussein Saleh regarde brûler les puits de pétrole de Kayyara, sa ville natale dans le nord de l'Irak, à 60 km au sud de Mossoul.

Ils crachent une épaisse fumée qui masque le soleil.

Comme lui, des dizaines d'employés de la North Oil Company (NOC), la compagnie pétrolière irakienne du Nord, enfilent leurs vestes et bleus de travail, mettent en route leurs lances à eau et bulldozers en prévision d'une nouvelle journée à combattre les incendies déclenchés dans leur fuite par les djihadistes du groupe armé État islamique (EI).

« Je travaille dans le pétrole depuis trente ans et je n'ai jamais vu ça », confie l'employé âgé de 57 ans.

«Daech (EI) a placé des explosifs sur les têtes de puits et les a fait sauter.» – Hussein Saleh

Les équipes ont pour mission de réduire le brasier, contenir l'incendie pour enfin boucher le puits. Il faut plusieurs jours, précise Saleh. Depuis octobre, les hommes de la NOC ont rebouché sept ou huit puits, mais une douzaine sont encore en feu.

« On utilise de l'eau, de la terre, tout ce qu'on peut pour contrôler l'incendie. Ce sont de grosses équipes, jusqu'à 150 hommes sur un seul puits », dit Ahmed Hidayat, le chef d'équipe.

« On terrasse les alentours au bulldozer pour pouvoir approcher et quand on est assez près, on rebouche, dit-il. On essaie de poser une nouvelle tête de puits plutôt que cimenter, car sinon il faudrait forer à nouveau ».

Le danger des mines

Le travail est dangereux. Il faut se protéger des flammes et fumées toxiques, mais se méfier aussi des mines et autres explosifs artisanaux disséminés par les islamistes.

Pendant que les hommes travaillent autour d'un puits, une explosion retentit près d'eux. Des démineurs de l'armée viennent de détruire un IED, un engin explosif improvisé.

«Un policier a été blessé il y a cinq jours. Il a mis un pied en dehors de la route et marché sur une mine. C'est un peu effrayant.» – Hussein Saleh


Mais les employés de la NOC, dont certains n'ont plus travaillé depuis deux ans parce qu'ils vivaient dans les zones contrôlées par l’EI se disent heureux de toucher à nouveau un salaire, plus une prime de risque de 50 dollars par jour.

Pour Saleh, c'est aussi un devoir : « Il faut qu'on travaille pour le bien de l'Irak. Daech a détruit le pays, détruit le peuple, détruit l'islam ».

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