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La SQ créera un poste de police communautaire mixte autochtone à Val-d'Or (VIDÉO)

23/11/2016 07:10 EST | Actualisé 24/11/2016 07:41 EST

Le directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud'homme, a annoncé ce matin la création d'un nouveau poste de police communautaire mixte autochtone à Val-d'Or. Ce nouveau poste sera composé de policiers de la Sûreté du Québec et de policiers autochtones. L'objectif est d'améliorer les interventions auprès des Autochtones à Val-d'Or.

Avec les informations de Jean-Marc Belzile

Un projet pilote pour rapprocher les communautés

Il s'agit d'un projet pilote d'un an qui verra le jour en janvier 2017. Des intervenants communautaires seront également présents au sein de ce nouveau poste de police. L'objectif est que le poste compte 50 % de policiers de la Sûreté du Québec et 50 % de policiers autochtones.

Aucune perte d'emploi n'est à prévoir. Les policiers supplémentaires viendront s'ajouter en soutien aux effectifs déjà en place. On ouvrira toutefois un poste dans un nouvel endroit afin d'accueillir ces nouvelles ressources.

Ces nouveaux agents pourraient également être appelés à patrouiller lors d'événements précis où plusieurs Autochtones pourraient être présents.

Des questions en suspens

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des premières nations du Labrador et du Québec, est d'avis que plusieurs questions demeurent en suspens en ce qui concerne la relation entre les forces de l'ordre et les Autochtones. M. Picard s'interroge notamment sur la provenance et la disponibilité d'effectifs policiers autochtones qui seront appelés à travailler à Val-d'Or. « Le service policier autochtone comme tel est déjà sous-financé, affirme-t-il. Quelle sera la relation entre ce nouveau poste-là et le poste actuel? Au départ, est-ce que les dirigeants autochtones sont en faveur d'une telle solution? »

Philippe Couillard veut travailler avec les chefs autochtones pour « apporter des réponses »

Ghislain Picard s'est par ailleurs entretenu avec le premier ministre du Québec hier pour solliciter à nouveau la tenue d'une enquête publique sur les allégations d'abus policiers à l'endroit des femmes autochtones. Interrogé à ce sujet aujourd'hui à Paris, Philippe Couillard a indiqué que la question du racisme systémique à l'endroit des Autochtones devait être réglée. Mais il n'envisage pas encore la tenue d'une commission d'enquête.

« Ce que je vais faire, moi, c'est de garder l'esprit vraiment ouvert et parler avec M. Picard et d'autres chefs. Je ne suis pas pour annoncer quelque chose alors que je ne sais pas si mes partenaires des peuples autochtones vont être d'accord. Je veux vraiment m'asseoir avec eux d'abord, insiste le premier ministre. Le premier message qu'il faut envoyer, je pense, au nom de tout le monde, c'est qu'on est conscient du traumatisme énorme dans les communautés [...] On va trouver une façon concrète et pratique d'apporter des réponses, mais on va le faire avec les chefs. »

«On ne banalise pas l'enjeu sous-jacent qui a été pointé comme étant un élément de racisme systémique. Je ne banalise pas ça. C'est très important, comme société.» ― Philippe Couillard

Michèle Audette appelle à la prudence

Commissaire au sein de l’Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées, Michèle Audette accueille prudemment la nouvelle ouverture du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, pour la mise sur pied d’une commission d’enquête publique provinciale sur le phénomène du racisme systémique dans les relations entre Autochtones et corps policiers. « Notre mandat est d’enquêter sur toutes les formes de violences », a déclaré Mme Audette en entrevue à l’émission Gravel le matin, sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première. « Si une province ou un territoire décide d’aller plus loin dans un aspect, on ne peut pas l’empêcher », a-t-elle poursuivi en promettant une collaboration entre les deux enquêtes publiques.

En ce qui concerne l'idée de créer un poste de police mixte à Val-d'Or, « ce serait tôt pour moi de vous dire que c’est la solution », dit-elle. « Je pense qu’il y a plusieurs solutions et notre travail va amener ce qui va émaner de tous les groupes, de tous les partis afin de pouvoir améliorer cette situation-là, cette relation-là qui est malheureusement répertoriée par les recherches à travers le Canada. »

Michèle Audette est également demeurée prudente sur le concept de « racisme systémique » avancé par certains pour décrire les relations entre les policiers et les communautés autochtones. Elle préfère utiliser les termes de « discrimination systémique » et de « profilage racial ». La commissaire souligne que l’enquête à laquelle elle participe est toujours à ses débuts et qu’une occasion comme celle-là ne se représentera peut-être plus. « Je veux m’assurer de bien faire les choses », a-t-elle conclu.

Les défis de la formation de policiers autochtones

Bien qu'il affirme que les futurs policiers soient déjà formés pour les interventions plus spécifiques dans les communautés autochtones, Pierre Saint-Antoine, directeur des affaires institutionnelles et des communications à l'École nationale de police du Québec, à Nicolet, admet que la situation peut être améliorée. Des efforts sont déjà mis de l'avant pour harmoniser ce qui se fait dans les 12 collèges qui offrent la formation en techniques policières.

Cependant, « à l'École nationale de police, dans notre programme régulier [...] il y a très peu ou presque pas de policiers ou de futurs policiers autochtones. Ils se retrouvent plutôt dans notre programme spécifique autochtone [...] On en forme autour d'une quinzaine par année environ, à la demande des corps policiers autochtones », précise M. Saint-Antoine.

Le recrutement dans les milieux autochtones demeure difficile, mais l'École nationale de police répondra à la demande. « Ce sera effectivement un défi que d'avoir un recrutement adéquat de futurs policiers autochtones formés dans le cadre de nos programmes, mais nous, on est prêts à répondre à la demande et au besoin et rapidement », affirme le directeur des communications.

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