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Des accusations contre un adolescent autiste arrêté dans une école de Cornwall

23/11/2016 08:40 EST | Actualisé 23/11/2016 08:42 EST

Le Service communautaire de la police de Cornwall confirme, mardi, avoir procédé à l'arrestation d'un jeune de 14 ans, le 10 novembre dernier, dans une école secondaire, à la suite de présumés événements violents.

Selon des allégations, l'adolescent aurait tenté d'étrangler un membre du personnel de l'école et aurait ensuite agrippé un autre employé, en tentant de s'en prendre à lui à l'aide d'une agrafeuse. L'adolescent aurait aussi proféré la menace de faire exploser son école.

Des policiers ont été appelés sur les lieux, où ils ont mené une enquête. L'adolescent aurait alors résisté à son arrestation, en donnant des coups de pied, en mordant et en crachant sur des agents.

Il fait maintenant face à deux chefs d'accusation de voies de fait, à deux chefs de voies de fait sur un agent de police, de résistance à une arrestation, d'agression armée, de menaces contre la propriété et de possession d'une arme dangereuse.

L'adolescent, qui a été relâché, doit comparaître en cour le 8 décembre. Les victimes ont subi des blessures mineures.

La mère et un organisme dénoncent les policiers


Selon la mère de l'accusé, le jeune homme, qu'on ne peut identifier en raison de son âge, est atteint d'autisme. La dame dit avoir tenté d'intervenir, en avertissant les policiers de l'état de son enfant et en leur disant qu'elle pouvait le calmer.

Les policiers auraient refusé sa demande et lui auraient demandé de s'éloigner de la scène. Elle déplore l'incompréhension des agents sur place.

«C'est inhumain, comme mère, de ne pas m'avoir laissée approcher mon garçon, qui présentait un état de détresse énorme. » ― La mère de l'adolescent autiste arrêté


La présidente de la Société franco-ontarienne de l’autisme, Merdedes Rebodello-Leduc, partage ce point de vue. Selon elle, les policiers ne semblaient pas savoir qu’ils avaient affaire à un jeune au comportement atypique.

«Le jeune a mal compris sa situation et les policiers ont mal compris sa réaction.» ― Mercedes Rebodello-Leduc


Mme Rebodello-Leduc plaide pour une meilleure compréhension des besoins des enfants autistes, qui n’ont pas besoin d’être isolés, selon elle.

La police se défend

Du côté du Service communautaire de la police de Cornwall, on défend la manière dont a été réalisée l’intervention.

« Quand il y a une situation où il y a de la violence, il faut que tout le monde soit en sécurité », explique son porte-parole, Daniel Cloutier.

«Dans ce cas-ci, les policiers ont déterminé que mettre le jeune en arrestation était la manière à privilégier.» ― Agent Daniel Cloutier, porte-parole du Service communautaire de la police de Corwall



Réaction du conseil scolaire

Le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), dont fait partie l’école fréquentée par l’adolescent, explique que son personnel dispose de toute l’expertise nécessaire pour intervenir auprès des élèves atteints de troubles du spectre de l’autisme.

Selon le surintendant de l’éducation du CEPEO, Matthieu Vachon, on trouve dans chaque école des enseignants ressources et des éducateurs spécialisés pour accompagner les élèves ayant des besoins particuliers. Ceux-ci seraient formés pour intervenir adéquatement en cas de crise.

Lors d’une crise, la première responsabilité du personnel est d’assurer la sécurité de tous les élèves. Ceux-ci sont formés de manière à intervenir de manière non violente.

M. Vachon souligne que la collaboration des parents est essentielle.

« On cherche toujours à travailler en collaboration avec les parents et la communauté », explique-t-il, ajoutant qu’un plan d’enseignement personnalisé est établi de concert avec les parents et que des ajustements peuvent être faits au besoin.

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