POLITIQUE

Faut qu'on se parle: Gabriel Nadeau-Dubois chez l'habitant

22/11/2016 07:57 EST | Actualisé 25/11/2016 12:18 EST
Simon Diotte

Depuis la création du mouvement Faut qu'on se parle, Gabriel Nadeau-Dubois multiplie les consultations dans le but de prendre le pouls de la population sur les défis à relever au Québec. Notre collaborateur a participé à sa 31e assemblée de cuisine. Compte-rendu.

Quelques grignotines salées, quelques biscuits faits maison et quelques bouteilles de vin, la table est mise pour discuter, pendant trois heures, d'économie, d'environnement et de culture – les trois thèmes de la soirée – dans un chic salon du quartier Hochelaga-Maisonneuve (la cuisine étant trop étroite pour accueillir tout le monde).

Bien qu'on se trouve dans le célèbre quartier ouvrier de Montréal, on se sent bien loin du peuple qui tire le diable par la queue et des gens qui n'ont pas terminé leur secondaire 5. Ici, on se trouve chez les intellos. La dizaine de participants sont principalement des professeurs de cégep en littérature, dont l'organisatrice de la soirée, et tout le monde possède au moins un diplôme universitaire en poche, si ce n'est pas deux ou trois.

La mission de GND, c'est d'écouter et non de débattre. Donc, il interviendra peu dans la soirée, sauf pour multiplier les exemples du genre « on le fait déjà avec succès en Finlande ». D'ailleurs, si on pouvait résumer la soirée ainsi: tous les participants magnifient les pays scandinaves, même si personne n'y a jamais mis les pieds!

Le but de ces assemblées, dixit GND: trouver les solutions pour dénouer l'impasse politique dans laquelle serait plongé le Québec depuis le dernier référendum. « Nous sommes très bons, en tant que Québécois, pour dire ce que nous ne voulons pas, comme les pipelines, mais nous ne sommes pas aussi clairs sur ce que nous voulons », résume GND, qui parcourt le Québec depuis deux mois pour consulter les Québécois. Autrement dit, on serait en manque d'un projet de société. Mais ce projet, GND le trouvera-t-il ici? C'est loin d'être sûr...

Premier thème de la soirée: l'éducation. C'est parti! À tour de rôle, les participants souhaitent l'abolition des écoles privées -même s'ils y envoient leurs enfants...-, rêvent d'une meilleure formation pour les professeurs, réclament plus de professeurs masculins, veulent une armée d'orthopédagogues dans les écoles et désirent que les jeunes aient plus de contacts avec la nature.

Toutes les dix minutes, la Finlande (qui a déclassé la Suède comme pays exemplaire, semble-t-il) est donnée en exemple. Un seul participant propose une idée qui sort des sentiers battus: l'interdiction de la médicamentation des enfants. « Il n'est pas normal de les droguer sous prétexte qu'ils sont incapables de suivre en classe », dit Stephan. Cet argument semble faire l'unanimité.

Au bout d'une heure et demie de discussion polie, on change le thème pour parler économie et environnement. Politique minière, forestière et pétrolière, tout y passe de façon superficielle. On rêve de 2e ou 3e transformation des ressources naturelles, de meilleur transport en commun et de voiture électrique. Rien de nouveau. Des souhaits, mais peu d'idées concrètes. À 21 h 30, Gabriel Nadeau-Dubois sonne la fin de l'assemblée. Sa conclusion: les gens d'un peu partout au Québec sont d'accord sur le diagnostic, mais pas sur les solutions.

Que donneront ces consultations, qui aboutiront à la publication d'un rapport à l'automne 2017? « C'est impossible qu'on n'y dégage pas des idées intéressantes », pense avec enthousiasme Élodie Gagnon, une des participantes. « Peu importe le résultat, si on donne le goût aux gens de débattre des idées, on pourra déjà dire mission accomplie », affirme Gabriel Nadeau-Dubois. Les participants sont repartis joyeux, contents d'avoir partagé du bon vin et consacré un peu de leur temps à un débat collectif. Plusieurs promettent de répéter l'expérience entre amis.

Quelques jours après cette soirée à débattre, Paul Saint-Pierre Plamondon, conseiller spécial du chef du PQ Jean-François Lisée, annonçait qu'il organisera lui aussi des assemblées de cuisine, dans le but de renouveler le parti souverainiste. La prochaine révolution politique sera-t-elle fomentée dans une cuisine, loin des réseaux sociaux? Peut-être que oui!

Assemblées de cuisine du mouvement Faut qu'on se parle: fautquonseparle.org

Assemblées de cuisine du Parti québécois: osezrepenserlepq.quebec

Voir aussi: