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Primaire en France: plus d'un million de personnes ont voté pour le premier tour

20/11/2016 09:17 EST | Actualisé 20/11/2016 09:17 EST

Les Français étaient mobilisés dimanche pour le premier tour de la primaire de la droite, avec trois favoris dans un mouchoir de poche: l'ancien président Nicolas Sarkozy et deux ex-Premiers ministres, le modéré Alain Juppé et le libéral François Fillon.

A la mi-journée, environ 1,13 million de personnes, selon les organisateurs, avaient pris part au premier tour d'un scrutin visant à désigner le candidat qui portera les couleurs de la droite à la présidentielle de 2017.

"Les gens savent que c'est important car le candidat qui sera choisi aura des chances d'être élu en 2017", souligne Madi Latil, la présidente d'un bureau de vote de Nice (sud-est).

Face à une gauche en miettes, le finaliste a de bonnes chances de remporter la présidentielle en 2017, a priori face à l'extrême droite, selon presque toutes les enquêtes d'opinion.

Le maire de Bordeaux (sud-ouest), Alain Juppé, 71 ans, a longtemps fait la course en tête, surfant sur le rejet du président socialiste François Hollande mais aussi de son prédécesseur de droite Nicolas Sarkozy.

Il a mené bataille sur une ligne pondérée, refusant de "céder à la peur" ou de "dresser les élites contre le peuple", à l'heure où la crise migratoire et les attentats jihadistes nourrissent les discours populistes.

Nicolas Sarkozy a remobilisé ses "fans" en se posant comme le "défenseur de la majorité silencieuse", avec un discours à droite toute sur l'autorité, l'immigration ou l'identité nationale.

Mais ses sorties sur les "ancêtres gaulois" des Français ou "la tyrannie des minorités" ont détourné les sympathisants de droite plus modérés et l'ont empêché d'élargir son socle électoral.

Trois débats télévisés entre les sept candidats, six hommes et une femme, ont permis à un troisième homme, François Fillon, qui fut le discret Premier ministre de Nicolas Sarkozy, de s'immiscer dans ce duel annoncé.

Ce féru de Formule 1, qui porte un projet très libéral sur le plan économique et conservateur sur les questions de société, a effectué une remontée fulgurante dans les sondages ces derniers jours.

La dernière enquête d'opinion, publiée vendredi à la clôture de la campagne, lui donne même une légère avance avec 30% des intentions de vote, contre 29% à ses deux principaux rivaux.

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Sous haute surveillance

Selon tous les commentateurs, tout dépendra du niveau de participation à cette première primaire de l'histoire de la droite française.

"Nous dépasserons les trois millions de votants" sur la journée, a pronostiqué le "M. Primaire" du parti Les Républicains Thierry Solère, soit plus que le premier tour de la primaire socialiste de 2011 (2,66 millions).

De fait, il y avait la queue devant une série de bureaux, selon plusieurs journalistes de l'AFP.

Si les militants des Républicains sont les seuls à se déplacer, l'avantage ira à Nicolas Sarkozy.

Si les simples sympathisants, plus proches de la droite modérée ou du centre, viennent en nombre, cela jouera en faveur d'Alain Juppé. Il pourrait même compter sur les voix d'électeurs socialistes déterminés à faire barrage à Nicolas Sarkozy, dont le discours très marqué à droite et le style jugé "bling bling" suscitent un rejet massif à gauche.

"Plus il y aura de votants et plus j'ai de chances de gagner", a reconnu lundi Alain Juppé.

Pour participer à cette primaire, il faut verser deux euros au parti et signer une charte engageant à "partager les valeurs républicaines de la droite et du centre".

Alors que la France est en état d'urgence depuis les attentats du 13 novembre 2015, qui avaient fait 130 morts à Paris et dans sa banlieue, le gouvernement a prévu "toutes les mesures nécessaires au bon déroulement" du scrutin.

Les bureaux, ouvert dès 08H00 (07H00 GMT) en France métropolitaine fermeront à 19H00. L'outre-mer a elle commencé à voter samedi. Les premiers résultats significatifs sont attendus vers 22h30 (21h30 GMT).

Une fois les deux finalistes connus, s'engagera le processus de ralliement, tous les candidats ayant promis de faire connaître leur favori pour le second tour, prévu le dimanche suivant.

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