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Lieux de culte: les hassidim essuient un revers dans Outremont (VIDÉO)

20/11/2016 10:57 EST | Actualisé 21/11/2016 07:26 EST

La communauté hassidique d'Outremont essuie un revers alors que les résidents de l'arrondissement ont choisi, par voie de référendum, de maintenir l'interdiction des lieux de culte sur deux artères commerciales.

Le résultat, annoncé dimanche soir, bloque donc un projet de synagogue dans un édifice adjacent au Théâtre Outremont, sur l'avenue Bernard, pour lequel un permis avait été accordé. En réaction, le règlement AO-320-B avait été adopté majoritairement par le conseil d'arrondissement.

Dimanche, seuls 364 votes ont permis au camp en faveur de l’interdiction de l’emporter. Un peu plus de 4000 résidents étaient appelés à se prononcer.

Oui : 1561 votes

Non : 1202 votes

Le règlement, auquel s’oppose la communauté juive hassidique, interdit l'ajout de temples dans cette artère achalandée où s'entremêlent commerces et résidences, peu importe leur appartenance religieuse. L'interdiction s'étend également à la rue Laurier.

«Nous sommes très déçus du résultat du vote, mais nous avons toujours dit que la majorité n’a pas le droit de brimer le droit de la minorité.» - Le porte-parole de la communauté juive hassidique de Montréal, Abraham Ekstein

Les hassidim, qui représentent le cinquième de la population du quartier, ont déjà indiqué qu'ils amèneraient l'affaire devant les tribunaux.

Mais selon la mairesse d'Outremont, Marie Cinq-Mars, le règlement ne vise aucune communauté en particulier. « Les gens veulent encourager les commerces du quartier et la vitalité du quartier en ayant des commerces de proximité, explique-t-elle. C'est ce que les citoyens veulent et c'est ce qu'ils ont démontré par l'appui au règlement. Les citoyens ne veulent certainement pas plus de nouveaux lieux de culte. »

Tensions

Ce référendum ne risque pas de mettre fin aux tensions avec la communauté hassidique.

« Notre position, c'est que la rue Bernard est une rue conviviale et on croit que l'ajout de lieux de cultes va nuire aux commerces existants », précise le citoyen d’Outremont, Daniel Major.

Les hassidim sont cependant en pleine expansion dans l’arrondissement. Ils veulent des lieux de prière à distance de marche, selon la conseillère municipale Mindy Pollak, elle-même issue de la communauté. Les hommes prient deux fois par jour et ne peuvent utiliser leur voiture lors de certains congés.

Une autre zone a été proposée pour la construction de la synagogue, mais les deux camps ne sont pas arrivés à s'entendre.

L'avenue Van Horne est, par ailleurs, soumise à une interdiction similaire depuis la fin des années 90.

Avec les informations de Michel Marsolais

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