BIEN-ÊTRE

Entretien avec les initiatrices de Rose Buddha: des pantalons de yoga totalement écologiques et faits ici

16/11/2016 12:10 EST | Actualisé 16/11/2016 12:10 EST

Début novembre, Rose Buddha, compagnie québécoise de pantalons de yoga totalement écologiques, a lancé sa toute première collection intitulée INTUITION, des modèles totalement écologiques. Entretien avec les deux fondatrices de cette toute nouvelle compagnie: l’animatrice/réalisatrice Madeleine Arcand et la comédienne Maxime Morin. Deux jeunes mamans, certifiées instructrices de yoga, qui avaient le désir profond de créer une ligne de vêtements véritablement écoresponsables, tout en étant totalement mode pour ne rien gâcher.

Comment est née l'idée de ces leggings?

«Je déjeunais avec mon copain, en regardant les filles passer dans la rue. Un grand nombre d'entre elles portaient des leggings (dont moi!) et je me suis mise à penser à cette pièce de vêtement que j'adore et qui est en train de remplacer le jeans au niveau mondial. Étant moi-même certifiée instructeure de yoga et yogini, je possède un grand nombre de leggings. Avec ma grande amie Maxime, nous avons eu le désir de créer le legging parfait, enfin, parfait pour nous. Prendre toutes les qualités des différents leggings pour un créer un qu'on aurait envie de porter tous les jours. » - explique Madeleine Arcand.

«Madeleine m’a offert un Buddha rose fluo au retour d’un voyage et Bali et m’a dit, « aurais-tu le goût de fabriquer des beaux leggings parfaits ?». J’ai évidemment répondu oui et nous avons décidé d'appeler la compagnie Rose Buddha en l’honneur de ce petit bouddha rose fluo. Ça faisait longtemps que nous avions le désir d'être entrepreneurs. De créer quelque chose qui nous ressemble et qu’on connaît bien. Le legging est donc devenu une évidence. Nous voulions partager notre version/vision de ce produit. » - Maxime Morin.

Des leggings à partir de bouteilles de plastique recyclées: pourquoi?

«Pour moi, le legging parfait est automatiquement écoresponsable et éthique (sinon, il ne serait pas parfait!). On voulait s'assurer que personne n'écope sur la chaîne de production. On voulait faire un produit propre, qui soit en harmonie avec la nature. Le tissu fait de 83% de bouteilles de plastique recyclées est rapidement devenu notre tissu parfait. Il est génial: soyeux à l'extérieur et peau de pêche à l'intérieur.» - Madeleine Arcand.

«Nous avons fait des recherches sur les différentes matières écoresponsables et celles-ci nous ont menés vers la fibre de bouteille de plastique recyclé qui est de plus en plus utilisé dans l’industrie du vêtement. Nous avons ensuite rencontré un fabricant de tissus et travaillé avec lui à développer ce que nous avions en tête. Un tissu soyeux, une deuxième peau.

Je crois fermement que l’industrie du vêtement n’aura pas le choix de faire un virage drastique vers l’écoresponsabilité. Selon plusieurs statistiques celle-ci est la deuxième plus polluante après l’industrie du pétrole. Plus nous approfondissons nos connaissances dans ce domaine, plus il est inconcevable pour nous de faire les choses autrement. » - Maxime Morin.

Comment concrètement sont-ils fabriqués?

«Nous faisons tricoter notre tissu à Laval. Il est fait de 83% de plastique recyclé et de 17% de spandex pour qu'il reprenne sa forme et qu'il soit gainant, tout en étant respirant. Ensuite, ils sont imprimés par sublimation, donc aucun solvant n'est utilisé, ce qui est hautement écologique. Puis, ils sont faits à la main en Beauce, ce qui est 100% étique!» - Madeleine Arcand.

«Nous travaillons aussi avec une super patroniste et une artiste visuelle Émilie Beaudoin pour les dessins. Le travail de création se fait en collégialité. Nous soumettons nos idées à Émilie qui ensuite nous propose des petites oeuvres d’art, prêt à porter.» - Maxime Morin.

Tout est produit et fabriqué au Québec?

«Oui, du design des dessins par l'artiste Émilie Beaudoin et du patron, jusqu'à la confection, en passant par le tricotage et l'impression.» - Madeleine Arcand.

«Tout! Le Québec est plein de talent. Nous devons le faire faire rayonner.» - Maxime Morin.

Cela s'inscrit dans une logique anti fast-fashion?

«Totalement. Maxime et moi sommes désolées de savoir que l'industrie du vêtement est, après le pétrole, l'industrie la plus polluante de la planète. Pour payer une chemise 17,99$, il faut être conscient qu'au bout de la ligne, y'a des personnes, des humains, des mamans et des papas qui en payent le prix. L'environnement également. On est en train de foncer directement dans le mur avec notre style de consommation. Il faut changer notre façon d'acheter et réaliser que la planète se détruit.» - Madeleine Arcand.

«Tout à fait. La fast-fashion est désastreux pour la planète et nous commençons à peine à nous en rendre compte. C’est un phénomène assez récent. Je suis certaine que plus les gens seront conscients de l’impact de cette industrie sur l’environnement et les conditions de vie des travailleurs, plus ils se questionneront avant d’acheter et demanderont des comptes aux grands joueurs de l'industrie de la mode. Je suis de nature optimiste et je croie que nous avons le pouvoir de faire changer les choses. C’est une question d’éducation.» - Maxime Morin.

Que pensez-vous de cette mode dite jetable?

«Avec Rose Buddha, on a voulu offrir une alternative à cette consommation jetable du textile. Nos leggings sont écolos, mais également durables. Vous les aurez encore dans 5 ans, dans 10 ans.» - Madeleine Arcand.

«Le prêt à jeter nous donne un certain pouvoir. Une illusion de richesse et d’abondance. Le prix des vêtements a tellement chuté dans les dernières années que pour le prix d’un gros café latté nous pouvons nous offrir un t-shirt. Quand un prix est trop beau pour être vrai. il est «trop beau pour être vrai»! Il y a très certainement des gens qui écopent quelque part. De plus, tous ces vêtements de mauvaise qualité que l’on jette se retrouvent dans des sites d'enfouissement et rejettent des produits chimiques dans l'environnement. Et je dois avouer qu’il est souvent difficile de trouver d’autres options que les gros joueurs du fast-fashion.» - Maxime Morin.

Produire et consommer local, c'est un credo pour vous?

«Il le faut, le plus possible. Ca donne mal au coeur quand on pense à comment on traite les gens et la planète dans plusieurs industries. La consommation de produits locaux et certes une piste de solution.» - Madeleine Arcand.

«Oui, le plus possible. Comme a dit L’écologiste américain David Brower : Il n’y a aucun commerce possible sur une planète morte. » - Maxime Morin.

Il va y avoir une suite aux leggings?

«Oh oui, des camisoles, des coussins de méditation, des tapis de yoga, name it! On bouillonne d'idées. Rose Buddha, ça ne fait que commencer!» - Madeleine Arcand.

«Oh que oui. Nous sommes dans période bouillonnante. Tout est possible et ce n’est pas les idées qui manquent. Nous voulons continuer à construire Rose Buddha en ayant toujours en tête les ressources et les talents d’ici. » - Maxime Morin.

Rose Buddha: des pantalons de yoga faits au Québec totalement écologiques

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