POLITIQUE

Après l'élection de Trump, Legault adopte un discours anti-élite

09/11/2016 01:50 EST | Actualisé 09/11/2016 04:40 EST

QUÉBEC – François Legault s’en est pris aux élites québécoises déconnectées de la population mercredi, au lendemain de l’élection de Donald Trump à la présidence américaine.

Pour le chef caquiste, le Québec risque de connaître des «dérapages» si les élus refusent d’écouter les préoccupations des citoyens.

«Il y a deux aspects qui me frappent aujourd’hui, a dit François Legault en conférence de presse. Le premier, c’est qu’en politique il ne faut jamais prendre de haut les préoccupations et les inquiétudes de la population. Il y a une certaine élite au Québec qui doit se remettre en question aujourd’hui.»

Cette élite, selon lui, c’est le premier ministre Philippe Couillard et le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée. Le chef de la CAQ inclut également dans le lot certains analystes des médias : «tous les commentateurs, tous les gens qui disent — bah — se préoccuper d'intégration des immigrants, on ne devrait pas parler de ce sujet-là; les baisses d'impôt, on ne devrait pas parler de ça, ils n'en ont pas besoin».

Le chef caquiste affirme être interpellé sur le terrain par des citoyens qui voient les taxes et impôts augmenter plus rapidement que leurs salaires.

«Il faut aussi oser le dire, quand on parle à la population, il y a une certaine inquiétude à l’égard de l’immigration, dit-il. […] Si on ne réussit pas à canaliser les préoccupations des Québécois, si on n'arrive pas à encadrer, par exemple, l'intégration des immigrants, il y aurait un risque de dérapage.»

Mais François Legault se défend bien d’utiliser la recette Trump à son propre avantage. «Je pense que monsieur Trump a eu plusieurs dérapages, donc ce n'est sûrement pas un modèle, assure-t-il. Mais ce que je dis, c'est que, si on veut éviter ce genre de dérapage, bien il y a une urgence d'écouter la population, d'écouter la préoccupation du peuple.»

«Je pense que c'est possible de répondre aux préoccupations de la population sans déraper, sans exagérer, sans être populiste, sans être simpliste, juste écouter la population puis les besoins réels de la population, puis c'est ce qu'on essaie de faire à la CAQ», ajoute-t-il.

Lui-même homme d’affaires à succès et politicien depuis près de deux décennies, François Legault ne croit toutefois pas faire partie de cette «élite» qu’il dénonce. «Je viens d’un milieu populaire, chez nous on n’avait pas d’argent, rappelle-t-il. Et je suis toujours resté connecté avec le vrai monde. Pis actuellement le vrai monde, y’en peuvent plus. Y’a comme un ras-le-bol, de dire : les politiciens comprennent pas que j’arrive pas.»

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