POLITIQUE

Espionnage de Lagacé : Coderre dit n'avoir «aucune responsabilité»

07/11/2016 04:25 EST | Actualisé 07/11/2016 05:16 EST

QUÉBEC – Bien qu’il ait appelé le chef du SPVM pour se plaindre de fuites médiatiques à son sujet, le maire Denis Coderre estime n’avoir «aucune responsabilité» dans l’espionnage du journaliste Patrick Lagacé qui en a découlé.

«J’ai pas dit : ‘‘enquêtez sur Lagacé’’, lance Denis Coderre. J’ai dit au directeur ‘‘c’est-tu légal?’’ et il a fait une enquête.»

Le maire de Montréal a été questionné lundi, en marge d’un événement à Lévis, sur son intervention en 2014 auprès du chef du SPVM de l’époque, Marc Parent.

Denis Coderre a expliqué qu’il avait voulu savoir pourquoi des informations circulaient au sujet de deux contraventions qui lui avaient été remises. Une rumeur voulait également qu’il ait requis les services de policiers se rendre à un spectacle du chanteur Corey Hart.

Dans la foulée de cet appel du maire, le SPVM a déclenché une enquête au cours de laquelle un enquêteur a obtenu les relevés téléphoniques du chroniqueur de La Presse, Patrick Lagacé, pour une période de deux semaines.

Aujourd’hui, Denis Coderre assure qu’il a contacté le chef de police à titre de simple citoyen.

Mais il voyait aussi «une réalité patronale-syndicale» dans ces fuites à son sujet. «Regardez ce qui s’est passé au cours des derniers mois, dans les dernières années, avec les projets de loi et tout ça, il y a eu une tension du côté de la Ville de Montréal et des syndicats», souligne-t-il.

Denis Coderre n’a toutefois jamais porté plainte officiellement. Il reconnaît que cette démarche aurait «peut-être» été plus appropriée.

Le maire n’exclut pas de contacter à nouveau son chef de police devant une nouvelle situation similaire. «À date, je ne vois pas pourquoi je changerais de façon de faire, parce que c’était une situation intenable», lance-t-il.

Enquête administrative

Interpellé sur ce nouveau développement dans l’affaire des journalistes espionnées, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a rappelé que le maire de Montréal avait déjà annoncé la tenue d'une enquête par Me Denis Gallant, inspecteur général à Montréal, sur le comportement des policiers face aux journalistes.

«Ça s'ajoute à ce que nous avons déjà annoncé nous-mêmes. Je vous rappelle qu'on va avoir une commission d'enquête sur les agissements policiers en matière de surveillance des journalistes, sur les liens qui pourraient ou non exister entre des pressions politiques et des pratiques particulières du côté des policiers, souligne le ministre. Et ça s'ajoute au fait qu'on a élevé les journalistes au même rang que les juges, les avocats et les membres de l'Assemblée nationale quant à la manière de traiter les dossiers d'écoute électronique. Et il y a une inspection générale qui va se faire dans les services policiers concernés.»

«Quand on prend tout ça, les gestes posés par Montréal, les gestes qu'on pose au niveau du gouvernement du Québec, je pense qu'on va être capable de faire la lumière et d'aller dans la bonne direction», ajoute-t-il.

Avec La Presse canadienne