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Un Somalien détenu à Edmonton pourrait être envoyé à Montréal

04/11/2016 12:05 EDT | Actualisé 04/11/2016 12:05 EDT
RADIO-CANADA

Un prisonnier somalien détenu à Edmonton et souffrant de maladie mentale pourrait être envoyé à l'hôpital psychiatrique de Montréal. Les autorités expliquent qu'aucun service de santé n'est en mesure de soigner efficacement le jeune homme en Alberta. Une décision qui inquiète ses avocats.

abdikarim gelle

Abdikarim Gelle, 31 ans, a été reconnu coupable de dizaines de crimes. Il a maintenant purgé sa peine, mais reste en détention provisoire depuis neuf mois, parce que les autorités le considèrent comme étant trop dangereux pour être libéré.

Toute expulsion vers son pays est aussi retardée, car le gouvernement somalien dit ne pas accepter de personnes souffrant de maladies mentales.

Une vie derrière les barreaux

Le jeune homme a fui son pays avec sa famille lorsqu'il avait 13 ans pour se rendre au Canada. La moitié de son expérience au pays se résume pour l'instant à une vie passée derrière les barreaux.

Selon sa mère qui vit également à Edmonton, son fils souffre d'une grave maladie mentale. Parmi ses troubles, Abdikarim Gelle souffre de troubles schizoaffectifs et il aurait également des lésions cérébrales.

Donner accès à de meilleurs soins

Lors d'une audience de révision lundi, l'avocat représentant le gouvernement, Sebastian Thibodeau, a déclaré que l'objectif était avant tout de stabiliser l'état mental de l'homme afin qu'il puisse être expulsé vers son pays d'origine.

L'avocate d'Abdikarim Gelle, Ruth Williams, soutient qu'il faut trouver une installation sécurisée qui pourrait aider son client, mais qu'elle n'a trouvé aucun service de cette envergure en Alberta.

« La question est de savoir pourquoi ils ne sont pas en mesure de fournir ce service en Alberta », interpelle pour sa part Ufuoma Odebala-Fregene, une consultante en matière d'immigration au sein du groupe Black Lives Matter d'Edmonton.

ufuoma odebalafregene

Ufuoma Odebala-Fregene travaille au sein de Black Lives Matter à Edmonton. Elle pense que les autorités doivent trouver une solution adaptée à la situation.

Selon elle, avoir sa famille à ses côtés fait partie intégrante du processus de guérison du jeune homme.

Des responsables de l'Agence des services frontaliers du Canada ont estimé que l'homme pourrait être envoyé à l'Institut Louis-Philippe Pinel, un établissement psychiatrique à Montréal.

L'avocate du Centre communautaire des Somaliens de l'Alberta Habiba Abdulle s'inquiète des conséquences que pourrait avoir le déménagement d'Abdikarim Gelle sur sa mère, qui le suivrait.

De plus, l'avocate souligne que l'homme a, ici, le soutien de la communauté locale et des gens qui l'aident à naviguer dans le système juridique, ce qu'il n'aurait pas à Montréal.

habiba abdulle

Habiba Abdulle est l'avocate de la famille. Selon elle, si Abdkikarim Gelle est renvoyé en Somalie, il pourrait bien y mourir.


Trent Cook, l'arbitre de la Commission d'immigration et du statut de réfugié du Canada qui a présidé la révision de la détention lundi a demandé si la Somalie récupérerait Abdikarim Gelle une fois celui-ci stabilisé. Sebastian Thibodeau n'a pas été en mesure de répondre à cette question.

Avec des renseignements d'Andrea Huncar/CBC News.