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«L'étoile thoracique» de Klô Pelgag: douce folie (ENTREVUE)

04/11/2016 02:06 EDT | Actualisé 04/11/2016 02:08 EDT
Etienne Dufresne

Klô Pelgag, alias Chloé Pelletier-Gagnon, a tout pour attirer l'attention. Avec son talent, sa musique qui sort de l'ordinaire et son look très original, l'auteure-compositrice-interprète n'en laisse pas beaucoup indifférent. Entrevue pour discuter de son deuxième album L'étoile thoracique, qu'elle lancera vendredi soir dans un Club Soda plein à craquer dans le cadre de Coup de coeur francophone.

Fébrile? «Oui! Ça va bien, j'ai vraiment hâte. En fait, ça fait longtemps que j'ai hâte.» L'opus en poche, qui s'est créé de février à juin, Pelgag est plus que prête à présenter le fruit de ses efforts. «J'ai monté le show en attendant!», lance-t-elle en riant.

Après un premier EP homonyme en 2012 et L'alchimie des monstres en 2013, Klô Pelgag nous revient avec une proposition éclatée et intense, à son image. «Je suis accompagnée de 32 musiciens dirigés par Nicolas Ellis. C'est pas mal un rêve que je caressais avec mon frère d'avoir un orchestre à cordes sur un album. En écrivant, j'imaginais les arrangements. Quand est venu le temps d'en parler, on s'est mis à virer fou!» Avec ses complices de toujours, le réalisateur Sylvain Gabatine (aka Deschamps) et bien sûr son frère, Mathieu Pelgag, tout était possible.

En cinq heures seulement d'enregistrement, l'artiste s'est retrouvée à vivre ce rêve en accéléré: «Il fallait être très organisé. Que tout soit clair. Quand tous les musiciens se sont mis à jouer, je me suis cachée le visage dans mes mains tellement j'étais émue. J'avais le goût de pleurer.»

Ça a donné L'étoile thoracique, un album qui sort des sentiers déjà fous de Klô Pelgag. En plein contrôle de sa voix, elle suit la musique plus riche avec un talent indéniable. Et les arrangements, bien sûr, qui ajoutent une superbe touche à des chansons déjà très solides. Le premier extrait, Samedi soir à la violence, donne le ton:

Les thèmes? L'amour, la désillusion, l'échec de notre société... «On établit des règles et des façons de faire qui ne fonctionnent pas. On impose, ou plutôt, on crée des mythes. Selon moi, on ne célèbre pas les bonnes choses.» La chanson Au Musée Grévin va d'ailleurs en ce sens. La chanson présente un parcours à ce fameux musée de cire: «Au Musée Grévin, on célèbre les vedettes. Pas besoin d'aller au musée pour les voir! C'est hyper triste en fait. Mais c'est mon opinion.»

Révélation de l'année à l'ADISQ = la critiquée de l'année?

En 2014, Klô Pelgag a fait rire et sourciller avec son discours de remerciement pour le Félix de la Révélation de l'année à l'ADISQ.

Impossible de ne pas faire le lien avec le cas Safia Nolin. En remportant le même prix en 2016, Nolin a essuyé une énorme vague de critiques. Pelgag a-t-elle été surprise par la réaction du public?

«Je trouve ça vraiment déprimant. En même temps, ça ne me surprend pas. C'est la suite de ce que j'ai vécu. Je portais une robe, mais je me suis fait traiter de BS, de laide, de conne. Les gens ne savent pas ce qu'ils veulent. Ils se sentent importants quand ils sont méchants, et c'est un grand signe de faiblesse. J'imagine qu'en même temps, ça rallie les gens et que ça soulève la question sur le regard qu'on porte sur un artiste, une femme. Safia a reçu un prix pour sa musique, mais on ne parle jamais de musique. Les gens s'intéressent au drame.»

Des paroles à méditer.

Klô Pelgag, 4 novembre au Club Soda dès 20h dans le cadre de Coup de coeur francophone. Pour plus d'information, c'est ici.

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