POLITIQUE

Scandale des commandites: Jacques Corriveau trois fois coupable (VIDÉO)

01/11/2016 11:48 EDT | Actualisé 02/11/2016 07:45 EDT

Au palais de justice de Montréal, l'ex-organisateur du Parti libéral du Canada Jacques Corriveau vient d'être déclaré coupable de trafic d'influence, de fabrication de faux documents et de blanchiment d'argent. L'homme de 83 ans est demeuré impassible en entendant le verdict.

Le verdict a été rendu par un jury de quatre femmes et huit hommes après un procès de sept semaines. Les douze jurés délibéraient du sort de cet acteur-clé du scandale des commandites depuis jeudi dernier.

La sentence de M. Corriveau, considéré comme un ami proche de l'ex-premier ministre Jean Chrétien, sera prononcée ultérieurement par le juge Jean-François Buffoni. M. Corriveau est passible de plusieurs années d'emprisonnement; les chefs d'accusation prévoient un emprisonnement maximal variant de 5 à 10 ans.

Tel que prévu, le procureur de la Couronne, Me Jacques Dagenais, n'a pas demandé l'incarcération immédiate de M. Corriveau. La défense a déjà fait savoir qu'elle entend demander au juge de tenir compte des délais dans cette affaire.

Les gestes reprochés à M. Corriveau ont été posés dans le cadre du programme des commandites mis en place par le gouvernement fédéral après le référendum sur l'indépendance du Québec de 1995. Le gouvernement, dirigé par M. Chrétien, voulait faire rayonner le fédéralisme dans la province.

Dans le cadre de ce programme, les entreprises étaient payées pour afficher des pancartes avec le mot « Canada » dans des événements publics, ou placer de la publicité du gouvernement dans des magazines, entre autres.

La Couronne a plaidé au cours du procès que M. Corriveau a fait pression sur le gouvernement dès 1997 pour que le Groupe Polygone obtienne pour 40 millions de dollars en commandites. En retour, M. Corriveau a reçu 6,5 millions de dollars, qu'il a tenté de camoufler en produisant de fausses factures.

La défense a nié que M. Corriveau a tiré des ficelles dans cette affaire. Elle arguait que les salons « chasse et pêche » de Polygone étaient tapissés du logo « Canada » parce que les responsables du programme des commandites estimaient que c'était une bonne façon de rejoindre les souverainistes québécois.

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